Appel pour une issue écologiste

Alors que se présentent des défis nouveaux, inédits dans l’Histoire, des politiciens fossilisés récitent leurs dogmes anachroniques.
Ils raisonnent selon des schémas inadaptés et communient dévotement dans l’adoration de l’économie de marché.
Réconcilier l’humain et la biodiversité, modifier radicalement le rapport à l’animal, récuser les attitudes funestes d’exaltation de la concurrence, de la compétition, de la domination, changer l’approche de la notion travail en un temps où celui-ci se raréfie inéluctablement du fait des nouvelles technologies, mettre le savoir et les connaissances au service du vivant, de la lutte contre la souffrance et la mort, penser la vie individuelle au regard des avancées actuelles et plus encore futures de la biologie, répondre aux incidences négatives de la croissance démographique, préserver la raison contre les croyances obscurantistes, autant de rendez-vous de la société contemporaine avec l’éthique, la philosophie et la politique.
Les partis politiques traditionnels n’offrent aucune perspective, aucune ouverture sur ces défis et se bornent à servir des intérêts cupides, catégoriels, nocifs, en édictant des mesures qui s’avèrent, au mieux inefficaces, au pire calamiteuses pour la biodiversité, pour la subjectivité humaine, pour les équilibres sociaux.
J’appelle les écologistes à se montrer dignes et à la hauteur de ces défis que seuls ils appréhendent.
Je les invite à renoncer aux querelles de personnes et d’ambitions subalternes pour soutenir la seule querelle qui vaille : celle du vivant.
Il faut retrouver la voie des sommets, loin des encombrements des joutes de groupuscules et des calculs égotistes.
L’écologie constitue l’issue de secours pour ce monde en péril.
Ne gâchons pas les chances d’une rupture avec une trajectoire actuelle qui conduit le vivant à des destructions programmées.
Unissons-nous pour défendre la nature, élever la condition animale, instaurer une société du partage et de la redistribution.
Si nous échouions, les tenants de l’exploitation, de la concurrence, de la compétition, de la domination, du mépris perdureront à détruire la biodiversité, à torturer l’animal et à putréfier l’humain en le conditionnant au culte de la cupidité.
Je vous appelle à vous joindre à moi pour ce sursaut écologiste, pour que le parti de la vie recueille, lors de la prochaine présidentielle, plus des 2% de suffrages que lui promettent les sondages et les commentateurs.
Notre échec ne serait rien s’il ne signifiait pas celui de l’arbre, l’animal et l’homme.
Je sais qu’un autre monde est possible et que l’humanité peut accéder à un degré plus élevé de conscience et de bienveillance.
Je sais que l’on peut guérir de la pulsion de violence et de mort dont est porteuse l’idéologie actuellement dominante.
Je sais que le peuple Français, abandonné par les politiciens, aspire à une rupture avec une politique de « contre-réformes » courbant l’humain sous le poids de la concurrence.
Alors par-delà les nuances, les groupements, les appartenances partisanes, offrons une chance au parti de la vie, non pas dans un stérile isolement, mais en exigeant de tout partenaire de vrais progrès, de saines réformes, pour moquer les « éléments de langage » des imposteurs qui dégradent tout, y compris les mots et les concepts.
Le vrai progrès, la saine réforme ne visent pas à flexibiliser l’homme sous le joug de l’économie, ni à dévaster l’espace naturel au profit de quelques prévaricateurs insatiables.
Le vrai progrès, la saine réforme tendent vers davantage d’empathie envers toute vulnérabilité.
Notre éthique, notre philosophie, notre politique servent cette empathie et travaillent à un rapport harmonieux avec les individus de toutes les espèces.
Telle est ma conception de l’écologie.
Je n’ai nullement le goût d’une carrière politicienne.
Accéder à un poids politique doit permettre de faire avancer la cause du vivant et je considère comme le pire déshonneur d’être ministre sans obtenir de telles avancées.
Ensemble, éveillons les consciences et rassemblons les énergies : le vivant en vaut la peine.
Gérard CHAROLLOIS