Communiqué : l’ouverture de la chasse, guerre sans honneur faite à la nature

La CONVENTION VIE ET NATURE constate que neuf cent mille chasseurs reprennent la guerre sans honneur qu’ils mènent à l’encontre de ce qui persiste de faune dans un espace de plus en plus artificialisé.
Une presse paresseuse mentionne l’ouverture de la chasse sans le moindre esprit critique, sans l’ombre d’une analyse d’un fait social parfaitement anachronique.
Or la chasse est cruelle, nocive pour les équilibres écologiques, corporatiste et contraire à la démocratie.
—- Cruelle : nul ne conteste plus que l’animal est un être sensible, ce que consacrent les lois d’ici et d’ailleurs. Tuer uniquement pour se distraire des êtres sensibles représente une dérive inadmissible d’un point de vue éthique. La chasse, mort loisir, est condamnable en son principe de ce seul fait.
— Anti-écologique : la chasse a anéanti les espèces sauvages, persécute les prédateurs, artificialise la faune par des lâchers massifs d’animaux d’élevage pour alimenter le stand de tirs des chasseurs : millions de faisans, de perdrix, de colverts et élevage en milieu ouvert de sangliers bien souvent croisés avec des porcs domestiques pour en accroître la prolificité.
—- Contraire à la démocratie : la France comptait deux millions cinq cent mille chasseurs en 1980, moins d’un million aujourd’hui. Mais la chasse, structurée sur les bases d’une ordonnance du gouvernement de VICHY du 28 juin 1941, s’organise en un puissant et trop riche lobby qui impose ses lois, sa propagande et une servilité honteuse de trop de politiciens.
Ce lobby ne gère nullement la faune mais exclusivement le nombre décroissant de ses adeptes.
Refus de limitation du temps d’ouverture de la chasse, refus des réserves naturelles, refus du droit de non-chasse des petits propriétaires fonciers, refus de la présence des défenseurs des animaux dans les organes consultatifs de la politique faunistique.
L’immense majorité de nos contemporains ne chasse plus et même s’oppose moralement au loisir de mort.
Mais la presse formatée perdure à publier la propagande mensongère du lobby et à faire de ce jeu cruel, antiécologique, une activité banale.
Le samedi 16 septembre, 80 personnes manifestaient à LIMOGES contre la chasse : silence dans les médias conformistes !

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
FORCE POUR LE VIVANT

De quoi la réforme est-elle le nom ?

Selon le président de la république, les Français n’aimeraient pas les « réformes ».
C’est qu’ils ne sont ni dupes, ni masochistes.
Jusqu’en 1983, tournant de la « rigueur » et révolutions thatchérienne et reaganienne, toute réforme marquait une avancée, un progrès social, une garantie citoyenne, une marche vers la dignité et la justice.
Jusqu’à la décennie 1980/1990, le monde occidental devait être vertueux, exemplaire, généreux pour triompher de son antagoniste soviétique.
Cet affrontement idéologique mondial permit de grandes conquêtes pour les peuples.
Avec la rupture néoconservatrice, le « there is not alternative » des adorateurs du Marché, les dévots de la concurrence sans frontière triomphent en créant un terrain de chasse idéal pour la finance et les multinationales autorisées à jouer au dumping social et environnemental, à contraindre à la flexibilité, aux sacrifices, à la déréglementation et au moins disant social et écologique.
Partout, systématiquement, les Etats soumis à la loi des oligarques sont sommés de « réformer » c’est-à-dire de tendre sans cesse vers moins de services publics, moins de redistribution, moins de salaires, moins de pensions de retraites.
Gare aux réfractaires !
Les institutions telles que le FMI et la banque mondiale imposent l’ordre mercantile, y compris lorsque très démocratiquement, comme en Grèce, le peuple choisit une autre voie.
Avec la chute du système soviétique antagoniste, le masque est tombé.
La seule liberté que vénère désormais l’Occident est celle d’entreprendre, d’exploiter, de détruire, d’anéantir la nature et de rétablir un servage d’un mode inédit fait de précarité.
Dans chaque pays, les agents de la finance au pouvoir organisent le système en culpabilisant les peuples selon l’antienne suivante : « Vous êtes des fainéants, des nantis frileux, des privilégiés, des indécrottables planqués dans vos statuts protecteurs, alors qu’à l’étranger tout va mieux grâce à la mobilité, l’absence de fonction publique, la légèreté des prélèvements, la libération des forces vives et des géniaux entrepreneurs ».
Or, le système échoue partout, y compris dans les pays que leur propagande mensongère donne en exemple de bons élèves.
Ainsi, le peuple allemand connaît « en même temps » le quasi-plein emploi et huit millions de travailleurs pauvres et des retraités condamnés à travailler pour survivre.
Partout, une fracture profonde sépare deux mondes : celui des citoyens et celui d’une poignée de milliardaires qui font les présidents en finançant leurs campagnes et leurs promotions via une presse achetée.
En France, neuf milliardaires possèdent 80% des médias.
Les classes, naguère dites moyennes, les corps intermédiaires, les professions hautement qualifiées ou de hautes responsabilités n’échappent pas à une dérive vers ce déclin social, décrochage avec l’oligarchie et rapprochement avec les strates paupérisées.
Les « réformes » en cours ici et maintenant sont d’une facture dogmatique stricte, estampillées « libérales », c’est-à-dire favorable au premier cercle et nocive pour les gens modestes, les ouvriers, les employés, mais aussi les enseignants, les médecins hospitaliers, les retraités, les étudiants, victimes de demain d’un monde qui ne regarde plus vers le mieux.
La réforme est le nom de la réduction budgétaire alloués aux services publics, des diminutions d’effectifs d’agents publics, de précarisation des gens, de l’amoindrissement des salaires et des pensions et du saccage de la nature pour les profits du secteur marchand, horizon idéologique indépassable de la secte au pouvoir ici et ailleurs.
Le système ne bénéficie qu’à une poignée de féodaux de la finance et des firmes.
Pour régner « mille ans », ils utilisent des « éléments de langage » dont l’invocation de la réforme constitue un pilier.
Bien sûr, pour éviter l’explosion, l’insurrection des consciences puis des citoyens, ils atomisent la société, la divisent en sous-groupes invités à se jalouser pour ne pas s’unir : chômeurs contre travailleurs pauvres, salariés du privé contre ceux du public, attributaires de tel statut spécial contre ceux qui émargent à un autre statut.
L’objectif du système est d’éviter la coalition de ses victimes.
Et voilà pourquoi, s’ajoutant à la crise climatique, à la mort de la biodiversité, au mépris de l’animal, vous subissez le décrochage social, destin de tous ceux qui ne participent pas au « premier cercle », celui dont les revenus et fortunes croissent pendant que tous les citoyens régressent.
Cela ne durera pas toujours et ils le savent d’où leur empressement à se gaver.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
UNE FORCE POUR LE VIVANT

De la violence et de la corruption

Prenons de l’altitude, là où il n’y a guère d’encombrements, pour contempler la fourmilière humaine.
Aux USA avec des BUSH, criminel de guerre, des TRUMP, milliardaire caricatural, en Turquie avec un sultan médiéval, en Pologne frappée de régressions idéologiques, en Russie, en Chine, et un peu partout sur la planète, la sottise, l’obscurantisme, la brutalité des mots et des faits, le mépris du vivant et du réel mènent leur danse macabre.
En France, des bonimenteurs partent en guerre contre le chômage en imposant aux citoyens des reculs sociaux, selon la logique dogmatique économique qui prévaut depuis cinquante ans avec les résultats que l’on sait. Puis, leurs successeurs, dans quelques années, face à l’aggravation de la situation sociale, annonceront péremptoirement qu’il faut faire de nouvelles « réformes » , de nouveaux sacrifices,de nouveaux efforts pour en sortir !
Violences étatiques, corruptions « légalisées » par ceux qui les commettent et qui font les lois côtoient la violence primaire de groupes corporatistes jouissant d’une immunité de fait.
Le 25 août dernier, en ARIÈGE, quelques agrocynégétiques ennemis de la nature menaçaient de mort avec leurs fusils des gardes de l’office national de la chasse et de la faune sauvage venus constatés de prétendus dégâts imputés à des ours sur un troupeau de moutons.
Ce fait, d’une grande banalité, fait suite à d’innombrables agressions et exactions brutales conduites par les éleveurs/ chasseurs, en lutte contre la faune.
Il convient de distinguer la force qui sait où elle va et cette violence qui abaisse l’homme bien au-dessous des autres animaux qui sont infiniment moins dangereux au sein de leurs espèces respectives.
Ne faudrait-il pas repenser l’éducation pour prévenir les dérives macro et micro-politiques, celles des dirigeants réactionnaires et celles des arriérés qui persécutent l’animal et massacrent la nature ?
Entre les médiocres qui laissent faire et les corrompus qui trouvent leurs comptes dans la dégradation actuelle, la société a bien du souci à se faire sur son avenir hypothéqué, non par la dette publique contractée auprès de la finance qu’il faudra bien abattre un jour, mais par la dette immense souscrite sur la biosphère.
Concrètement, il s’agirait, ici et maintenant, de permettre le retour des loups, ours et lynx.
Comment ?
En cessant de subventionner l’élevage de montagne, maintenu sous perfusion d’argent public et de substituer à ces aides publiques massives une subvention subordonnée à la présence des grands prédateurs.
Ce ne sont pas les moyens qui manquent, mais le courage.
La chasse-loisir qui endeuillait les automnes de Marguerite YOURCENAR perdure en ce pays, nonobstant l’élévation de la conscience d’une majorité de contemporains.
L’art de tuer est bien gardé par une classe politique frileuse et par un lobby dont l’unique obsession est de ne rien concéder.
Or, la chasse est une école de violence, une banalisation de l’acte de mort, un apprivoisement de cet instrument infâme qu’on appelle une arme.
Je ne suis pas de ceux qui veulent « réformer la chasse » car on ne modère pas le crime : on l’abolit.
Bien sûr, toute avancée serait bonne à accueillir : dimanches sans chasse, réduction du temps de la guerre faite à la faune, élargissement du nombre des espèces protégées.
Mais faire de la mort d’un être sensible un loisir constitue une injure dirigée contre la conscience humaine.
En démocratie, dialoguer est une vertu doublée d’une nécessité. Mais en France, dialoguer avec le monde de la chasse est une impossibilité puisque ce monde hermétique à toute évolution ne veut jamais rien concéder.
Cette évidence n’est pas admise par ceux qu’habite la pusillanimité face à un lobby.
Les lobbies chasse, agrochimique, industriel, de l’alcool, du tabac et autres nuisances corrompent les politiques à BRUXELLES, à PARIS, en régions.
La nature, la santé, la sécurité sont longtemps bafouées pour ne pas déranger les intérêts que servent ces groupes de pressions qui font le siège des ministères, des assemblées, des commissions.
Violence et corruption mènent le monde vers des lendemains qui déchantent.
CASSANDRE ne faisait pas plaisir en annonçant le malheur, mais le malheur était qu’elle avait raison !

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE