La présidentielle

Je souhaite participer au débat des idées, introduire de l’éthique dans la vie publique, promouvoir la pulsion de vie contre la pulsion de mort.
La joute politicienne ne m’intéresse pas et je ne nourris aucune ambition subalterne de carrière élective.
Je ne souffre d’aucune mégalomanie et ne me fais aucune illusion sur l’état de la société, la puissance de l’emprise des oligarques sur les médias.
Peut-être que certains d’entre vous ignorent encore qui sera élu à la présidentielle de 2017 ?
Je n’a ipas le droit de les démoraliser, mais je me dois de leur dire qu’il ne sera pas membre des VERTS, du Front de gauche, du front national.
Il servira les dogmes du « toujours moins d’Etat et de service public », ce qui n’empêchera pas les élus de son parti de manifester localement, lorsque, dans le droit fil de la suppression d’un emploi public sur deux, la gendarmerie, l’école, la perception, la maternité du canton seront fermées.
En 2017, sauf heureuse surprise, ce pays fera un petit bond en arrière, d’une vingtaine d’années et perdurera à appliquer une politique de lutte des classes à rebours.
Alors, pourquoi s’engager dans un combat pipé ?
Je considère comme un devoir de parler le langage de la vérité, de refuser la triche, la frime, les astuces du machiavélisme politicien.
Parce qu’il existe des citoyens éveillés, parce que le vivant mérite une défense, parce que l’éthique écologiste constitue une issue de secours, je m’expose et appelle ceux qui aiment la vie, la nature, l’empathie à oeuvrer avec moi pour ne pas laisser le monopole de la parole aux idéologies de la destruction.

Gérard CHAROLLOIS

Penser la mutation

Nous ne vivons ni une crise, ni la mort d’une civilisation, puisque je ne suis pas de ceux qui pensent que les civilisations se sont succédées.
Les empires, les centres géographiques de progrès, les dominations politiques, les systèmes idéologiques meurent, mais il n’y a qu’une seule et même civilisation.
L’homme conquit, il y a bien longtemps, la maîtrise du feu, puis inventa l’écriture, puis de nos jours, conçut la dématérialisation globalisée.
La science, par l’informatique, internet, la robotique, les réseaux, le déchiffrage des codes génétiques et demain la thérapie génique, fait franchir à la civilisation une étape de rupture, équivalente à celles que furent, en leurs temps, la maîtrise du feu et de l’écriture.
Parce que nous vivons cette mutation, parce que ces processus sont d’une excessive complexité, nous n’en mesurons pas encore l’ampleur et les retombées.
Faute de penser cette mutation, les hommes politiques n’ont plus de prise sur le réel.
Pour appréhender un changement aussi radical, il faudrait un recul de perspectives.
Certains se réjouissent des performances de la maîtrise.
D’autres s’en inquiètent et rappellent qu’il faut maîtriser la maîtrise.
Sachons valoir ce qui nous veut et accueillons le savoir, les connaissances, les outils pour en faire un bon usage, un usage biophile, pour la vie, et non un usage thanatophile, pour la mort.
Examinons, succinctement, les incidences sur la notion de « travail », d’emploi de la mutation amorcée.

—– « Contre le chômage, on a tout essayé » déplorait le président MITTERRAND , à la fin de son second septennat.
Ce qui génère repli égoïste et anxiété, face aux innovations, est le sentiment, au demeurant exact, que plus personne ne maîtrise rien.
Les dirigeants actionnent des commandes qui, naguère, produisaient des effets économiques et sociaux et qui ne répondent plus.
Cette inefficience résulte de la mutation qui invalide les recettes du « libéralisme » comme du « marxisme », deux idéologies thanatophiles, l’une fondée sur l’esprit de lucre, l’autre sur celui de ressentiment.
Notre monde n’a plus rien de commun avec celui qui enfanta ces doctrines appropriées aux deux derniers siècles, siècles d’essor industriel et commercial.
Que signifie le concept de « travail », à l’heure de la dématérialisation globalisée qui supprime inexorablement les emplois , au sens traditionnel du mot ?
« arbeit macht frei », (le travail rend libre), inscrivaient les nazis aux portes de leurs camps de concentration.
« travailler plus, pour gagner plus », enjoignait, en 2007, le chantre de la finance et des entreprises privées.
« Travail, famille, patrie », proclamait la devise de la Révolution Nationale du gouvernement de VICHY dans l’été 1940.
Et aujourd’hui encore, le président de la république assurait qu’il ne solliciterait le renouvellement de son mandat, en 2017, que si « la courbe du chômage s’inversait ».
Or, la disparition du « travail » semble l’aboutissement inéluctable du système technologique en cours.
Bien sûr, cette disparition ne sera ni absolue, ni immédiate, mais il suffit d’observer concrètement, ici et partout, la fin des emplois traditionnels du fait d’une automatisation sans cesse plus performante.
En moins de temps, avec moins de force de travail, la société produira massivement biens et services.
Le défi n’est plus de produire des biens, mais de les écouler, face à la redoutable concurrence.
Le raisonnement des gouvernants demeure simpliste : « pour créer des richesses, des emplois, il faut de la croissance », premier dogme. Puis, « La croissance repose sur le développement du secteur marchand, des entreprises privées », deuxième dogme.
En conséquence, s’engage une course au moins-disant social et écologique, pour libérer les forces vives, épargner les entrepreneurs des charges, contrôles et contraintes, boulets à leurs pieds légers, troisième temps du raisonnement dogmatique.
Car à défaut, d’autres pays, plus esclavagistes, plus irrespectueux de leurs ressources naturelles, offriront aux entreprises des conditions davantage attractives.
L’erreur de cette politique devrait constituer une évidence.
Mais le manque de ce recul nécessaire empêche les dirigeants de mesurer l’impasse dans laquelle ils perdurent.
En vérité, une entreprise privée n’a qu’un objectif : dégager des profits.
Les richesses collectives, les emplois créés ne sont jamais que des moyens d’atteindre cet unique objectif.
Si l’obtention de profits passe par la suppression des emplois, la logique même de l’entreprise impose une solution radicale de compression du personnel, simple variable d’ajustement.
Les commentateurs patentés s’obnubilent sur le taux de chômage de chaque pays.
Or, la vérité est que la condition sociale se détériore partout, faute de prise en compte de la mutation en cours.
Ici, il y a 10% de sans emplois.
Là-bas, ce taux est moindre, mais le commentateur feint d’ignorer que nombre de personnes ne perçoivent que des salaires dérisoires, pour de faux emplois, tellement précaires que la Grande-Bretagne inventa le contrat de travail de 0 heures !

—– Préconisations :
L’entreprise privée ne représente pas l’horizon indépassable, le temple d’un culte nouveau.
L’intérêt général, le bien commun, l’altruisme contre la cupidité, le service d’autrui contre le profit individuel, la solidarité contre la concurrence et la compétition frénétique, le partage contre l’accaparement vorace, la préservation de la nature contre le pillage et l’exploitation définitive, méritent une défense vigoureuse.
L’Etat doit jouer son rôle de garant de ces valeurs contre les appétits insatiables.
Je souhaite une économie mixte, une réduction du temps de travail, pour partager une activité qui va en se raréfiant.
L’individu y gagnera du temps libre pour jouir de la vie, s’épanouir, se cultiver, aimer ses amis et la nature.
Oui à la semaine de quatre jours, préconisée par certains économistes iconoclastes, en attendant mieux !
Oui, au développement de services publics et à une réforme du financement de la dépense publique !
En revanche, refusons la soumission aux forces de mort et à la peur et emparons-nous de la maîtrise sur le monde pour en faire un bon usage, pour vivre mieux.

Gérard CHAROLLOIS

L’éolien : un donquichottisme écologique

L’humain consomme de l’énergie pour se chauffer, s’éclairer, faire fonctionner divers appareils, pour tous ses besoins vitaux et ses loisirs, ses transports et son confort.
Comment produire cette indispensable énergie ?
Désireux d’échapper aux énergies traditionnelles, nombre d’écologistes sincères se sont trop rapidement précipités sur les miroirs aux alouettes complaisamment tendus par les divers lobbies affairistes agricoles et industriels.
Il y eut un temps, contre le pétrole, ses marées noires, ses compagnies multinationales, l’illusion des « agrocarburants », qualifiés pour faire bien de « biocarburants ».
Très vite, les défricheurs d’idées neuves mesurèrent l’imposture car, pour nourrir les moteurs de carburant végétal, il faut mettre en cultures des terres soustraites à la nature, employer engrais et produits phytosanitaires et une lourde mécanisation agricole.
Bref, pour faire de l’agrocarburant, il faut du pétrole et polluer énormément, sans parvenir à se substituer totalement aux carburants fossiles.
Voici, encore dans le vent pour la production d’électricité, les marchands de champs d’éoliennes.
Bien sûr, le vent ne pollue pas et ne coûte rien.
Mais pour mettre en place ces installations, des milliers de tonnes de béton sont indispensables.
Socialement, le miroir aux alouettes pèse, en bout de course, sur le citoyen.
En effet, en France, le distributeur d’électricité EDF est légalement tenu d’acheter l’électricité éolienne le double du prix moyen de cette énergie.
Or, l’éolien ne se substituera à aucun autre mode de production.
Les politiques, les experts, disserteront pour opter sur un pourcentage : 3% ou 15% de l’électricité sera d’origine éolienne.
Pour produire cette électricité, il faut dégrader des sites innombrables, couler des tonnes de béton, installer des mâts et des pales où viendront se faire hacher oiseaux et chauves-souris.
En l’absence de vent, lors des hautes pressions atmosphériques hivernales, lorsqu’il fait très froid et que surviennent des « pics de consommation », l’éolien ne peut pas répondre à la demande.

Résultats :
* Socialement, cette électricité est plus chère que toute autre et ce coût est assumé par l’usager.
* Ecologiquement, des paysages sont enlaidis, l’avifaune subit une agression supplémentaire ;
* Techniquement, aucun autre mode de production d’électricité n’est abandonné, puisque l’éolien ne sera jamais qu’un appoint.
On ajoute des nuisances sans en supprimer aucune.
L’éolien crée, au profit d’entreprises privées, une agression contre la nature, sans retirer d’autres sources de nuisances et d’agressions.
Nous retrouvons, comme en toute chose, la loi nauséabonde du Marché.
Des firmes se sont spécialisées dans l’exploitation de ce filon lucratif, en invoquant l’écologie.
Des entreprises prospectent, un peu partout, y compris dans des secteurs pauvres en vent, pour vendre leurs installations.
Ne soyons pas dupes.
N’ajoutons pas la peste au choléra.
Avant d’adopter une technologie quelconque, en ce domaine comme en tout autre, interrogeons-nous sur ses incidences pour la biodiversité.

Préconisations :
Invitons les ingénieurs à mettre au point des dispositifs non létaux pour la faune.
Ainsi, après les éoliennes, certains techniciens proposent des hydroliennes, exploitant les courants marins.
Pourquoi pas ?
Mais à une condition essentielle : que ces dispositifs comportent des protections les rendant inoffensifs pour les espèces marines.
A un choix éthique, répondons par une option éthique.
Par exemple, lorsque la vie, la liberté,les droits fondamentaux sont en cause.
A un choix technologique, répondons par des options purement technologiques.
Il en est ainsi de l’énergie.
Aussi, je suggère d’interpeler les ingénieurs pour que ceux-ci mettent au point des énergies non agressives pour la nature, ce qui est parfaitement envisageable.
Ont-ils équipé leurs éoliennes de filets empêchant les collisions avec l’avifaune ?
Par ailleurs, il y aurait lieu de combattre la débauche de gaspillage actuellement encouragée par les productivistes.
La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas.
Je dis cela, en dehors de tout masochisme ascétique, en dehors de toute pulsion de sobriété doloriste et punitive.
Le défi n’est pas du toujours moins ou du toujours plus, mais du toujours mieux.

Exemple :
L’éclairage public excessif perturbe la faune nocturne et rend l’homme addictif à un monde artificialisé.
L’humain contemporain est infantilisé, conditionné, formaté par des peurs illusoires : peur de la nuit, de la nature, s’apparentant à des phobies. Notre contemporain redoute de faux périls et cultive ses angoisses en assumant des risques inutiles (tabac, alcool, drogues diverses, jeux débiles et dangereux).
De quoi méditer sur les fausses peurs entretenues et les vrais dangers érigés en activités ludiques !
Peur de la nuit, peur des loups et la presse abrutissante relaie complaisamment les délires mystiques ou les escroqueries fantasmatiques de « crétins des Alpes » attaqués par des meutes !
Réduire l’éclairage urbain et autoroutier économiserait quelques centrales électriques, désensibiliserait d’une phobie, sans créer de risques avérés.
S’agissant des énergies fossiles, limitons les pseudo-« sports » mécaniques, agressions contre la nature et incitations à confondre un véhicule de transport et un jouet.
Or, instrument de liberté individuelle, la voiture pollue, tue et son usage doit être utilitaire et non ludique.
Les courses automobiles et autres rallyes inciteront toujours les esprits faibles à reproduire sur route les exploits de leurs champions.
Economisons du pétrole, des vies humaines et des vies de hérissons, en éduquant à la responsabilité et en cessant, là aussi, d’infantiliser les adultes.
Bref, qui est Don QUICHOTTE ?
Qui nie le réel ?
Celui qui ne voit en ce monde contemporain que des « moulins à vent », ou celui qui sait que des géants monstrueux menacent la vie sur terre ?

Gérard CHAROLLOIS

De la démocratie

Le malaise ne naît pas de l’opposition entre le peuple et l’élite, mais du fait que celle-ci ne réunit plus les meilleurs.
La rupture de confiance et d’estime entre le peuple et les oligarques de la finance et de la politique résulte de ce que les élites ne sont plus ce qu’elles devraient être.
Je proposerai, ici, quelques réformes institutionnelles aisément réalisables avec de la volonté politique.

—- candidature à la présidence de la République :
En 1962, le général de GAULLE proposa au pays, par référendum, l’élection au suffrage universel direct du chef de l’Etat, naguère élu par un corps de grands électeurs.
L’onction du suffrage universel confère à la fonction une autorité morale, un prestige, une ascendance sur tous les autres pouvoirs.
L’on peut déplorer ce mode de désignation, créant un « monarque électif ».
Le peuple Français est profondément attaché à l’élection au suffrage universel direct du président de la république.
Reconnaissons aussi le caractère éminemment démocratique de cette désignation permettant un lien direct entre un homme et un peuple.
Ce qui fait difficulté tient au mode de sélection des candidats à la présidence.
Pour éviter les candidatures farfelues, celles de malades mentaux mégalomanes, celles de sectes illuminées, il convenait de filtrer pour prévenir une explosion de candidatures dépourvues d’intérêts philosophiques et pratiques.
Le système actuel confie aux élus ruraux ce rôle de filtre.
En effet, tout candidat doit être parrainé par cinq cents élus.
Il en résulte, sociologiquement, une prévalence totale d’une France archaïque de petits maires, idéologiquement proches de chasse, pêche, pesticides et traditions.
Des partis de tendances FNSEA et assimilés pourraient présenter deux ou trois candidats.
Un parti écologiste, honni par le rural profond, ne parviendra pas à réunir les cinq cents signatures, à l’exception du parti VERT qui possède ses propres élus et ses alliés et qui atteint ce seuil non sans peine.
Il ne s’agit là que d’un exemple, prouvant l’injustice fondamentale du dispositif de filtre.
Or, il conviendrait que tout courant de pensées, tout candidat représentant une option politique, quel que soit son positionnement sur le curseur gauche/droite, puisse concourir et offrir au pays ses solutions.
Il faut écarter les candidatures « pathologiques » et, inversement, accepter toutes les candidatures porteuses d’idées politiques, sans exception aucune, l’organe filtrant n’étant pas là pour dire un quelconque « politiquement acceptable », mais pour constater le caractère idéologique d’une candidature.
A cette fin, je suggère qu’un organisme composé de hauts magistrats dressent la liste des candidats, selon une norme constitutionnelle édictant que tout courant de pensées, sans exception aucune, puisse soumettre au peuple un représentant, dès lors que cette candidature est sérieuse.
Cela éviterait l’arbitraire, dès lors que des critères légaux précis seraient édictés et que les « sages » chargés de les mettre en application, le feraient en dehors de toute considération partisane.
Présentement, les lois ne sont-elles pas soumises au crible d’un Conseil Constitutionnel ?
Celui-ci gagnerait encore en crédibilité, en s’éloignant de la politique partisane pour devenir une haute cour.

—— La suppression du sénat :
Par référendum perdu le 27 avril 1969, le fondateur de la 5ème république proposa au pays une réforme des régions et du sénat.
Celui-ci fusionnait, dans ce projet, avec le conseil économique et social et devait assister l’assemblée nationale dans l’examen des futures lois.
Qu’est-ce que l’actuel sénat ?
Une chambre des représentants d’une France archaïque, un aréopage de chantres des lobbies passéistes (chasse et agromafia).
Conçue à l’origine pour tempérer les velléités révolutionnaires de la « chambre des députés », le sénat conservateur représente un pays rural qui constituait le pays réel jusqu’au milieu du 20ème siècle.
Objectivement, cette assemblée ne manque pas d’élus de haute qualité. Ses travaux éclairent parfois les débats et améliorent certains textes.
Toutefois, en sa majorité quasi-organique, il demeure le « sénat conservateur » de la troisième république.
Il serait souhaitable d’en faire autre chose.
Si l’on entend maintenir, pour la qualité des lois, le bicamérisme, il y aurait lieu de le faire élire au suffrage universel direct et à la proportionnelle intégrale.
Si l’on entend constituer un organe consultatif, il fusionne, comme dans le projet de 1969, avec le conseil économique et social, devenant un conseiller du législateur.

—– Le référendum d’initiative populaire :
Par pure démagogie, la droite au pouvoir en 2008 fit adopter par le congrès une réforme constitutionnelle, prévoyant un référendum d’initiative populaire.
Toutefois, le dispositif n’a jamais fonctionné à ce jour et l’on ne risque guère de se tromper en annonçant qu’il ne servira jamais.
Il est assorti de telles conditions de lourdeur et de restrictions que le peuple n’aura jamais à l’utiliser, la majorité parlementaire et le président pouvant bloquer la très hypothétique initiative populaire.
Soulignons, à ce stade, la « malhonnêteté intellectuelle » de certains politiques qui feignent, dans divers domaines, de prendre des mesures et qui dupent délibérément l’opinion, en confondant l’effet d’annonce et la pratique.
Bien sûr, nous entendons l’objection de ceux qui redoutent une multiplication d’initiatives fantaisistes susceptibles de fatiguer la démocratie.
Là aussi, nous devons tenir compte des débordements farfelus.
Des restrictions doivent être posées pour conserver le sérieux de l’institution.
A l’échelon national, je préconise que cent mille citoyens puissent soumettre à référendum un texte législatif à la haute cour constitutionnelle qui en appréciera le sérieux, la recevabilité au regard des normes juridiques supérieures.

—— Propagande et argent public :
Dès le 18ème siècle, les hommes de la liberté comprirent l’importance de la presse.
Elle façonne l’opinion publique tant par les informations qu’elle diffuse ou tait, que par la culture qu’elle promeut.
A notre époque, les oligarques de la finance maîtrise parfaitement l’outil de manipulation mentale que constitue la presse et en particulier la télévision.
Deux ou trois milliardaires, amis du leader de la droite de l’argent, ont ainsi acheté des chaînes privatisées, non pas pour jouer au journaliste, mais parce qu’ils ont compris le mécanisme de contrôle du pouvoir, via l’opinion publique.
Le rôle déterminant joué par l’argent dans les élections pervertit la démocratie.
Une étude aux USA révèle que les résultats électoraux sont directement corrélés au budget des campagnes des candidats.
Les lobbies achètent l’élection et des relations malsaines, souvent délictueuses, se tissent entre certains partis politiques et les bénéficiaires des marchés publics par ailleurs détenteurs des journaux, radios et télévisions.
Là aussi, des lois purement symboliques intervinrent, mais l’impunité effective dont bénéficie le parti de la droite de l’argent dont le candidat en 2012 explosa le plafond des dépenses prouve le caractère d’onction épiscopale de ces normes.
Des sanctions effectives doivent éliminer de la vie publique les fraudeurs et une plus grande diversité du paysage médiatique doit être assurée, sous peine de la dégradation civique à laquelle nous assistons présentement.

—– Démocratie et droits de l’homme :
Ne confondons pas la démocratie (pouvoir du peuple, donc de sa majorité) et respect des droits fondamentaux de l’humain.
Ainsi, le nazisme, le fascisme mussolinien, le stalinisme furent démocratiques, en ce sens qu’à un moment donné de l’histoire, des peuples adhérèrent majoritairement, et parfois très majoritairement, à ces idéologies et à leurs leaders, à leurs guides suprêmes, génialement inspirés.
Or, ces régimes totalitaires, soutenus par des masses immenses d’hommes, nièrent les droits humains les plus élémentaires.
Peut-on concevoir qu’à la majorité, un peuple décide de priver de liberté, voir de vie, d’autres humains ?
N’y aurait-il pas des limites à apporter à la démocratie pour prévenir les crimes d’un passé si récent ?
Je réponds à ce défi :
Par-dessus les lois et la constitution, la liberté de mode de vie et de pensée, les droits fondamentaux de la personne, doivent demeurer à l’abri, garantis par des conventions, telle l’actuelle convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, texte dont les juges sont les gardiens vigilants et indépendants du souverain.
Si je déplore, au nom de la démocratie, que le peuple souverain ait perdu le contrôle de la monnaie, si je conteste l’indépendance de la banque centrale, j’affirme, en revanche, que les organes juridictionnelles qui protègent les droits et libertés doivent échapper aux aléas électoraux, aux emportements de l’opinion pour que jamais une majorité ne puisse opprimer, voire mettre à mort, une minorité.

Gérard CHAROLLOIS
Gérardcharollois2017.fr

Du parasitisme à la symbiose

L’espèce humaine, depuis son émergence, déclara la guerre à la biosphère.
En cela, elle agit comme toute espèce qui tend à croître et multiplier, aussi longtemps que la concurrence interspécifique le lui permet.
Jusqu’à l’ère industrielle, jusqu’au prodigieux développement des sciences et des techniques de ces trois derniers siècles, cette guerre pouvait ressembler à celles que les autres espèces mènent les unes contre les autres, dans le règne végétal, comme dans le règne animal.
Nos amis nostalgiques d’un âge d’or disparu voient dans les hommes du passé de sages gestionnaires de la nature, de bucoliques paysans amoureux de leurs bêtes, de pacifiques contemplateurs d’un monde qu’ils préféraient sauver que transformer, c’est-à-dire des hommes parés de vertus perverties par une modernité grosse de lucre et de violence.
L’étude de l’Histoire nous ôte bien vite l’envie de la revivre.
Je ne pense pas que les humains d’antan étaient plus avisés que ceux de notre temps.
L’Histoire s’est faite à coups d’épées et la cruauté, l’amour de l’or, (ce métal vain) accompagnent la marche de l’humanité.
Constatons modestement que l’époque contemporaine offre aux hommes des moyens inédits de faire le mal.
Il est évident que la chambre à gaz, la bombe atomique, la multiplication des armes à feu et la chasse aux 4×4 font plus de victimes que le gourdin et la catapulte, mais derrière tout cela, demeure l’abjecte pulsion de mort.
Désormais, l’humain a acquis les moyens matériels de la destruction absolue, incluant sa propre autolyse.
Tout parasite vit au détriment de ses hôtes et l’homme atteint les sommets de la nuisance à l’encontre de la nature qu’il pille, épuise, souille, massacre, déménage, maltraite, combat parce qu’il la craint, animé tant par sa cupidité que par sa cruauté.
Le parasite affaiblit son hôte, le tourmente et finit par le tuer.
L’humanité est en passe d’anéantir la biodiversité et possède les instruments physiques, chimiques, biologiques de l’extermination.
Cette situation nouvelle, inédite dans l’histoire du vivant, impose, pour éviter l’extinction, un changement radical, une mutation comportementale consistant à cesser de parasiter la nature, pour vivre en symbiose avec elle.
L’être symbiotique, à l’instar du parasite, vit grâce à son hôte, mais il lui rend en retour des services, en veillant à ne pas lui nuire.
Le philosophe Michel SERRE proposa un « contrat naturel » qui lierait l’humanité et le globe, en tous ses éléments organiques et anorganiques.
Exprimé autrement, nous proposons que l’homme jouisse de la vie, des générosités de la nature, de ses ressources, sous réserve du respect de toutes les autres formes de vies.
Ce changement culturel passe par l’abandon de certaines pratiques, directement contraires à cette éthique de la réconciliation, de la symbiose, de la bienveillance.
Ces activités incompatibles sont :
*** la chasse, guerre ignoble faite par des hommes repus, à une faune en voie de disparition,
*** les « sports dits mécaniques » en pleine nature, car la nature n’est pas un espace de défoulements pour enfants attardés,
*** une artificialisation outrancière de tous les milieux de vie, au seul dessein de spéculer avec, à terme, pour résultat la couverture de la terre par l’asphalte.
Notre temps est un carrefour de civilisations.
Je ne partage pas l’antienne attribuée à Paul VALERY : « Nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles ».
Cette affirmation laisse à penser qu’il y eut successions de civilisations séparées, une civilisation égyptienne, mésopotamienne, Grecque, Romaine.
Ces découpages historiques sont didactiques, mais il y a continuité, ce qui n’implique pas un « sens obligatoire de l’Histoire ».
La chute d’un empire, déclin d’une entité politique, ne se confond pas avec la mort de la civilisation.
Les hommes, devenus trop nombreux, dotés de moyens d’actions puissants, persistent à agir en parasites nocifs, méchants, accapareurs.
Défi démographique, défi comportemental, voilà des écueils qui commandent le devenir de la vie sur terre.
Défi démographique : la biosphère ne peut pas supporter une masse humaine agressive, vorace, arrogante.
Mais rappelons à nos contempteurs que la mort est notre ennemie et que nous ne concevons un arrêt de la croissance démographique que par le paramètre des naissances.
Tout être vivant possède un intérêt supérieur à vivre.
Aucun être purement potentiel n’a, en revanche, un intérêt à naître.
Défi comportemental : il y a urgence à opérer cette mutation qui fera de l’humain un symbiote et non un parasite de la terre.
Nous le pouvons en mettant notre science, nos techniques, notre génie propre au service du Bien, c’est-à-dire du Bon pour le vivant.
Qu’il serait plaisant à vivre, un monde sans armes, sans violence, sans mépris de la souffrance des êtres !
Utopie ?
Ce que dénigrent les pervers n’est pas une rêverie, mais une issue qui dérange leur perversion.

Gérard CHAROLLOIS