L’écologie politique face à ses échecs

L’écologie politique constitue la seule idée neuve qu’ait produit le 20ème siècle.
Elle vise, en transposant dans l’ordre moral et juridique les données de la science écologique, à répondre aux nouveaux défis nés de la maîtrise de la nature par l’homme.
Les autres idéologies pâlissent au fur et à mesure que s’éloignent les conditions sociales qui les virent naître.
Le parti « dit » socialiste ne réalisera pas une société socialiste et a renoncé aux aspirations des fondateurs de cette belle et grande pensée, au 19ème siècle.
Les libéraux ne proposent rien d’autre que de transférer sans cesse les ressources à la caste des oligarques. Leur obsession consiste à ployer le salariat sous le joug du temple « entreprise privée ».
Les uns et les autres ne se disputent les apparences du pouvoir que pour occuper les fauteuils nationaux, acceptant de subir la loi d’un seul maître : le Marché.
L’écologie politique devait être l’issue de secours et le rassemblement de ceux qui, pensant les problèmes du temps, offrent d’agir pour sauver la nature, améliorer le sort des animaux, libérer l’humain de l’obsession de la concurrence et de la compétition avilissantes, privilégier l’être sur l’avoir, mettre la vie au centre des valeurs.
Or, après quelques débuts prometteurs dans la décennie 1980, l’écologie politique dilapide le capital de sympathie et, corrélativement, devient évanescente électoralement.
Il s’agit-là non pas d’un avis, d’une opinion, d’une amicale critique, mais d’un fait.
En mai 2012, à la dernière présidentielle, la candidate VERTE obtint 2% des suffrages, score que j’avais annoncé dans mes éditoriaux, dès juin 2011.
La cause de ces échecs est évidente.
Les écologistes politiques ne parlent pas aux citoyens de ce que ceux-ci attendent d’eux.
Eva JOLY, par exemple, candidate choisie par un corps électoral de primaire trop restreint, est une femme de grande qualité, compétente dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent des trafics d’influence. Je nourris pour elle la plus grande estime.
Mais là où l’opinion publique attendait un écologiste, le parti VERT lui proposa une technicienne de valeur contre la délinquance financière.
Quel serait le score d’un candidat du front national qui insulterait le drapeau ?
Combien d’électeurs naguère communistes auraient apporté leurs suffrages à un candidat proposant de privatiser la SNCF et de fermer les charbonnages ?
Comment réagirait la piétaille militante du parti de droite, petits patrons et boutiquiers, si son leader cessait de stigmatiser les salariés, les fonctionnaires et les assistés ?
Que reste-t-il du parti socialiste, après qu’il ait déçu les agents publics et les enseignants ?
Pour parler en écologiste scientifique, constatons que chaque parti possède sa « niche écologique ». En la quittant, il renonce à sa raison d’être, perd les élections en ne répondant pas à ce qu’une fraction de l’opinion recherche en lui.
Il est du devoir du Front National d’être nationaliste et populiste, comme doivent être, pour exister, les partis de clientèles sociales opposées : champions des ouvriers, d’une part, des employeurs, d’autre part.
La raison d’être de l’écologie politique tient à la défense de la nature, de la qualité de la vie, du refus d’une croissance quantitative au profit d’un mieux-être, un rapport différent à la vie.
Or, ces sujets essentiels disparaissent des discours des leaders du parti qui n’obtint des élus en 2012 que sous perfusion d’un parti socialiste, alors momentanément vainqueur.
Il s’est même trouvé une députée verte de la Vienne pour refuser de signer une très symbolique proposition de loi d’abolition de la chasse à courre, portée par son groupe à l’assemblée nationale.
Imaginait-elle qu’un veneur pouvait voter écolo !
Ce faisant, elle brouille l’image de son parti et rejette, de fait, les 47% de Français qui, selon un sondage SOFRES, souhaitent l’abolition immédiate et totale de toute chasse.
Bien évidemment, un citoyen s’engageant dans la vie publique doit être en mesure d’opiner et d’agir dans des domaines aussi variés que la suppression de la dette publique, le financement de l’Etat, l’organisation des institutions, la lutte contre le communautarisme et le fanatisme religieux, le règlement des grands conflits du monde.
Mais une formation ne saurait renier ses racines sans s’effondrer.
L’écologie politique continuera de recueillir 2% des suffrages lors des élections présidentielles, aussi longtemps que le style, les thèmes d’interventions de son candidat ne seront pas en phase avec les aspirations, non pas de l’unanimité d’une société désormais plurielle, mais de la partie de cette société en quête d’une véritable écologie.
On pourrait nous objecter que réaliser 2% ou 8% des suffrages à une élection présidentielle ne change pas grand chose.
Bien sûr, le candidat ne serait pas élu, ne serait-ce qu’en raison du formatage des esprits par une presse dominée par les forces d’argent.
Mais, dans la mesure où aucune ambition personnelle de carrière n’anime le candidat, le score compte plus que son élection.
Quand l’écologie pèse 2%, comment gagner à NOTRE DAME DES LANDES, à SIVENS, à BOYRON et partout ailleurs !
Le Pouvoir a toujours été et demeure un rapport de forces et pour faire gagner le vivant, il faut une écologie politique forte.

Préconisations :

Je propose un sursaut, une affirmation claire de ce que nous sommes pour que les citoyens se reconnaissent dans les valeurs éthiques de l’écologie.
Nous savons trop qu’un ou une candidate de l’appareil, au charisme manifestement en décalage avec les attentes, recueillerait encore 2% des voix, signant pour toute la vaste nébuleuse écologiste, y compris associative, un plombant échec.
Être radical, ce n’est point être extrémiste. C’est retrouver des racines pour mieux faire face et affirmer là où nous allons.
Dans un splendide et stérile isolement ?
Non.
La société étant plurielle, il convient de militer avec toutes les forces politiques contestatrices du système de dévastations.
Mais, dans une alliance avec d’autres partis, l’écologie doit devenir autre chose qu’un vernis VERT sur une politique qui perdure à détruire la nature, à sacrifier le vivant à l’économie mercantile.
D’où la nécessité impérieuse de relever le parti de la vie de l’ornière dans laquelle l’embourbe un jeu puéril de petites ambitions égotistes tellement criantes qu’elles confinent au ridicule.
Oui, ayons une grande ambition.
Non pas celle de faire une subalterne carrière politicienne, mais de porter haut, fort et clair l’idée de : « La vie d’abord » !
« Changer la vie » fut le slogan de l’union de la gauche triomphante de 1981.
Désormais, il s’agit davantage de la sauver, dans sa merveilleuse diversité, que de la changer.

Gérard CHAROLLOIS

Condition animale : le débat interdit

Pendant que penseurs et philosophes commencent, en Occident, à réfléchir à la condition animale, que se constituent de multiples associations militantes, nombreuses mais hélas trop confidentielles, la situation des animaux confine à un enfer.
Avec la croissance de la population humaine, l’élévation du niveau de vie sur l’ensemble de la planète, la facilité des échanges commerciaux, la doctrine « libérale » qui exige productivisme et moindre coût, le nombre des animaux d’élevage tués ne cesse d’augmenter.
Si, en Europe, la quantité de viande consommée par habitant tend à diminuer ces dernières décennies, des populations nouvelles accèdent à ce mode d’alimentation en Asie et en Afrique.
Pour se nourrir, l’homme tue massivement.
Par-delà l’abattoir, l’animal domestique souffre de conditions d’élevages concentrationnaires sans précédent dans l’Histoire planétaire.
Parce que l’économie est fondée sur la concurrence, la compétition, la rentabilité et la massification de la production, les usines à viande, à lait, à oeufs seront de plus en plus concentrées, regroupant toujours davantage d’animaux, avec à terme, la disparition de l’élevage traditionnel qui, au demeurant, n’était pas un paradis pour vaches, cochons et couvées.
L’avenir, en système libéral, est le camp de concentration pour des milliers d’animaux, afin de diminuer la charge salariale et les dépenses induites.
Présentement, en France, les médias bruissent des actions, occasionnellement délictueuses, des éleveurs confrontés à cette évolution inéluctable, imposée par un système politique et économique qu’ils soutiennent, par ailleurs, de leurs suffrages.
Pas un mot, dans les médias audio-visuels et dans la presse régionale, sur la condition des animaux victimes de ces élevages intensifs, abattus à la chaîne dans une superbe indifférence, puisqu’au fond, pour ce monde, il ne s’agit que de marchandises et non d’êtres vivants sensibles.
Reconnaissons que la prise de conscience de l’horreur de ce massacre industrialisé n’effleure pas la majorité de nos contemporains.
Non pas que dans leur ensemble les humains se délectent du spectacle de la mort donnée, mais la plupart d’entre eux ne veulent pas savoir.
L’immense majorité de nos concitoyens ne tueraient plus, mais ils laissent faire la sale besogne pour leur compte.
En marge de cette majorité soumise, l’opinion se divise en deux camps extrêmes.
— D’un côté, une minorité de sadiques, amateurs de chasse et de corrida, font de la souffrance et de la mort un loisir ou un spectacle et jouissent ludiquement du mal qu’ils occasionnent.
—- De l’autre côté, une minorité plus importante d’humains refusent non seulement de faire le mal, mais également de profiter du mal que d’autres auront perpétré.
A l’évidence, le débat de fond, la confrontation sérieuse et loyale des idées, la présentation des arguments et l’exposé des options éthiques, n’ont pas lieu .
L’impossibilité de l’échange tient à ce que le tortionnaire d’animaux ne peut pas contester le caractère sensible de l’être qu’il tourmente, exploite, supplicie par pur intérêt ou par simple tradition.
Alors, vous observez des lobbies exigeant des politiques d’humiliantes génuflexions sur le thème « Nos amis chasseurs gèrent la nature et sont les meilleurs écologistes », ou « La corrida est un spectacle sublime ».
Les opposants à ces crimes deviennent des « ayatollahs », des « extrémistes » des « marginaux » et on ne réfute pas les idées des « intégristes ». L’insulte interdit le débat, évite qu’il ait lieu.
L’athée que je suis trouve plaisant d’être affublé de la dénomination d’ayatollah.
Les négationnistes du caractère sensible de l’animal révèlent ainsi leur incapacité de défendre leur idéologie autrement que par l’intrigue, la pression, l’injure personnelle et la fumée de mots creux.
La torture et la mise à mort deviennent des « cultures, des « arts », des symboliques et non des réalités.
D’ailleurs, pour les propagandistes de la mort, « un animal éprouve la douleur, sans doute, « mais ne souffre pas  » !.
Peut-on descendre à ce point dans l’absurde ?
Bien sûr, il n’est pas donné à tout le monde de partager des émotions avec un loup, un taureau, un cerf ou un sanglier.
Mais qui ignore encore que nos chiens, chats ou autres animaux domestiques possèdent une personnalité propre, une psychologie, éprouvent, outre la douleur, des angoisses, des stress, manifestent de la peur ou de la joie.
Or, les mammifères que nous connaissons moins jouissent des mêmes capacités que les compagnons de nos demeures.
Affirmer que le taureau dans l’arène, aux muscles déchirés, aux os brisés, aux poumons perforés ne souffre pas relève d’une débilité profonde.
Nier que le blaireau extrait par les pinces de son terrier, que le cerf mordu par les chiens et poignardé, que le sanglier à la mâchoire arrachée par une balle ne souffrent pas constitue une imposture grossière.

Préconisations :

Deux facteurs humains génèrent l’enfer des animaux : l’intérêt marchand et la cruauté.
Il faut, d’abord, que l’homme cesse de jouir de la souffrance qu’il occasionne, pour qu’il accepte, en un second temps, de renoncer à ses intérêts pour améliorer le sort des autres êtres vivants.
En conséquence, les avancées éthiques passent par l’abolition de la chasse, de la corrida et autres jeux et spectacles impliquant la maltraitance et la mise à mort d’êtres sensibles.
Pour nous, défenseurs du vivant, nous devons appeler nos contemporains à ne plus faire d’un acte de barbarie un loisir et une attraction.
En élevant le degré de sensibilité de chacun, en édifiant une société dans laquelle le fait de tuer ne sera plus une action ludique, en éduquant au respect d’autrui, fut-il le plus humble, en invitant chacun à ajouter de la douceur et du plaisir et à retrancher de la souffrance, nous aurons fait œuvre utile, tant pour les animaux que pour les hommes.
Amis militants pour le mieux, mobilisez-vous contre l’utilisation des êtres vivants comme souffre-douleurs !
Chasse, corrida, combats de coqs et autres amusements sadiques doivent s’effacer pour que la pulsion de vie l’emporte sur la pulsion de mort.
Sans outrances inutiles, sans agresser quiconque, nous devons inciter les humains à se comporter mieux avec l’animal et avec une nature par trop maîtrisée.

Gérard CHAROLLOIS

Le crépuscule des loups

Le 20 août en matinée, un loup a été tué, dans le département des HAUTES ALPES, sur autorisation de l’actuelle ministre de l’écologie.
Elle offre aux ennemis de la terre de faire tuer, cette année, 36 loups.
Des éleveurs/chasseurs refusent la présence des loups, mais aussi des lynx, des ours, des vautours, des marmottes, des bouquetins et visent à aseptiser la nature.
La ministre est coupable de laxisme face à la minorité d’agités agro-cynégétique.
Il suffisait d’adopter une attitude de fermeté, de vérité, de courage face aux destructeurs de la nature, à l’instar de ce qu’il fallait faire, naguère, face aux tartarinades des chasseurs de tourterelles du MÉDOC.
Ceux-ci terrorisaient les inconsistants gouvernants, en menaçant d’insurrection en cas d’interdiction effective de tirer ces oiseaux en mai.
Ce sont les associations de protection de la nature qui, se substituant à l’État, agirent sur le terrain et devant les juridictions pour faire cesser ce braconnage.
Quelques centaines d’éleveurs de moutons, violents et au-dessus des lois, exigent la mort des loups, sous peine d’une jacquerie.
L’État cède et sacrifie la biodiversité à ces éleveurs chasseurs.
La ministre cessera de l’être au prochain renouvellement du parlement.
Mais le leader de la droite de l’argent a fait savoir à ses amis chasseurs qu’il leur confierait l’environnement dans les régions qu’espère conquérir son parti réactionnaire, en décembre 2015.
Ce pays mérite mieux que cette classe politique avilie, soumise à ce qu’il y a de plus ringard et attardé dans la société.
Je proclame que les grands prédateurs doivent être intégralement protégés et que les aides publiques, constituant 50% du revenus des éleveurs de montagne, doivent être subordonnées à la présence des loups, lynx et ours.
Il est temps de tenir un discours responsable, donc écologiste.

Gérard CHAROLLOIS

Réduire les impôts !

« Enrichissez-vous », slogan de GUIZOT inaugurant la monarchie de juillet, pourrait être la devise de la société de Marché, anciennement qualifiée de « capitaliste ».
Dans ce contexte, une baisse d’impôts constitue une promesse électorale démagogique bien tentante.
Habituellement, la droite, reniant le patriotisme et le civisme qui devraient lui faire aimer l’impôt, flatte les ligues de contribuables en tenant le raisonnement suivant : « Moins d’impôt signifie plus de pouvoir d’achat, donc plus de consommation, donc plus de croissance ».
Or, cela ne fonctionne pas.
L’impôt SERT les services publics, permet des emplois d’enseignants, de policiers, de juges, d’infirmières et de médecins hospitaliers, d’inspecteurs des fraudes et du travail, d’assistantes sociales et de divers services de secours civils.
Ainsi, l’impôt crée des emplois, de vrais emplois offrant un statut digne à des salariés, certes peu rémunérés, mais bénéficiant d’une garantie, ce qui irrite fort les tenants du retour au servage salarial.
Le président HOLLANDE promet, en ce mois d’août 2015, une baisse de l’impôt sur le revenu pour l’an prochain.
Pas sûr qu’Il puisse tenir cet engagement que je n’aurais pas souscrit.
Cette annonce participe d’une politique centriste (ce qui n’est pas une injure) suivie par les gouvernants issus des élections de 2012.
Au fond, pour faire cette politique, il eut été habile d’appeler à MATIGNON François BAYROU, ce qui eut ajouté la gratitude à la cohérence.
Préférable à l’arrogance, aux provocations antisociales et antiécologiques de la droite de l’argent, cette politique « centriste » n’est pas celle que je préconise.
Constatons, en fait, ses échecs, ici et ailleurs.
Partout s’aggravent les inégalités sociales, avec l’épuisement des ressources, l’émergence d’une société productiviste forcenée incompatible avec la préservation de la biodiversité, de la qualité de la vie, d’un environnement supportable.
Les partis politiques non écologistes misent tout sur une croissance infinie dans un monde fini.
Cette croissance est elle-même fondée sur la compétition, la concurrence féroce entre les firmes et les pays.
Il faut sortir de cette spirale destructrice et changer de paradigme.
L’État n’est pas le problème mais une solution en ce qu’il lui incombe de redistribuer, de réguler, de contrôler et ce dans le dessein de préserver les plus faibles, de garantir l’intérêt général, de protéger la nature.
En économie, un équilibre doit être rétabli entre l’initiative privée et le bien public.
Les deux idéologies qui s’affrontèrent au siècle passé portaient exclusion soit du secteur privé, soit des droits sociaux et de l’intérêt général.
Ces deux systèmes échouent et menacent la vie par leur culte du productivisme.
Une autre voie s’offre à nous.
En économie, l’existence d’un secteur public fort, l’affirmation du rôle de l’État seraient qualifiés de « marxisme » par les esprits dogmatiques adorateurs du Marché.
Avec humour, je leur réponds que c’est du gaullisme, version 1945.
Je préfère une augmentation de la dépense publique, le remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite par deux, à une baisse d’impôt.
Pas très démagogique, mais abandonnons les facilités menteuses pour tenir un langage de vérité et de courage.
En outre, j’affirme que l’économie ne représente pas une infrastructure déterminant des superstructures, c’est-à-dire tout le reste.
Les déchirements sanglants qui opposent les communautés religieuses dans nombre de malheureux pays prouvent que les idéologies vivent leur vies propres et ne sont pas dépendantes des seuls moyens de production.
Les terroristes d’aujourd’hui n’émargent pas aux damnés de la terre mais plutôt aux damnés du ciel.
Être écologiste, c’est mettre la vie avant la quête de la possession.
Alors, enrichissez-vous en qualité de vie .
Gérard CHAROLLOIS

Des menus végétariens dans les cantines scolaires : pour la vie et pour la paix.

Pour deux raisons majeures, je pense indispensable de proposer aux enfants scolarisés des menus végétariens, en option.
Pour la vie :
Moins que dans d’autres pays, mais néanmoins de plus en plus, des Français adoptent le végétarisme, par respect de l’animal dont les conditions d’élevage et l’abattage suscitent une réprobation morale.
Par ailleurs, l’élevage représente une source non négligeable de pollution et de gaspillages.
Par respect de nos convictions écologistes éthiques fondées sur la prise en compte de la souffrance animale, il y a lieu d’offrir aux familles l’option végétarienne qui sera une option d’avenir.
Pour la paix :
Divers monothéismes édictent à leurs adeptes des prohibitions de consommer telles ou telles viandes et prescrivent des modes de mises à mort cruelles qui ne peuvent pas satisfaire une alimentation collective.
Pour ne pas contrarier ces rites alimentaires, tout en évitant les ostentations religieuses, il y a lieu de proposer des menus végétariens que pourront adopter les enfants, le jour où dans leur cantine se présentent des mets interdits par leurs cultes.
L’article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme protège la liberté de pensée, incluant la liberté religieuse qui est celle d’adopter, de changer, de renier une quelconque religion.
Toutefois, pour faire république, pour qu’en ce pays il n’y ait que des citoyens et non des communautés dressées les unes contre les autres, la religion, si souvent instrumentalisée à des fins de crispations identitaires, doit rester dans la sphère privée.
Elle n’a pas à s’afficher dans l’espace public sous peine, à terme, de générer des tensions et des affrontements que l’on observe dans tant de pays victimes du communautarisme.
Des menus végétariens ont l’immense mérite d’effacer l’ostentation agressive d’une appartenance quelconque.

Gérard CHAROLLOIS

La présidentielle

Je souhaite participer au débat des idées, introduire de l’éthique dans la vie publique, promouvoir la pulsion de vie contre la pulsion de mort.
La joute politicienne ne m’intéresse pas et je ne nourris aucune ambition subalterne de carrière élective.
Je ne souffre d’aucune mégalomanie et ne me fais aucune illusion sur l’état de la société, la puissance de l’emprise des oligarques sur les médias.
Peut-être que certains d’entre vous ignorent encore qui sera élu à la présidentielle de 2017 ?
Je n’a ipas le droit de les démoraliser, mais je me dois de leur dire qu’il ne sera pas membre des VERTS, du Front de gauche, du front national.
Il servira les dogmes du « toujours moins d’Etat et de service public », ce qui n’empêchera pas les élus de son parti de manifester localement, lorsque, dans le droit fil de la suppression d’un emploi public sur deux, la gendarmerie, l’école, la perception, la maternité du canton seront fermées.
En 2017, sauf heureuse surprise, ce pays fera un petit bond en arrière, d’une vingtaine d’années et perdurera à appliquer une politique de lutte des classes à rebours.
Alors, pourquoi s’engager dans un combat pipé ?
Je considère comme un devoir de parler le langage de la vérité, de refuser la triche, la frime, les astuces du machiavélisme politicien.
Parce qu’il existe des citoyens éveillés, parce que le vivant mérite une défense, parce que l’éthique écologiste constitue une issue de secours, je m’expose et appelle ceux qui aiment la vie, la nature, l’empathie à oeuvrer avec moi pour ne pas laisser le monopole de la parole aux idéologies de la destruction.

Gérard CHAROLLOIS

Penser la mutation

Nous ne vivons ni une crise, ni la mort d’une civilisation, puisque je ne suis pas de ceux qui pensent que les civilisations se sont succédées.
Les empires, les centres géographiques de progrès, les dominations politiques, les systèmes idéologiques meurent, mais il n’y a qu’une seule et même civilisation.
L’homme conquit, il y a bien longtemps, la maîtrise du feu, puis inventa l’écriture, puis de nos jours, conçut la dématérialisation globalisée.
La science, par l’informatique, internet, la robotique, les réseaux, le déchiffrage des codes génétiques et demain la thérapie génique, fait franchir à la civilisation une étape de rupture, équivalente à celles que furent, en leurs temps, la maîtrise du feu et de l’écriture.
Parce que nous vivons cette mutation, parce que ces processus sont d’une excessive complexité, nous n’en mesurons pas encore l’ampleur et les retombées.
Faute de penser cette mutation, les hommes politiques n’ont plus de prise sur le réel.
Pour appréhender un changement aussi radical, il faudrait un recul de perspectives.
Certains se réjouissent des performances de la maîtrise.
D’autres s’en inquiètent et rappellent qu’il faut maîtriser la maîtrise.
Sachons valoir ce qui nous veut et accueillons le savoir, les connaissances, les outils pour en faire un bon usage, un usage biophile, pour la vie, et non un usage thanatophile, pour la mort.
Examinons, succinctement, les incidences sur la notion de « travail », d’emploi de la mutation amorcée.

—– « Contre le chômage, on a tout essayé » déplorait le président MITTERRAND , à la fin de son second septennat.
Ce qui génère repli égoïste et anxiété, face aux innovations, est le sentiment, au demeurant exact, que plus personne ne maîtrise rien.
Les dirigeants actionnent des commandes qui, naguère, produisaient des effets économiques et sociaux et qui ne répondent plus.
Cette inefficience résulte de la mutation qui invalide les recettes du « libéralisme » comme du « marxisme », deux idéologies thanatophiles, l’une fondée sur l’esprit de lucre, l’autre sur celui de ressentiment.
Notre monde n’a plus rien de commun avec celui qui enfanta ces doctrines appropriées aux deux derniers siècles, siècles d’essor industriel et commercial.
Que signifie le concept de « travail », à l’heure de la dématérialisation globalisée qui supprime inexorablement les emplois , au sens traditionnel du mot ?
« arbeit macht frei », (le travail rend libre), inscrivaient les nazis aux portes de leurs camps de concentration.
« travailler plus, pour gagner plus », enjoignait, en 2007, le chantre de la finance et des entreprises privées.
« Travail, famille, patrie », proclamait la devise de la Révolution Nationale du gouvernement de VICHY dans l’été 1940.
Et aujourd’hui encore, le président de la république assurait qu’il ne solliciterait le renouvellement de son mandat, en 2017, que si « la courbe du chômage s’inversait ».
Or, la disparition du « travail » semble l’aboutissement inéluctable du système technologique en cours.
Bien sûr, cette disparition ne sera ni absolue, ni immédiate, mais il suffit d’observer concrètement, ici et partout, la fin des emplois traditionnels du fait d’une automatisation sans cesse plus performante.
En moins de temps, avec moins de force de travail, la société produira massivement biens et services.
Le défi n’est plus de produire des biens, mais de les écouler, face à la redoutable concurrence.
Le raisonnement des gouvernants demeure simpliste : « pour créer des richesses, des emplois, il faut de la croissance », premier dogme. Puis, « La croissance repose sur le développement du secteur marchand, des entreprises privées », deuxième dogme.
En conséquence, s’engage une course au moins-disant social et écologique, pour libérer les forces vives, épargner les entrepreneurs des charges, contrôles et contraintes, boulets à leurs pieds légers, troisième temps du raisonnement dogmatique.
Car à défaut, d’autres pays, plus esclavagistes, plus irrespectueux de leurs ressources naturelles, offriront aux entreprises des conditions davantage attractives.
L’erreur de cette politique devrait constituer une évidence.
Mais le manque de ce recul nécessaire empêche les dirigeants de mesurer l’impasse dans laquelle ils perdurent.
En vérité, une entreprise privée n’a qu’un objectif : dégager des profits.
Les richesses collectives, les emplois créés ne sont jamais que des moyens d’atteindre cet unique objectif.
Si l’obtention de profits passe par la suppression des emplois, la logique même de l’entreprise impose une solution radicale de compression du personnel, simple variable d’ajustement.
Les commentateurs patentés s’obnubilent sur le taux de chômage de chaque pays.
Or, la vérité est que la condition sociale se détériore partout, faute de prise en compte de la mutation en cours.
Ici, il y a 10% de sans emplois.
Là-bas, ce taux est moindre, mais le commentateur feint d’ignorer que nombre de personnes ne perçoivent que des salaires dérisoires, pour de faux emplois, tellement précaires que la Grande-Bretagne inventa le contrat de travail de 0 heures !

—– Préconisations :
L’entreprise privée ne représente pas l’horizon indépassable, le temple d’un culte nouveau.
L’intérêt général, le bien commun, l’altruisme contre la cupidité, le service d’autrui contre le profit individuel, la solidarité contre la concurrence et la compétition frénétique, le partage contre l’accaparement vorace, la préservation de la nature contre le pillage et l’exploitation définitive, méritent une défense vigoureuse.
L’Etat doit jouer son rôle de garant de ces valeurs contre les appétits insatiables.
Je souhaite une économie mixte, une réduction du temps de travail, pour partager une activité qui va en se raréfiant.
L’individu y gagnera du temps libre pour jouir de la vie, s’épanouir, se cultiver, aimer ses amis et la nature.
Oui à la semaine de quatre jours, préconisée par certains économistes iconoclastes, en attendant mieux !
Oui, au développement de services publics et à une réforme du financement de la dépense publique !
En revanche, refusons la soumission aux forces de mort et à la peur et emparons-nous de la maîtrise sur le monde pour en faire un bon usage, pour vivre mieux.

Gérard CHAROLLOIS

L’éolien : un donquichottisme écologique

L’humain consomme de l’énergie pour se chauffer, s’éclairer, faire fonctionner divers appareils, pour tous ses besoins vitaux et ses loisirs, ses transports et son confort.
Comment produire cette indispensable énergie ?
Désireux d’échapper aux énergies traditionnelles, nombre d’écologistes sincères se sont trop rapidement précipités sur les miroirs aux alouettes complaisamment tendus par les divers lobbies affairistes agricoles et industriels.
Il y eut un temps, contre le pétrole, ses marées noires, ses compagnies multinationales, l’illusion des « agrocarburants », qualifiés pour faire bien de « biocarburants ».
Très vite, les défricheurs d’idées neuves mesurèrent l’imposture car, pour nourrir les moteurs de carburant végétal, il faut mettre en cultures des terres soustraites à la nature, employer engrais et produits phytosanitaires et une lourde mécanisation agricole.
Bref, pour faire de l’agrocarburant, il faut du pétrole et polluer énormément, sans parvenir à se substituer totalement aux carburants fossiles.
Voici, encore dans le vent pour la production d’électricité, les marchands de champs d’éoliennes.
Bien sûr, le vent ne pollue pas et ne coûte rien.
Mais pour mettre en place ces installations, des milliers de tonnes de béton sont indispensables.
Socialement, le miroir aux alouettes pèse, en bout de course, sur le citoyen.
En effet, en France, le distributeur d’électricité EDF est légalement tenu d’acheter l’électricité éolienne le double du prix moyen de cette énergie.
Or, l’éolien ne se substituera à aucun autre mode de production.
Les politiques, les experts, disserteront pour opter sur un pourcentage : 3% ou 15% de l’électricité sera d’origine éolienne.
Pour produire cette électricité, il faut dégrader des sites innombrables, couler des tonnes de béton, installer des mâts et des pales où viendront se faire hacher oiseaux et chauves-souris.
En l’absence de vent, lors des hautes pressions atmosphériques hivernales, lorsqu’il fait très froid et que surviennent des « pics de consommation », l’éolien ne peut pas répondre à la demande.

Résultats :
* Socialement, cette électricité est plus chère que toute autre et ce coût est assumé par l’usager.
* Ecologiquement, des paysages sont enlaidis, l’avifaune subit une agression supplémentaire ;
* Techniquement, aucun autre mode de production d’électricité n’est abandonné, puisque l’éolien ne sera jamais qu’un appoint.
On ajoute des nuisances sans en supprimer aucune.
L’éolien crée, au profit d’entreprises privées, une agression contre la nature, sans retirer d’autres sources de nuisances et d’agressions.
Nous retrouvons, comme en toute chose, la loi nauséabonde du Marché.
Des firmes se sont spécialisées dans l’exploitation de ce filon lucratif, en invoquant l’écologie.
Des entreprises prospectent, un peu partout, y compris dans des secteurs pauvres en vent, pour vendre leurs installations.
Ne soyons pas dupes.
N’ajoutons pas la peste au choléra.
Avant d’adopter une technologie quelconque, en ce domaine comme en tout autre, interrogeons-nous sur ses incidences pour la biodiversité.

Préconisations :
Invitons les ingénieurs à mettre au point des dispositifs non létaux pour la faune.
Ainsi, après les éoliennes, certains techniciens proposent des hydroliennes, exploitant les courants marins.
Pourquoi pas ?
Mais à une condition essentielle : que ces dispositifs comportent des protections les rendant inoffensifs pour les espèces marines.
A un choix éthique, répondons par une option éthique.
Par exemple, lorsque la vie, la liberté,les droits fondamentaux sont en cause.
A un choix technologique, répondons par des options purement technologiques.
Il en est ainsi de l’énergie.
Aussi, je suggère d’interpeler les ingénieurs pour que ceux-ci mettent au point des énergies non agressives pour la nature, ce qui est parfaitement envisageable.
Ont-ils équipé leurs éoliennes de filets empêchant les collisions avec l’avifaune ?
Par ailleurs, il y aurait lieu de combattre la débauche de gaspillage actuellement encouragée par les productivistes.
La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas.
Je dis cela, en dehors de tout masochisme ascétique, en dehors de toute pulsion de sobriété doloriste et punitive.
Le défi n’est pas du toujours moins ou du toujours plus, mais du toujours mieux.

Exemple :
L’éclairage public excessif perturbe la faune nocturne et rend l’homme addictif à un monde artificialisé.
L’humain contemporain est infantilisé, conditionné, formaté par des peurs illusoires : peur de la nuit, de la nature, s’apparentant à des phobies. Notre contemporain redoute de faux périls et cultive ses angoisses en assumant des risques inutiles (tabac, alcool, drogues diverses, jeux débiles et dangereux).
De quoi méditer sur les fausses peurs entretenues et les vrais dangers érigés en activités ludiques !
Peur de la nuit, peur des loups et la presse abrutissante relaie complaisamment les délires mystiques ou les escroqueries fantasmatiques de « crétins des Alpes » attaqués par des meutes !
Réduire l’éclairage urbain et autoroutier économiserait quelques centrales électriques, désensibiliserait d’une phobie, sans créer de risques avérés.
S’agissant des énergies fossiles, limitons les pseudo-« sports » mécaniques, agressions contre la nature et incitations à confondre un véhicule de transport et un jouet.
Or, instrument de liberté individuelle, la voiture pollue, tue et son usage doit être utilitaire et non ludique.
Les courses automobiles et autres rallyes inciteront toujours les esprits faibles à reproduire sur route les exploits de leurs champions.
Economisons du pétrole, des vies humaines et des vies de hérissons, en éduquant à la responsabilité et en cessant, là aussi, d’infantiliser les adultes.
Bref, qui est Don QUICHOTTE ?
Qui nie le réel ?
Celui qui ne voit en ce monde contemporain que des « moulins à vent », ou celui qui sait que des géants monstrueux menacent la vie sur terre ?

Gérard CHAROLLOIS

De la démocratie

Le malaise ne naît pas de l’opposition entre le peuple et l’élite, mais du fait que celle-ci ne réunit plus les meilleurs.
La rupture de confiance et d’estime entre le peuple et les oligarques de la finance et de la politique résulte de ce que les élites ne sont plus ce qu’elles devraient être.
Je proposerai, ici, quelques réformes institutionnelles aisément réalisables avec de la volonté politique.

—- candidature à la présidence de la République :
En 1962, le général de GAULLE proposa au pays, par référendum, l’élection au suffrage universel direct du chef de l’Etat, naguère élu par un corps de grands électeurs.
L’onction du suffrage universel confère à la fonction une autorité morale, un prestige, une ascendance sur tous les autres pouvoirs.
L’on peut déplorer ce mode de désignation, créant un « monarque électif ».
Le peuple Français est profondément attaché à l’élection au suffrage universel direct du président de la république.
Reconnaissons aussi le caractère éminemment démocratique de cette désignation permettant un lien direct entre un homme et un peuple.
Ce qui fait difficulté tient au mode de sélection des candidats à la présidence.
Pour éviter les candidatures farfelues, celles de malades mentaux mégalomanes, celles de sectes illuminées, il convenait de filtrer pour prévenir une explosion de candidatures dépourvues d’intérêts philosophiques et pratiques.
Le système actuel confie aux élus ruraux ce rôle de filtre.
En effet, tout candidat doit être parrainé par cinq cents élus.
Il en résulte, sociologiquement, une prévalence totale d’une France archaïque de petits maires, idéologiquement proches de chasse, pêche, pesticides et traditions.
Des partis de tendances FNSEA et assimilés pourraient présenter deux ou trois candidats.
Un parti écologiste, honni par le rural profond, ne parviendra pas à réunir les cinq cents signatures, à l’exception du parti VERT qui possède ses propres élus et ses alliés et qui atteint ce seuil non sans peine.
Il ne s’agit là que d’un exemple, prouvant l’injustice fondamentale du dispositif de filtre.
Or, il conviendrait que tout courant de pensées, tout candidat représentant une option politique, quel que soit son positionnement sur le curseur gauche/droite, puisse concourir et offrir au pays ses solutions.
Il faut écarter les candidatures « pathologiques » et, inversement, accepter toutes les candidatures porteuses d’idées politiques, sans exception aucune, l’organe filtrant n’étant pas là pour dire un quelconque « politiquement acceptable », mais pour constater le caractère idéologique d’une candidature.
A cette fin, je suggère qu’un organisme composé de hauts magistrats dressent la liste des candidats, selon une norme constitutionnelle édictant que tout courant de pensées, sans exception aucune, puisse soumettre au peuple un représentant, dès lors que cette candidature est sérieuse.
Cela éviterait l’arbitraire, dès lors que des critères légaux précis seraient édictés et que les « sages » chargés de les mettre en application, le feraient en dehors de toute considération partisane.
Présentement, les lois ne sont-elles pas soumises au crible d’un Conseil Constitutionnel ?
Celui-ci gagnerait encore en crédibilité, en s’éloignant de la politique partisane pour devenir une haute cour.

—— La suppression du sénat :
Par référendum perdu le 27 avril 1969, le fondateur de la 5ème république proposa au pays une réforme des régions et du sénat.
Celui-ci fusionnait, dans ce projet, avec le conseil économique et social et devait assister l’assemblée nationale dans l’examen des futures lois.
Qu’est-ce que l’actuel sénat ?
Une chambre des représentants d’une France archaïque, un aréopage de chantres des lobbies passéistes (chasse et agromafia).
Conçue à l’origine pour tempérer les velléités révolutionnaires de la « chambre des députés », le sénat conservateur représente un pays rural qui constituait le pays réel jusqu’au milieu du 20ème siècle.
Objectivement, cette assemblée ne manque pas d’élus de haute qualité. Ses travaux éclairent parfois les débats et améliorent certains textes.
Toutefois, en sa majorité quasi-organique, il demeure le « sénat conservateur » de la troisième république.
Il serait souhaitable d’en faire autre chose.
Si l’on entend maintenir, pour la qualité des lois, le bicamérisme, il y aurait lieu de le faire élire au suffrage universel direct et à la proportionnelle intégrale.
Si l’on entend constituer un organe consultatif, il fusionne, comme dans le projet de 1969, avec le conseil économique et social, devenant un conseiller du législateur.

—– Le référendum d’initiative populaire :
Par pure démagogie, la droite au pouvoir en 2008 fit adopter par le congrès une réforme constitutionnelle, prévoyant un référendum d’initiative populaire.
Toutefois, le dispositif n’a jamais fonctionné à ce jour et l’on ne risque guère de se tromper en annonçant qu’il ne servira jamais.
Il est assorti de telles conditions de lourdeur et de restrictions que le peuple n’aura jamais à l’utiliser, la majorité parlementaire et le président pouvant bloquer la très hypothétique initiative populaire.
Soulignons, à ce stade, la « malhonnêteté intellectuelle » de certains politiques qui feignent, dans divers domaines, de prendre des mesures et qui dupent délibérément l’opinion, en confondant l’effet d’annonce et la pratique.
Bien sûr, nous entendons l’objection de ceux qui redoutent une multiplication d’initiatives fantaisistes susceptibles de fatiguer la démocratie.
Là aussi, nous devons tenir compte des débordements farfelus.
Des restrictions doivent être posées pour conserver le sérieux de l’institution.
A l’échelon national, je préconise que cent mille citoyens puissent soumettre à référendum un texte législatif à la haute cour constitutionnelle qui en appréciera le sérieux, la recevabilité au regard des normes juridiques supérieures.

—— Propagande et argent public :
Dès le 18ème siècle, les hommes de la liberté comprirent l’importance de la presse.
Elle façonne l’opinion publique tant par les informations qu’elle diffuse ou tait, que par la culture qu’elle promeut.
A notre époque, les oligarques de la finance maîtrise parfaitement l’outil de manipulation mentale que constitue la presse et en particulier la télévision.
Deux ou trois milliardaires, amis du leader de la droite de l’argent, ont ainsi acheté des chaînes privatisées, non pas pour jouer au journaliste, mais parce qu’ils ont compris le mécanisme de contrôle du pouvoir, via l’opinion publique.
Le rôle déterminant joué par l’argent dans les élections pervertit la démocratie.
Une étude aux USA révèle que les résultats électoraux sont directement corrélés au budget des campagnes des candidats.
Les lobbies achètent l’élection et des relations malsaines, souvent délictueuses, se tissent entre certains partis politiques et les bénéficiaires des marchés publics par ailleurs détenteurs des journaux, radios et télévisions.
Là aussi, des lois purement symboliques intervinrent, mais l’impunité effective dont bénéficie le parti de la droite de l’argent dont le candidat en 2012 explosa le plafond des dépenses prouve le caractère d’onction épiscopale de ces normes.
Des sanctions effectives doivent éliminer de la vie publique les fraudeurs et une plus grande diversité du paysage médiatique doit être assurée, sous peine de la dégradation civique à laquelle nous assistons présentement.

—– Démocratie et droits de l’homme :
Ne confondons pas la démocratie (pouvoir du peuple, donc de sa majorité) et respect des droits fondamentaux de l’humain.
Ainsi, le nazisme, le fascisme mussolinien, le stalinisme furent démocratiques, en ce sens qu’à un moment donné de l’histoire, des peuples adhérèrent majoritairement, et parfois très majoritairement, à ces idéologies et à leurs leaders, à leurs guides suprêmes, génialement inspirés.
Or, ces régimes totalitaires, soutenus par des masses immenses d’hommes, nièrent les droits humains les plus élémentaires.
Peut-on concevoir qu’à la majorité, un peuple décide de priver de liberté, voir de vie, d’autres humains ?
N’y aurait-il pas des limites à apporter à la démocratie pour prévenir les crimes d’un passé si récent ?
Je réponds à ce défi :
Par-dessus les lois et la constitution, la liberté de mode de vie et de pensée, les droits fondamentaux de la personne, doivent demeurer à l’abri, garantis par des conventions, telle l’actuelle convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, texte dont les juges sont les gardiens vigilants et indépendants du souverain.
Si je déplore, au nom de la démocratie, que le peuple souverain ait perdu le contrôle de la monnaie, si je conteste l’indépendance de la banque centrale, j’affirme, en revanche, que les organes juridictionnelles qui protègent les droits et libertés doivent échapper aux aléas électoraux, aux emportements de l’opinion pour que jamais une majorité ne puisse opprimer, voire mettre à mort, une minorité.

Gérard CHAROLLOIS
Gérardcharollois2017.fr

Du parasitisme à la symbiose

L’espèce humaine, depuis son émergence, déclara la guerre à la biosphère.
En cela, elle agit comme toute espèce qui tend à croître et multiplier, aussi longtemps que la concurrence interspécifique le lui permet.
Jusqu’à l’ère industrielle, jusqu’au prodigieux développement des sciences et des techniques de ces trois derniers siècles, cette guerre pouvait ressembler à celles que les autres espèces mènent les unes contre les autres, dans le règne végétal, comme dans le règne animal.
Nos amis nostalgiques d’un âge d’or disparu voient dans les hommes du passé de sages gestionnaires de la nature, de bucoliques paysans amoureux de leurs bêtes, de pacifiques contemplateurs d’un monde qu’ils préféraient sauver que transformer, c’est-à-dire des hommes parés de vertus perverties par une modernité grosse de lucre et de violence.
L’étude de l’Histoire nous ôte bien vite l’envie de la revivre.
Je ne pense pas que les humains d’antan étaient plus avisés que ceux de notre temps.
L’Histoire s’est faite à coups d’épées et la cruauté, l’amour de l’or, (ce métal vain) accompagnent la marche de l’humanité.
Constatons modestement que l’époque contemporaine offre aux hommes des moyens inédits de faire le mal.
Il est évident que la chambre à gaz, la bombe atomique, la multiplication des armes à feu et la chasse aux 4×4 font plus de victimes que le gourdin et la catapulte, mais derrière tout cela, demeure l’abjecte pulsion de mort.
Désormais, l’humain a acquis les moyens matériels de la destruction absolue, incluant sa propre autolyse.
Tout parasite vit au détriment de ses hôtes et l’homme atteint les sommets de la nuisance à l’encontre de la nature qu’il pille, épuise, souille, massacre, déménage, maltraite, combat parce qu’il la craint, animé tant par sa cupidité que par sa cruauté.
Le parasite affaiblit son hôte, le tourmente et finit par le tuer.
L’humanité est en passe d’anéantir la biodiversité et possède les instruments physiques, chimiques, biologiques de l’extermination.
Cette situation nouvelle, inédite dans l’histoire du vivant, impose, pour éviter l’extinction, un changement radical, une mutation comportementale consistant à cesser de parasiter la nature, pour vivre en symbiose avec elle.
L’être symbiotique, à l’instar du parasite, vit grâce à son hôte, mais il lui rend en retour des services, en veillant à ne pas lui nuire.
Le philosophe Michel SERRE proposa un « contrat naturel » qui lierait l’humanité et le globe, en tous ses éléments organiques et anorganiques.
Exprimé autrement, nous proposons que l’homme jouisse de la vie, des générosités de la nature, de ses ressources, sous réserve du respect de toutes les autres formes de vies.
Ce changement culturel passe par l’abandon de certaines pratiques, directement contraires à cette éthique de la réconciliation, de la symbiose, de la bienveillance.
Ces activités incompatibles sont :
*** la chasse, guerre ignoble faite par des hommes repus, à une faune en voie de disparition,
*** les « sports dits mécaniques » en pleine nature, car la nature n’est pas un espace de défoulements pour enfants attardés,
*** une artificialisation outrancière de tous les milieux de vie, au seul dessein de spéculer avec, à terme, pour résultat la couverture de la terre par l’asphalte.
Notre temps est un carrefour de civilisations.
Je ne partage pas l’antienne attribuée à Paul VALERY : « Nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles ».
Cette affirmation laisse à penser qu’il y eut successions de civilisations séparées, une civilisation égyptienne, mésopotamienne, Grecque, Romaine.
Ces découpages historiques sont didactiques, mais il y a continuité, ce qui n’implique pas un « sens obligatoire de l’Histoire ».
La chute d’un empire, déclin d’une entité politique, ne se confond pas avec la mort de la civilisation.
Les hommes, devenus trop nombreux, dotés de moyens d’actions puissants, persistent à agir en parasites nocifs, méchants, accapareurs.
Défi démographique, défi comportemental, voilà des écueils qui commandent le devenir de la vie sur terre.
Défi démographique : la biosphère ne peut pas supporter une masse humaine agressive, vorace, arrogante.
Mais rappelons à nos contempteurs que la mort est notre ennemie et que nous ne concevons un arrêt de la croissance démographique que par le paramètre des naissances.
Tout être vivant possède un intérêt supérieur à vivre.
Aucun être purement potentiel n’a, en revanche, un intérêt à naître.
Défi comportemental : il y a urgence à opérer cette mutation qui fera de l’humain un symbiote et non un parasite de la terre.
Nous le pouvons en mettant notre science, nos techniques, notre génie propre au service du Bien, c’est-à-dire du Bon pour le vivant.
Qu’il serait plaisant à vivre, un monde sans armes, sans violence, sans mépris de la souffrance des êtres !
Utopie ?
Ce que dénigrent les pervers n’est pas une rêverie, mais une issue qui dérange leur perversion.

Gérard CHAROLLOIS