La croissance n’est pas la solution : c’est le problème. Par Philippe LE PONT

PhilippeQue reste-t-il aujourd’hui du mythe de la croissance et du progrès qui l’accompagne ? Des chômeurs, des emplois précaires, des milliers de sans-abri, et l’angoisse des lendemains.
Pourtant, la France est la cinquième puissance économique du monde, pays développé où l’augmentation constante de la richesse et de l’automatisation devrait permettre de subvenir aux besoins de tous. Ce n’est donc pas une crise économique que nous vivons, c’est la répartition des richesses créées qui est en cause. Notre société, à l’heure de la mondialisation de l’économie, n’assure plus les besoins fondamentaux de tous : nourriture, logement, protection sociale, santé, éducation …
Cependant au nom de la croissance et du progrès, la nature est pillée chaque jour un peu plus; les sols, l’eau et l’air sont pollués, les animaux sont massacrés. La recherche de la rentabilité à tout prix prime sur la raison et l’intérêt général. Elle mène à des tragédies : les scandales sanitaires, les marées noires à répétition les accidents nucléaires… en sont de tristes illustrations.
Malgré ce constat d’échec, l’ensemble de la classe politique s’enlise dans des discours et des politiques dépassés qui nous conduisent dans une impasse. Comment croire, en effet, que la croissance peut être illimitée alors que notre monde est, lui, limité ? Faudra-t-il recouvrir la planète d’autoroutes, d’aéroports, d’immeubles, de trains, de camions, de voitures, piller toutes les ressources naturelles, empoisonner l’air, détruire le dernier arbre et polluer la dernière rivière pour enrichir les grands groupes industriels et augmenter les produits financiers ?
Et après, que ferons-nous ?
Lorsqu’on aura sacrifié l’être humain, les animaux et la nature sur l’autel de la rentabilité économique, les dégâts causés à notre planète seront irréversibles et l’être humain en sera la première victime.
Un autre choix de société s’impose basé sur une juste répartition des richesses, sur le partage du travail, sur le respect de la nature, des animaux et des êtres humains, et sur la préservation des ressources de la planète.

Philippe LE PONT

La chasse : une calamité, pas une fatalité

En Occident, de nos jours, le loisir chasse représente la rencontre d’une perversion humaine et de la mort d’un animal, dont nul ne conteste plus qu’il soit un être sensible.
Je dis : perversion car il est pervers de jouir de l’effroi et du mal qu’on occasionne à autrui.
Aucune nécessité vitale ne justifie ce loisir dans lequel tuer ne vise ni à se nourrir, ni à se protéger d’un agresseur, mais à se distraire, s’amuser à transformer en cadavre l’oiseau qui passe et le mammifère qui fuit.
La chasse tuerait, nombre sans doute sous-évalué, trente millions d’animaux par an en France dont beaucoup sortent des volières des éleveurs pour alimenter le stand de tirs des chasseurs.
Beaucoup d’animaux blessés agonisent dans des fourrés, après qu’une aile, une patte ou une mâchoire aient été arrachées par des plombs ou une balle.
La chasse loisir, loin d’être une « gestion » de la faune comme le récitent stupidement quelques politiciens irresponsables, constitue une calamité.

— calamité,

pour l’animal qui subit cette guerre sans honneur, sans pouvoir échapper au grand massacre dans un espace naturel dégradé, quadrillé par de trop nombreux chasseurs ne lui laissant aucune chance sérieuse de fuite.
Or, la chasse qui traque, blesse et tue est cruelle pour des animaux sauvages qui ne trouvent plus de véritables refuges dans un environnement totalement anthropisé.
Songeons qu’aux fusils, l’homme pervers ajoute la dague du veneur, le piège du sadique, les pinces du déterreur de blaireau.

— calamité,

pour la nature, car la chasse est la cause première de la disparition des espèces animales.
Bien sûr, les pesticides et la mécanisation agricole, l’emprise urbaine, les infrastructures de transports, les pollutions, la surpopulation humaine constituent autant d’agressions contre la biodiversité.
Néanmoins, derrière toute disparition d’espèce, vous trouverez d’abord la chasse.
Pensez aux grands prédateurs, lynx, loups et ours exterminés par les fusillots.
Outre qu’elle détruit directement, la chasse terrorise la faune, la contraint à fuir l’homme. Or, l’homme est omniprésent dans tous les milieux et la faune insécurisée cesse de se reproduire.
Ainsi, vous verrez davantage d’oiseaux dans les parcs suburbains, surtout dans les pays où l’on ne chasse plus, que dans nos campagnes françaises devenues des déserts de vies sauvages.

— calamité,

pour l’homme lui-même, car la chasse est une école de violence, un apprentissage de l’acte de tuer, une indignité morale.
À la chasse, l’homme fait subir à l’animal ce qu’il ne peut pas se permettre d’infliger à ses semblables, en temps ordinaire. Mais que surviennent des conflits, des guerres, celui qui a appris à égorger la bête égorgera son ennemi du jour, celui qui a usé du fusil, assassinera par arme à feu son adversaire.
Banalisation de l’acte de mort, la chasse révèle d’inquiétantes pulsions chez ses adeptes et vous la trouverez très souvent derrière les crimes de sang que jugent les cours d’assises.

Calamité pour l’animal, pour la nature et pour l’homme, la chasse est subie par trop de concitoyens comme une fatalité déplaisante.
Le lobby chasse, tenant l’Etat, manipulant les élus, usant d’une propagande grossièrement mensongère, soutient que le loisir de mort est inéluctable et doit être accepté, au besoin comme un mal dont on aurait un peu honte mais qui ne guérira jamais.
Il n’en est rien.
Ce loisir cruel, anti-écologique et dégradant, ne recueille, en Europe, que l’adhésion d’une infime minorité rétrograde, à savoir moins de 1% de la population, et 2% en France.
Vous entendrez parfois les petits GEOBBELS de la chasse affirmer que ce pays compte un million trois cent mille chasseurs.
C’est faux. Ils sont désormais moins d’un million et ce nombre diminue inexorablement d’année en année.
La chasse n’est nullement une fatalité, une malédiction, une tare incurable.
Elle va disparaître, comme tant d’autres anciennes traditions barbares et sanglantes.
Ce n’est qu’une question de temps.
Pour l’heure, en ce pays, un lobby organisé sur des bases corporatistes héritées du gouvernement de VICHY, dicte ses lois, transforme trop de décideurs en pantins dociles.
Comme ils sont ridicules ces politiciens qui font la danse du ventre devant les présidents de fédérations de chasseurs !
Le lobby ne veut rien concéder, ni sur les dates d’ouverture, ni sur les espèces chassables, ni sur les territoires ouverts à la chasse, ni sur les modes de chasse, fussent-ils atrocement cruels, à l’instar du déterrage, ou non sélectifs, à l’instar de la chasse de nuit des oiseaux d’eau.
Le lobby a peur de nous. Il préfère injurier qu’affronter le débat d’idées. Car les dirigeants de la chasse mesurent le caractère anachronique de leurs pratiques, le scandale de leurs privilèges contre nature.
Ils savent que demain leur confiscation de la faune, de l’espace naturel et de la démocratie cessera, lorsque des gouvernants responsables prendront la mesure de deux faits essentiels :
Les citoyens sont hostiles à la chasse et la prétendue « gestion » cynégétique n’est qu’une formidable imposture.
Qu’aurons-nous besoin, demain, de chasseurs pour réguler la faune, si nous avons la chance d’avoir des renards, des lynx et des loups !
Un monde sans chasse sera un monde moins violent, un monde dans lequel l’humain aura fait enfin la paix avec la nature, où la pulsion de vie triomphera de la pulsion de mort.

Gérard CHAROLLOIS

L’écologie politique face à ses échecs

L’écologie politique constitue la seule idée neuve qu’ait produit le 20ème siècle.
Elle vise, en transposant dans l’ordre moral et juridique les données de la science écologique, à répondre aux nouveaux défis nés de la maîtrise de la nature par l’homme.
Les autres idéologies pâlissent au fur et à mesure que s’éloignent les conditions sociales qui les virent naître.
Le parti « dit » socialiste ne réalisera pas une société socialiste et a renoncé aux aspirations des fondateurs de cette belle et grande pensée, au 19ème siècle.
Les libéraux ne proposent rien d’autre que de transférer sans cesse les ressources à la caste des oligarques. Leur obsession consiste à ployer le salariat sous le joug du temple « entreprise privée ».
Les uns et les autres ne se disputent les apparences du pouvoir que pour occuper les fauteuils nationaux, acceptant de subir la loi d’un seul maître : le Marché.
L’écologie politique devait être l’issue de secours et le rassemblement de ceux qui, pensant les problèmes du temps, offrent d’agir pour sauver la nature, améliorer le sort des animaux, libérer l’humain de l’obsession de la concurrence et de la compétition avilissantes, privilégier l’être sur l’avoir, mettre la vie au centre des valeurs.
Or, après quelques débuts prometteurs dans la décennie 1980, l’écologie politique dilapide le capital de sympathie et, corrélativement, devient évanescente électoralement.
Il s’agit-là non pas d’un avis, d’une opinion, d’une amicale critique, mais d’un fait.
En mai 2012, à la dernière présidentielle, la candidate VERTE obtint 2% des suffrages, score que j’avais annoncé dans mes éditoriaux, dès juin 2011.
La cause de ces échecs est évidente.
Les écologistes politiques ne parlent pas aux citoyens de ce que ceux-ci attendent d’eux.
Eva JOLY, par exemple, candidate choisie par un corps électoral de primaire trop restreint, est une femme de grande qualité, compétente dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent des trafics d’influence. Je nourris pour elle la plus grande estime.
Mais là où l’opinion publique attendait un écologiste, le parti VERT lui proposa une technicienne de valeur contre la délinquance financière.
Quel serait le score d’un candidat du front national qui insulterait le drapeau ?
Combien d’électeurs naguère communistes auraient apporté leurs suffrages à un candidat proposant de privatiser la SNCF et de fermer les charbonnages ?
Comment réagirait la piétaille militante du parti de droite, petits patrons et boutiquiers, si son leader cessait de stigmatiser les salariés, les fonctionnaires et les assistés ?
Que reste-t-il du parti socialiste, après qu’il ait déçu les agents publics et les enseignants ?
Pour parler en écologiste scientifique, constatons que chaque parti possède sa « niche écologique ». En la quittant, il renonce à sa raison d’être, perd les élections en ne répondant pas à ce qu’une fraction de l’opinion recherche en lui.
Il est du devoir du Front National d’être nationaliste et populiste, comme doivent être, pour exister, les partis de clientèles sociales opposées : champions des ouvriers, d’une part, des employeurs, d’autre part.
La raison d’être de l’écologie politique tient à la défense de la nature, de la qualité de la vie, du refus d’une croissance quantitative au profit d’un mieux-être, un rapport différent à la vie.
Or, ces sujets essentiels disparaissent des discours des leaders du parti qui n’obtint des élus en 2012 que sous perfusion d’un parti socialiste, alors momentanément vainqueur.
Il s’est même trouvé une députée verte de la Vienne pour refuser de signer une très symbolique proposition de loi d’abolition de la chasse à courre, portée par son groupe à l’assemblée nationale.
Imaginait-elle qu’un veneur pouvait voter écolo !
Ce faisant, elle brouille l’image de son parti et rejette, de fait, les 47% de Français qui, selon un sondage SOFRES, souhaitent l’abolition immédiate et totale de toute chasse.
Bien évidemment, un citoyen s’engageant dans la vie publique doit être en mesure d’opiner et d’agir dans des domaines aussi variés que la suppression de la dette publique, le financement de l’Etat, l’organisation des institutions, la lutte contre le communautarisme et le fanatisme religieux, le règlement des grands conflits du monde.
Mais une formation ne saurait renier ses racines sans s’effondrer.
L’écologie politique continuera de recueillir 2% des suffrages lors des élections présidentielles, aussi longtemps que le style, les thèmes d’interventions de son candidat ne seront pas en phase avec les aspirations, non pas de l’unanimité d’une société désormais plurielle, mais de la partie de cette société en quête d’une véritable écologie.
On pourrait nous objecter que réaliser 2% ou 8% des suffrages à une élection présidentielle ne change pas grand chose.
Bien sûr, le candidat ne serait pas élu, ne serait-ce qu’en raison du formatage des esprits par une presse dominée par les forces d’argent.
Mais, dans la mesure où aucune ambition personnelle de carrière n’anime le candidat, le score compte plus que son élection.
Quand l’écologie pèse 2%, comment gagner à NOTRE DAME DES LANDES, à SIVENS, à BOYRON et partout ailleurs !
Le Pouvoir a toujours été et demeure un rapport de forces et pour faire gagner le vivant, il faut une écologie politique forte.

Préconisations :

Je propose un sursaut, une affirmation claire de ce que nous sommes pour que les citoyens se reconnaissent dans les valeurs éthiques de l’écologie.
Nous savons trop qu’un ou une candidate de l’appareil, au charisme manifestement en décalage avec les attentes, recueillerait encore 2% des voix, signant pour toute la vaste nébuleuse écologiste, y compris associative, un plombant échec.
Être radical, ce n’est point être extrémiste. C’est retrouver des racines pour mieux faire face et affirmer là où nous allons.
Dans un splendide et stérile isolement ?
Non.
La société étant plurielle, il convient de militer avec toutes les forces politiques contestatrices du système de dévastations.
Mais, dans une alliance avec d’autres partis, l’écologie doit devenir autre chose qu’un vernis VERT sur une politique qui perdure à détruire la nature, à sacrifier le vivant à l’économie mercantile.
D’où la nécessité impérieuse de relever le parti de la vie de l’ornière dans laquelle l’embourbe un jeu puéril de petites ambitions égotistes tellement criantes qu’elles confinent au ridicule.
Oui, ayons une grande ambition.
Non pas celle de faire une subalterne carrière politicienne, mais de porter haut, fort et clair l’idée de : « La vie d’abord » !
« Changer la vie » fut le slogan de l’union de la gauche triomphante de 1981.
Désormais, il s’agit davantage de la sauver, dans sa merveilleuse diversité, que de la changer.

Gérard CHAROLLOIS

Condition animale : le débat interdit

Pendant que penseurs et philosophes commencent, en Occident, à réfléchir à la condition animale, que se constituent de multiples associations militantes, nombreuses mais hélas trop confidentielles, la situation des animaux confine à un enfer.
Avec la croissance de la population humaine, l’élévation du niveau de vie sur l’ensemble de la planète, la facilité des échanges commerciaux, la doctrine « libérale » qui exige productivisme et moindre coût, le nombre des animaux d’élevage tués ne cesse d’augmenter.
Si, en Europe, la quantité de viande consommée par habitant tend à diminuer ces dernières décennies, des populations nouvelles accèdent à ce mode d’alimentation en Asie et en Afrique.
Pour se nourrir, l’homme tue massivement.
Par-delà l’abattoir, l’animal domestique souffre de conditions d’élevages concentrationnaires sans précédent dans l’Histoire planétaire.
Parce que l’économie est fondée sur la concurrence, la compétition, la rentabilité et la massification de la production, les usines à viande, à lait, à oeufs seront de plus en plus concentrées, regroupant toujours davantage d’animaux, avec à terme, la disparition de l’élevage traditionnel qui, au demeurant, n’était pas un paradis pour vaches, cochons et couvées.
L’avenir, en système libéral, est le camp de concentration pour des milliers d’animaux, afin de diminuer la charge salariale et les dépenses induites.
Présentement, en France, les médias bruissent des actions, occasionnellement délictueuses, des éleveurs confrontés à cette évolution inéluctable, imposée par un système politique et économique qu’ils soutiennent, par ailleurs, de leurs suffrages.
Pas un mot, dans les médias audio-visuels et dans la presse régionale, sur la condition des animaux victimes de ces élevages intensifs, abattus à la chaîne dans une superbe indifférence, puisqu’au fond, pour ce monde, il ne s’agit que de marchandises et non d’êtres vivants sensibles.
Reconnaissons que la prise de conscience de l’horreur de ce massacre industrialisé n’effleure pas la majorité de nos contemporains.
Non pas que dans leur ensemble les humains se délectent du spectacle de la mort donnée, mais la plupart d’entre eux ne veulent pas savoir.
L’immense majorité de nos concitoyens ne tueraient plus, mais ils laissent faire la sale besogne pour leur compte.
En marge de cette majorité soumise, l’opinion se divise en deux camps extrêmes.
— D’un côté, une minorité de sadiques, amateurs de chasse et de corrida, font de la souffrance et de la mort un loisir ou un spectacle et jouissent ludiquement du mal qu’ils occasionnent.
—- De l’autre côté, une minorité plus importante d’humains refusent non seulement de faire le mal, mais également de profiter du mal que d’autres auront perpétré.
A l’évidence, le débat de fond, la confrontation sérieuse et loyale des idées, la présentation des arguments et l’exposé des options éthiques, n’ont pas lieu .
L’impossibilité de l’échange tient à ce que le tortionnaire d’animaux ne peut pas contester le caractère sensible de l’être qu’il tourmente, exploite, supplicie par pur intérêt ou par simple tradition.
Alors, vous observez des lobbies exigeant des politiques d’humiliantes génuflexions sur le thème « Nos amis chasseurs gèrent la nature et sont les meilleurs écologistes », ou « La corrida est un spectacle sublime ».
Les opposants à ces crimes deviennent des « ayatollahs », des « extrémistes » des « marginaux » et on ne réfute pas les idées des « intégristes ». L’insulte interdit le débat, évite qu’il ait lieu.
L’athée que je suis trouve plaisant d’être affublé de la dénomination d’ayatollah.
Les négationnistes du caractère sensible de l’animal révèlent ainsi leur incapacité de défendre leur idéologie autrement que par l’intrigue, la pression, l’injure personnelle et la fumée de mots creux.
La torture et la mise à mort deviennent des « cultures, des « arts », des symboliques et non des réalités.
D’ailleurs, pour les propagandistes de la mort, « un animal éprouve la douleur, sans doute, « mais ne souffre pas  » !.
Peut-on descendre à ce point dans l’absurde ?
Bien sûr, il n’est pas donné à tout le monde de partager des émotions avec un loup, un taureau, un cerf ou un sanglier.
Mais qui ignore encore que nos chiens, chats ou autres animaux domestiques possèdent une personnalité propre, une psychologie, éprouvent, outre la douleur, des angoisses, des stress, manifestent de la peur ou de la joie.
Or, les mammifères que nous connaissons moins jouissent des mêmes capacités que les compagnons de nos demeures.
Affirmer que le taureau dans l’arène, aux muscles déchirés, aux os brisés, aux poumons perforés ne souffre pas relève d’une débilité profonde.
Nier que le blaireau extrait par les pinces de son terrier, que le cerf mordu par les chiens et poignardé, que le sanglier à la mâchoire arrachée par une balle ne souffrent pas constitue une imposture grossière.

Préconisations :

Deux facteurs humains génèrent l’enfer des animaux : l’intérêt marchand et la cruauté.
Il faut, d’abord, que l’homme cesse de jouir de la souffrance qu’il occasionne, pour qu’il accepte, en un second temps, de renoncer à ses intérêts pour améliorer le sort des autres êtres vivants.
En conséquence, les avancées éthiques passent par l’abolition de la chasse, de la corrida et autres jeux et spectacles impliquant la maltraitance et la mise à mort d’êtres sensibles.
Pour nous, défenseurs du vivant, nous devons appeler nos contemporains à ne plus faire d’un acte de barbarie un loisir et une attraction.
En élevant le degré de sensibilité de chacun, en édifiant une société dans laquelle le fait de tuer ne sera plus une action ludique, en éduquant au respect d’autrui, fut-il le plus humble, en invitant chacun à ajouter de la douceur et du plaisir et à retrancher de la souffrance, nous aurons fait œuvre utile, tant pour les animaux que pour les hommes.
Amis militants pour le mieux, mobilisez-vous contre l’utilisation des êtres vivants comme souffre-douleurs !
Chasse, corrida, combats de coqs et autres amusements sadiques doivent s’effacer pour que la pulsion de vie l’emporte sur la pulsion de mort.
Sans outrances inutiles, sans agresser quiconque, nous devons inciter les humains à se comporter mieux avec l’animal et avec une nature par trop maîtrisée.

Gérard CHAROLLOIS

Le crépuscule des loups

Le 20 août en matinée, un loup a été tué, dans le département des HAUTES ALPES, sur autorisation de l’actuelle ministre de l’écologie.
Elle offre aux ennemis de la terre de faire tuer, cette année, 36 loups.
Des éleveurs/chasseurs refusent la présence des loups, mais aussi des lynx, des ours, des vautours, des marmottes, des bouquetins et visent à aseptiser la nature.
La ministre est coupable de laxisme face à la minorité d’agités agro-cynégétique.
Il suffisait d’adopter une attitude de fermeté, de vérité, de courage face aux destructeurs de la nature, à l’instar de ce qu’il fallait faire, naguère, face aux tartarinades des chasseurs de tourterelles du MÉDOC.
Ceux-ci terrorisaient les inconsistants gouvernants, en menaçant d’insurrection en cas d’interdiction effective de tirer ces oiseaux en mai.
Ce sont les associations de protection de la nature qui, se substituant à l’État, agirent sur le terrain et devant les juridictions pour faire cesser ce braconnage.
Quelques centaines d’éleveurs de moutons, violents et au-dessus des lois, exigent la mort des loups, sous peine d’une jacquerie.
L’État cède et sacrifie la biodiversité à ces éleveurs chasseurs.
La ministre cessera de l’être au prochain renouvellement du parlement.
Mais le leader de la droite de l’argent a fait savoir à ses amis chasseurs qu’il leur confierait l’environnement dans les régions qu’espère conquérir son parti réactionnaire, en décembre 2015.
Ce pays mérite mieux que cette classe politique avilie, soumise à ce qu’il y a de plus ringard et attardé dans la société.
Je proclame que les grands prédateurs doivent être intégralement protégés et que les aides publiques, constituant 50% du revenus des éleveurs de montagne, doivent être subordonnées à la présence des loups, lynx et ours.
Il est temps de tenir un discours responsable, donc écologiste.

Gérard CHAROLLOIS

Réduire les impôts !

« Enrichissez-vous », slogan de GUIZOT inaugurant la monarchie de juillet, pourrait être la devise de la société de Marché, anciennement qualifiée de « capitaliste ».
Dans ce contexte, une baisse d’impôts constitue une promesse électorale démagogique bien tentante.
Habituellement, la droite, reniant le patriotisme et le civisme qui devraient lui faire aimer l’impôt, flatte les ligues de contribuables en tenant le raisonnement suivant : « Moins d’impôt signifie plus de pouvoir d’achat, donc plus de consommation, donc plus de croissance ».
Or, cela ne fonctionne pas.
L’impôt SERT les services publics, permet des emplois d’enseignants, de policiers, de juges, d’infirmières et de médecins hospitaliers, d’inspecteurs des fraudes et du travail, d’assistantes sociales et de divers services de secours civils.
Ainsi, l’impôt crée des emplois, de vrais emplois offrant un statut digne à des salariés, certes peu rémunérés, mais bénéficiant d’une garantie, ce qui irrite fort les tenants du retour au servage salarial.
Le président HOLLANDE promet, en ce mois d’août 2015, une baisse de l’impôt sur le revenu pour l’an prochain.
Pas sûr qu’Il puisse tenir cet engagement que je n’aurais pas souscrit.
Cette annonce participe d’une politique centriste (ce qui n’est pas une injure) suivie par les gouvernants issus des élections de 2012.
Au fond, pour faire cette politique, il eut été habile d’appeler à MATIGNON François BAYROU, ce qui eut ajouté la gratitude à la cohérence.
Préférable à l’arrogance, aux provocations antisociales et antiécologiques de la droite de l’argent, cette politique « centriste » n’est pas celle que je préconise.
Constatons, en fait, ses échecs, ici et ailleurs.
Partout s’aggravent les inégalités sociales, avec l’épuisement des ressources, l’émergence d’une société productiviste forcenée incompatible avec la préservation de la biodiversité, de la qualité de la vie, d’un environnement supportable.
Les partis politiques non écologistes misent tout sur une croissance infinie dans un monde fini.
Cette croissance est elle-même fondée sur la compétition, la concurrence féroce entre les firmes et les pays.
Il faut sortir de cette spirale destructrice et changer de paradigme.
L’État n’est pas le problème mais une solution en ce qu’il lui incombe de redistribuer, de réguler, de contrôler et ce dans le dessein de préserver les plus faibles, de garantir l’intérêt général, de protéger la nature.
En économie, un équilibre doit être rétabli entre l’initiative privée et le bien public.
Les deux idéologies qui s’affrontèrent au siècle passé portaient exclusion soit du secteur privé, soit des droits sociaux et de l’intérêt général.
Ces deux systèmes échouent et menacent la vie par leur culte du productivisme.
Une autre voie s’offre à nous.
En économie, l’existence d’un secteur public fort, l’affirmation du rôle de l’État seraient qualifiés de « marxisme » par les esprits dogmatiques adorateurs du Marché.
Avec humour, je leur réponds que c’est du gaullisme, version 1945.
Je préfère une augmentation de la dépense publique, le remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite par deux, à une baisse d’impôt.
Pas très démagogique, mais abandonnons les facilités menteuses pour tenir un langage de vérité et de courage.
En outre, j’affirme que l’économie ne représente pas une infrastructure déterminant des superstructures, c’est-à-dire tout le reste.
Les déchirements sanglants qui opposent les communautés religieuses dans nombre de malheureux pays prouvent que les idéologies vivent leur vies propres et ne sont pas dépendantes des seuls moyens de production.
Les terroristes d’aujourd’hui n’émargent pas aux damnés de la terre mais plutôt aux damnés du ciel.
Être écologiste, c’est mettre la vie avant la quête de la possession.
Alors, enrichissez-vous en qualité de vie .
Gérard CHAROLLOIS