Animal, nature et politique

Tout le monde fait de la politique, y compris ceux qui s’en défendent et qui par leur abstention laisse faire celle des autres.
Faire de la politique consiste à penser la société et à agir pour un mieux, un changement ou une conservation.
Bien sûr, cela ne tient nullement à candidater pour des élections, à se mettre au garde-à-vous devant tel ou tel leader, mais à être un citoyen conscient, éveillé, actif et réactif aux événements et aux faits sociaux.
Demander l’abolition de la chasse et de la tauromachie, c’est faire de la politique.
Reconsidérer le rapport traditionnel à l’animal, si longtemps réduit au rang de machine, de chose, pour concevoir le respect de tout être sensible, c’est faire de la politique.
Vouloir préserver les espaces naturels convoités par l’appétit insatiable des aménageurs et promoteurs, c’est faire de la politique.
Proposer, revendiquer, contester, c’est faire de la politique plus et mieux que se présenter à une élection, simple écume sur la mer de l’action et de la réflexion.
Evacuée par les monothéismes, puis par le cartésianisme naissant du 17ème siècle, la question animale surgit enfin à la conscience occidentale de nos jours, et ce débat est sans doute le plus politique de tous car il remet en cause l’approche ancestrale, parfaitement obscurantiste, du phénomène du vivant.
Les résistances qu’opposent les lobbies contre nature à l’évolution du statut de l’animal et de la nature prouve l’importance de l’enjeu et la profondeur de la rupture avec l’ordre ancien qu’implique la reconnaissance effective du caractère sensible de l’animal et de la valeur intrinsèque de la nature.
Quel que soit le degré de cette rupture, d’une quête du bien-être jusqu’à la remise en cause de toute utilisation de l’animal, elle ébranle le Système dit libéral en ce que celui-ci est fondé sur l’exploitation et la quête du profit.
Aussi, ceux qui servent le Système ne peuvent que nier, sans assumer cette négation, les droits du vivant.
Ainsi les élus, les préfets, les décideurs publics couvrent trop fréquemment le braconnage partant du principe que tout vaut mieux qu’un désordre. Hier, les tous petits PAPONS innombrables qui peuplent nos palais nationaux n’osaient pas interdire la chasse à la tourterelle des bois en mai dans le MEDOC, imaginant qu’une attitude ferme et claire susciterait une jacquerie locale. D’autres inconsistants laissent piéger l’ortolan dans les LANDES pour ne pas irriter une centaine de tueurs de petits oiseaux chanteurs.
Ailleurs, ils se font les complices des ennemis du loup pour ne pas à avoir à réprimer deux cents voyous agrocynégétiques qui risqueraient de venir caser de la préfecture si on contrariait leurs fantasmes anti-nature.
Oui, ce monde est plein de petits PAPONS choisissant l’injustice et l’imposture pour éviter un désordre qui nuirait à leur minable petite carrière.
Et voilà pourquoi nature meurt en ce pays.
La question animale est révélatrice du degré d’abjection des gouvernants hermétiques à toute compassion.
Les loups fusillés, les animaux d’élevage abattus dans des conditions cruelles après avoir été élevés en violation de leurs exigences biologiques et éthologiques témoignent de ce que sont les décideurs.
Alors comment s’étonner de ce que ces personnages volent les salariés et les retraités pour gaver leurs commettants qui les firent rois ?
Il y a une cohérence absolue à demander l’abolition de la chasse, de la tauromachie, de l’égorgement sans étourdissement, de l’élevage concentrationnaire et l’échelle mobile des salaires et des retraites, bref l’inverse de ce que font les bonimenteurs de la « réforme », élément de langage derrière lequel ils masquent leurs exactions contre les citoyens.
Personnellement, je manifesterai en septembre contre la chasse, contre l’horreur des abattoirs et contre les régressions sociales, contre le gel des salaires et contre les ponctions opérées sur le peuple et destinées à compenser les cadeaux fiscaux faits aux oligarques notamment par la suppression de l’impôt sur la fortune.
Si les Français n’aiment pas les réformes comme l’affirme un politique, c’est qu’ils ne sont pas masochistes et qu’ils ont compris enfin ce que cache ce paravent des impostures sociales.
Jusqu’à quel abaissement, recul, sacrifice voudront aller les libéraux économiques ?
Réponse : jusqu’à l’explosion finale qui renversera leur régime thanatophile.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Quelle nature ?

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le 20 aout 2017

Quelle nature ?

L’humain peine à instaurer avec la nature ce lien pacifié qui lui permettrait seul de ne pas être une impasse évolutive vouée à l’anéantissement.
Il y a les arriérés qui pensent encore que la nature doit être domestiquée, dominée, gérée et qui n’ont pas compris qu’elle ne nous menace que par sa disparition provoquée par notre espèce cupide et cruelle.
Ils veulent exterminer tout ce qui ne leur rapporte rien, concevant l’espace naturel comme un espace jardiné, exempt de vie sauvage.
Ennemis de la terre, ils pourchassent le loup, l’ours, ici et ailleurs l’éléphant, le lion et le gorille.
Commentant le terrorisme islamiste, le ministre des affaires étrangères français stigmatise la «lâcheté» des assassins fanatisés et abrutis par un mythe.
Le ministre se trompe d’épithète.
Le fou de dieu n’est pas lâche. Il est cruel.
La cruauté est la première tare humaine.
Cette cruauté frappe l’homme et l’ensemble du vivant.
Quelle dose de cruauté faut-il pour écraser délibérément un passant qui ne vous a rien fait ?
Quelle dose de cruauté faut-il pour aller chasser de pauvres bêtes qui ne nous ont fait aucun mal ?
Bien sûr, la lâcheté existe aussi, pas chez l’assassin qui risque sa vie pour avoir la satisfaction d’ôter celle des autres, mais chez tous ces planqués du juste milieu qui n’osent pas dénoncer le crime et la cause du crime : le fanatisme religieux d’un côté, les loisirs de mort visant les animaux de l’autre.
Le respect du vivant ne se divise pas.
Tout être vivant a un intérêt légitime à vivre et à vivre sans souffrir.
Voilà pour les ennemis de la terre.
Mais face à eux, vous rencontrerez de sympathiques esthètes de la nature qui voudraient figer la nature à un stade qu’ils considèrent comme optimal, définitif, intangible. Pour eux, il y a les espèces végétales et animales présentes en un lieu et en un temps déterminé et celles qui n’ont rien à faire dans un milieu muséifié. Ils parlent d’espèces invasives à l’encontre desquelles ils seraient prêts à déclencher le feu chimique ou l’orgie des fusils pour exterminer les intrus.
Je ne partage pas cette conception congelée de la nature.
De tous temps, l’évolution amena des changements dans le règne du vivant.
Ce qui advient de nos jours et qui est criminel ne tient pas aux transformations, mais à l’appauvrissement de la biosphère par les activités humaines.
Le vivant disparaît ce qui est inacceptable.
Son évolution serait parfaitement admissible surtout si elle se traduisait par un enrichissement d’espèces.
Dans les parcs périurbains de PARIS, des milliers de perruches indiennes, de couleur verte, se sont implantées et se reproduisent, émerveillant les uns, irritant les autres par leurs cris et leurs détériorations des isolations des bâtiments.
Certes, on doit s’interroger sur l’incidence de cet oiseau sur le reste de l’avifaune antérieurement présente, mais son exotisme ne constitue pas en soi une hérésie ornithologique.
Avant l’homme, des espèces apparaissaient ainsi dans des lieux nouveaux pour elles et ce processus naturel s’appelait l’évolution.
Ne soyons pas frileux à l’égard de ces conquérants et réjouissons nous toujours lorsqu’il y a de la vie.
Ne cherchons pas à maîtriser toujours et, déplorant les raréfactions, accueillons avec bienveillance les formes nouvelles.

Gérard CHAROLLOIS
TEL 06 76 99 84 65

CONVENTION VIE ET NATURE – FORCE POUR LE VIVANT

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Communiqué : quand les ennemis de la terre veulent éradiquer les loups.

La CONVENTION VIE ET NATURE dénonce le détournement de procédure qui permit, le 9 août dernier, à des exterminateurs de notre faune de tuer trois louveteaux sur le territoire de la commune de CIPIERES dans le département des ALPES- MARITIMES.

Le préfet avait cru pouvoir autoriser des tirs de protection d’un troupeau.

Or, les trois louveteaux tués, âgés de quelques mois, étaient parfaitement inoffensifs pour les troupeaux.

En fait, l’imposture, la désinformation, la pleutrerie des pouvoirs publics caractérisent les décisions en matière de protection du loup.

En fait et en vérité, un milieu rétrograde, lié au monde agrocynégétique, veut aseptiser la nature, y détruire toutes les espèces sans exception lorsqu’elles ne sont pas directement exploitables par l’homme.

Victimes de cette imposture, les médias croient parfois que le défi de la présence du loup tient aux prédations sur les troupeaux de moutons.

Il faut savoir que cinq cent mille moutons sont tués chaque année en France par les chiens errants.

Les loups, les ours, les lynx n’occasionnent que des prélèvements marginaux au regard de ces destructions par les chiens et ces prélèvements sont indemnisés par la collectivité publique qui, par ailleurs, subventionne massivement un élevage de montagne nullement autonome.

Le retour du loup en 1992, via le MERCANTOUR et en provenance d’Italie où l’espèce est bien présente, ne pose qu’un problème purement culturel à des esprits archaïques, toujours en lutte contre la nature.

La France ne compte que trois cents loups. L’Espagne plus de deux mille.

Mais le pays souffre du poids d’un lobby agrocynégétique particulièrement virulent, parfois violent, ultra-minoritaire et très hermétique aux données de la science écologique et aux évolutions des mentalités.

Face à ce lobby, l’administration est complice des délires contre nature, comme le prouvent les arrêtés pris par les préfets pour détruire des spécimens de notre faune appartenant à des espèces en théorie protégées.

Il faut ramener ce lobby à la raison par un discours ferme et clair.

Le loup, comme les autres prédateurs naturels, a sa place en Europe, au même titre que l’éléphant d’Afrique ou le lion ou les grands singes ont leur place dans les pays qui ont la chance d’en accueillir encore quelques-uns.

Il convient d’apprendre à vivre avec la biodiversité et élever le degré de conscience pour que l’humain se réconcilie avec le vivant.

À défaut, nous courons à une impasse écologique préoccupante.

Le ministère de l’Écologie doit avoir le courage élémentaire d’en finir avec les détournements de procédures illustrés par la mort de ces trois louveteaux bien incapables d’inquiéter un troupeau.

La Commission Européenne doit engager une procédure en manquement contre la France du fait du défaut de protection de l’espèce.

Le procureur de la République de NICE doit engager des poursuites contre ceux qui ont tué des louveteaux, en violation de la protection de ces animaux dès lors que ne pouvait pas jouer la dérogation préfectorale ne visant que la sauvegarde immédiate d’un troupeau.

Gérard Charollois

CONVENTION VIE ET NATURE FORCE POUR LE VIVANT

Moraliser la vie politique ?

Pour feindre de répondre au malaise dans la démocratie, à la crise de confiance des citoyens dans les élus, au retrait de beaucoup de sujets du Marché du débat public et des élections, les dirigeants ont lancé une opération « Moralisation de la vie politique ».

Or, il s’agit d’un leurre.

Qu’un parlementaire emploie son conjoint ou son enfant en qualité d’attaché et de collaborateur n’a rien de choquant sous réserve, bien évidemment, qu’il ne s’agisse pas de détournements de fonds publics sous couvert d’un emploi fictif. Le scandale « dit FILLON » pourrait tenir non pas au fait qu’il ait engagé son épouse, mais qu’il ait offert à celle-ci un pseudo-emploi.

Il est indifférent qu’un décideur prenne sa compagne comme secrétaire ou qu’inversement il prenne sa secrétaire comme compagne.

Ce qui constitue un délit correctionnel consiste à créer de faux emplois pour octroyer à sa famille de l’argent public.

Le parlement pouvait utilement créer des organes de contrôle du sérieux des recrutements d’attachés parlementaires et aggraver les peines, notamment d’inéligibilité définitive pour les escrocs, sans avoir à prohiber les emplois familiaux.

Le problème est ailleurs.

Un second volet de la loi de cet été tient à la suppression de la « réserve parlementaire », ces fonds publics dont pouvait disposer librement, donc arbitrairement, chaque député et sénateur.

Ainsi, nous vîmes ces années passées des élus détourner cet argent public au profit de la mafia cynégétique, c’est-à-dire en faveur d’un lobby qui n’en a aucun besoin et dont les agissements vont à l’encontre de l’intérêt général de la préservation de la nature.

Cette suppression est une bonne nouvelle au regard de la médiocrité de trop d’élus irresponsables dont les largesses au frais de la collectivité n’étaient dictées que par des considérations vilement clientélistes.

La vie politique ne sera pas moralisée et surtout le malaise dans la démocratie perdurera car le mal est profond et, à terme, létal.

Le mal tient à ce que les démocraties se meurent, victimes de la dépossession du pouvoir par l’argent, la finance, les milieux d’affaires.

Les peuples s’imaginent encore, bien que l’illusion commence à se dissiper, élire leurs dirigeants, alors qu’ils lui sont imposés par le monde de l’argent via, d’une part, le financement des campagnes électorales, d’autre part, par le conditionnement distillé par les médiats, propriétés des ploutocrates.

Ainsi en France, 80% des médiats appartiennent à neuf milliardaires qui, par ailleurs, peuvent lancer, à partir de rien, leur candidat et un parti.

Le mécanisme a été très visible, en France, avec la promotion de celui qui, sans parti, devait conquérir l’Élysée et l’assemblée nationale en quelques mois.

Mais le processus était déjà à l’œuvre, de manière masquée lors des précédents scrutins. Les citoyens moins avertis, moins observateurs, pouvaient imaginer que les présidents de la république avaient bénéficié, pour accéder au pouvoir, des moyens financiers et militants de grands partis politiques préexistants et que les millions d’Euros nécessaires à la campagne provenaient des cotisations des adhérents et des ventes militantes de gadgets, naïveté bien utile au Système.

Loin de n’affecter que la « démocratie » française, ce mécanisme vicie la plupart des pays, atteignant des sommets caricaturaux aux USA.

Cette mort de la démocratie devrait davantage préoccuper que les petites turpitudes, les magouilles subalternes de ces élus qui arrondissent les comptes en banques de leurs rejetons !

N’étant pas un adepte de la « terreur et la vertu », tout ceci pourrait nous laisser indifférent.

Après tout, que les milliardaires envoient leurs commis en mission dans les organes étatiques nourrirait volontiers mon mépris si cela n’avait pas des conséquences pratiques.

Ce qui me préoccupe est que le Système détruit le vivant et conduira à une catastrophe mondiale, une remise en cause de la viabilité du globe.

En effet, le Système véhicule un dogme obsessionnel : tirer le profit maximum de toute chose et de tout être.

La caste financière porte une idéologie mortifère fondée sur l’exploitation des animaux, de la nature et des humains n’appartenant pas au « premier cercle », celui qui détient le seul et vrai pouvoir.

Comment ne pas éprouver un vertige horrifié devant le sort fait aux animaux dans cette société de rentabilité frénétique, génératrice d’usines à viande, à lait et à œufs ?

Comment ne pas constater que les espaces naturels sont progressivement mais inéluctablement absorbés par « l’aménagement » ?

Comment ne pas comprendre qu’à force d’économies, de flexibilité, de réformes, les humains perdent pied avec la réduction des services publics et l’augmentation de la pression de la rentabilité ?

Mais silence, on fonce à grande vitesse vers le précipice et l’orchestre joue une assourdissante musique.

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

FORCE POUR LE VIVANT

La CONVENTION VIE ET NATURE exprime son soutien à Pierre RIGAUX

La CONVENTION VIE ET NATURE exprime son soutien à Pierre RIGAUX, animateur de l’association CAP LOUP qui a été victime d’une agression brutale, primaire, typiquement agrocygénétique, lors d’une réunion dans l’AVEYRON au cours de laquelle des agriculteurs fulminaient contre la présence de quelques loups dans la région.

Jeté à terre et frappé au sol, le militant pro-loup a été insulté par ces individus grossiers, violents, dont les méthodes traduisent le niveau moral et intellectuel.

Les ennemis de la terre, soucieux d’aseptiser la nature, de mener une guerre d’extermination à l’encontre de toutes les espèces sous des prétextes mensongers usent ainsi, très habituellement, de ces violences physiques qui les mettent en dehors d’une société démocratique et de droit fondée sur la liberté des opinions, le pluralisme des valeurs et le respect d’autrui.

80% des Français souhaitent la protection du loup.

L’Etat indemnise généreusement les éleveurs victimes de prédation par les ours ou les loups, éleveurs qui en zone de montagne tirent 50% de leurs revenus des subventions publiques.

Bien sûr, l’éleveur pleure ses moutons lorsqu’ils sont très occasionnellement et très marginalement victimes d’une prédation naturelle, mais il ne les élève qu’en vue de l’égorgement dans les abattoirs et non comme animaux choyés de compagnie.

En fait, dans une mentalité que nous devons déplorer, archaïsme agrocynégétique, la nature est un mal, un adversaire à combattre et certains n’ont pas encore compris qu’elle ne menace l’humain que par sa disparition et non par sa luxuriance.

Ces hommes n’ont pas assimilé qu’il fallait de toute urgence muter et devenir des maîtres bienveillants et respectueux de ce que les scientifiques appellent la biodiversité.

Le loup participe de celle-ci et réjouissons-nous de son retour nonobstant les gesticulations des esprits rétrogrades.

La CONVENTION VIE ET NATURE dénonce l’arrêté interministériel du 17 juillet dernier permettant les tueries de quarante loups pour les douze mois à venir. Deux ont déjà été tués.

En revanche, dans le même esprit d’objectivité, elle salue l’injonction faite par le ministre de la transition écologique Nicolas HULOT au préfet des LANDES de mettre en oeuvre les mesures de police nécessaires à la prévention du braconnage des petits oiseaux, pinsons, ortolans et autres, par quelques centaines de chasseurs piégeant ces passereaux dès la mi-août en vue de les engraisser et de les noyer dans l’alcool avant de les consommer.

Ces pratiques sont scandaleuses, indignes d’une société civilisée soucieuse de sauvegarder des populations d’oiseaux en voie d’effondrement de leurs effectifs.

Blâmons le ministre pour nos amis les loups et félicitons-le pour les ortolans.

Notre seul parti, notre patrie, notre conviction : la nature toujours.

 

Gérard  CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
FORCE POUR LE VIVANT

L’extinction de l’humanité ?

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en 70 ans l’humanité a triplé passant de deux milliards cinq cent millions à sept milliards cinq cent millions d’humains.
Chaque année, la bombe démographique fait croître de près de cent millions le nombre des humains et en 2050, l’Afrique devrait doubler sa population.
Or, l’homme s’avère un animal gravement déprédateur par sa consommation insatiable, par son agressivité envers les autres espèces et occasionnellement envers sa propre espèce.
Ses facultés cognitives supérieures ne sont guère employées à protéger la vie.
L’humain provoque la sixième extinction d’espèces et crée des conditions interdisant les évolutions futures des formes de vies, car il pille la terre, l’empoisonne, y déménage tout ce qui ne lui est pas immédiatement profitable.
Animal dénaturé, il ne supporte pas la nature et par peur, par cruauté, par cupidité, il détruit méticuleusement toutes les espèces avec lesquelles il aurait pu cohabiter.
Croissance démographique explosive, voracité, mépris du vivant, omniprésence dans tous les milieux, générateur de déchets qui transforment la planète en poubelle toxique, l’homme compromet la viabilité du globe.
Du haut des tribunes des colloques, scientifiques, associatifs, politiciens déplorent la mort de la biodiversité, mais dans les faits qui seuls comptent, l’économie prévaut sur l’écologie, les profits des firmes sur la préservation des espèces et des milieux et les humains aseptisent leurs jardins, s’effraient devant la présence d’un animal sauvage dans leur proximité invitant la faune à se faire protéger ailleurs.
Trop de nos contemporains, par ignorance crasse, demeurent des ennemis de la terre, incapables de vivre dans un espace partagé avec les autres espèces.
Mais ce qui échappe aux observateurs, c’est que le grand déprédateur pourrait être victime de son hubris, de sa démesure et de son manque de maîtrise de sa main-mise sur le monde.
Plusieurs périls le menacent :

1° Les périls environnementaux :
Altération du climat, épuisement des ressources naturelles, intoxication de l’eau et de l’air, épuisement de la biodiversité, possibilité d’un virus mutant pandémique dont la virulence pourrait anéantir les populations avant que les laboratoires trouvent la parade.
Une densité excessive, des mouvements massifs de populations, des migrations, le tourisme calamiteux créent les conditions propices à l’émergence de telles pandémies.
Actuellement, le Système consomme, chaque année, 1,6 de ce que produit la planète.
Or, le Système n’est « libéral » qu’en ce sens qu’il veut que l’individu s’enrichisse sans cadre, sans frein, sans limite. En revanche, il cesse de célébrer la liberté si celle-ci porte atteinte à la finance et aux privilégiés.
Toute tentative d’alternative est tuée dans l’œuf par la finance, maître du monde.

2° Des périls technologiques et politiques :
La science et la technologie de demain peuvent considérablement améliorer le sort des hommes en faisant reculer la souffrance et la mort, mais elles peuvent aussi échapper au contrôle et au lieu de vaincre le vieillissement, le cancer et autres pathologies, créer des déséquilibres sociaux et économiques insurmontables et irréversibles.
Le bilan désastreux de l’humain, avec les guerres, les génocides, l’esclavage, la chasse, ne mérite guère un culte. Le posthumanisme peut être une chance s’il débouche sur la valorisation du vivant.
Mais les firmes, la finance peuvent inversement confisquer et instrumentaliser la science pour leurs seuls profits, donc pour la mort.
Le Système dit « libéral » ne peut survivre qu’avec une croissance quantitative infinie. Sans croissance, pas de dividendes pour les actionnaires, pas de bonus pour les oligarques, car ces gains reposent sur les intérêts de cette croissance, par ailleurs insupportable pour la terre.
Les écarts sociaux vont eux aussi croissants et la logique du Système implique cette dérive. Pour la pseudo-science économique, les salaires sont des coûts qu’il faut réduire sans cesse, et les dividendes et bonus des profits, qu’il faut augmenter indéfiniment.
Qu’adviendra-t-il à la fin du siècle ?
Disons-le clairement, le contemporain n’en a guère le souci. Il sait qu’il sera mort, et pour longtemps ! Alors, l’avenir n’est qu’une préoccupation théorique. Si la biologie permettait, un jour, de prolonger la vie individuelle de plusieurs siècles, cela modifierait radicalement l’approche du futur par la personne. En 2100, l’individu serait toujours là pour vivre le changement climatique et les aléas de la biosphère.

3° Des affrontements meurtriers définitifs :
La modernité génère une société plus libre, des individus émancipés, une remise en cause des vieilles lunes religieuses. Or, l’homme est-il assez fort pour assumer cette liberté ?
Les réactions obscurantistes terroristes auxquelles nous assistons pourraient révéler une incapacité d’une fraction importante de notre espèce de vivre cette émancipation par rapport aux mythes.
Des massacres sans précédent pourraient résulter de cette confrontation de la raison et de la foi.
Par sa démographie galopante et la fragilité de la société technologisée, une guerre des civilisations serait plus destructrice que les guerres du 20ème siècle, déjà si meurtrières.
Il ne s’agit pas là d’un scénario catastrophe, mais d’une simple conjecture que nous pouvons éviter.
Comment ?
En changeant de paradigme, en mettant le vivant au centre des valeurs, en utilisant notre génie au service de ce qui ajoute du bonheur, du plaisir, du bien-être pour tous et non des profits pour quelques milliers d’oligarques sur la planète, en assumant des idées fortes et claires, en éclairant les hommes au lieu de flatter ceux qui détruisent la nature et qui croupissent dans des superstitions farfelues.
Homo Sapiens est apparu il n’y a qu’un instant, au regard des temps géologiques. Sur le calendrier cosmique élaboré par l’astrophysicien André Brahic et compressé sur la durée d’une année terrestre, les dinosaures sont restés sur Terre durant 3 jours alors que nous n’y sommes que depuis 1h30 ! !
L’humain sera-t-il une impasse, une tentative avortée de la vie d’enfanter un agent bienveillant de la grande aventure de l’évolution ?
Le Système déprédateur, exploiteur, spéculatif disparaîtra-t-il avant l’anéantissement ?
Le défi est muter ou disparaître.
Je savoure les injonctions qu’adresse aux citoyens du monde
l’ONG Californienne mesurant le jour de dépassement (2 août cette année).
Pour remédier aux menaces planant sur le vivant, elle somme les humains responsables de :
— Faire moins d’enfants, ce qui ne signifie pas faire moins l’amour !
— Ne pas prendre l’avion, ce qui n’interdit pas de contempler la nature près de chez soi !
— Consommer moins de viande, ce qui ne nuira pas à la santé !
— Privilégier le bio, ce qui ne fera pleurer que les lobbies agrochimistes !

Question :
Connaissez-vous beaucoup d’amis du vivant qui célèbrent ces vertus ?
Et puis, j’ajouterai, en impératif premier :
Accueillir avec bienveillance la nature chez soi !

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
FORCE POUR LE VIVANT