L’impossible débat

Entre les ennemis de la terre et nous, il n’y a rien.

En notre temps, le vrai débat des idées oppose ceux qui veulent réconcilier l’humain avec la nature et ceux qui considèrent, d’une part, que le milieu naturel est un cadre de défouloir et de grands profits et, d’autre part, que l’animal constitue une marchandise ou un souffre-douleur.

Or, ce débat fondamental de civilisation est occulté par les médias et escamoté par les lobbies thanatophiles incapables de soutenir la controverse et la remise en cause de leurs erreurs et, plus encore, de leurs crimes.

Ainsi, certains sénateurs fossilisés sombrent dans le ridicule en évoquant la création d’une « Commission d’Enquête » sur les mouvements animalistes.

Il leur suffit, pour nous connaître, de nous lire. Ils apprendront tout sur notre pensée parfaitement explicitée.

Malgré la censure des médias, il leur est loisible de nous écouter sur les « réseaux sociaux ».

Le 4 octobre se tint au sénat une réunion inspirée par les « tauromaniaques », avec déjeuner antivégans et délires sur l’humain séparé du reste du vivant.

Les ennemis de la terre masquent leurs faiblesses par la fuite du débat.

Nier que les espèces sont menacées par les agressions humaines, feindre de considérer que l’animal n’est pas un être sensible ne constituent pas des opinions mais des obscurantismes, des ignorances, des arriérations.

C’est la raison pour laquelle les chasseurs, les agropollueurs, les aménageurs spéculateurs et nombre de sénateurs, dévastateurs des sites et tueurs d’animaux, fuient la confrontation des idées et substituent au débat le dénigrement des biocentristes.

Constatons que pour l’heure, la grossièreté de la manœuvre s’avère efficace puisque la classe politique récite les dogmes des déprédateurs de la nature et des tortionnaires des animaux, nonobstant les convictions contraires de la majorité des contemporains.

Le biocentrisme est une idée neuve.

Elle est riche de courants divers correspondant aux sensibilités des militants de la défense de la vie.

A l’évidence, il y a davantage de citoyens soucieux d’abolir les maltraitances ludiques du vivant que de personnes poussant la cohérence jusqu’à refuser toute utilisation de l’animal.

Pour les tueurs insatiables et pour les « libéraux » promoteurs de grands ouvrages nocifs pour la nature, tout opposant, flexi-végétarien, végétarien ou végétalien doit être frappé d’ostracisme.

Par-delà les nuances de l’écologie, de l’animalisme, il est plus important de s’interroger sur le sens de la marche, sur l’orientation d’une société que de s’obnubiler sur le lieu où l’on se trouve à un moment donné de l’avancée du temps et des consciences.

L’essentiel est d’aller vers plus de sensibilité, de compassion, de respect de l’altérité des êtres.

Contre nous, contre la cause de la vie, se dressent les intérêts économiques colossaux des entreprises qui spéculent contre la terre pour déménager la nature aux fins de juteux profits.

Contre nous, agissent tous les obscurantistes qui méconnaissent le caractère sensible de l’animal.

Contre nous, parlent ceux qui font prévaloir l’argent sur l’arbre, l’animal et l’homme.

Ils affichent : «  Commission d’enquête » parlementaire !

Réjouissons-nous, les fossiles deviennent fous !

Ils perçoivent que leurs approches du vivant seront condamnées par l’inéluctable évolution des mentalités.

Alors, un jour viendra où l’Histoire fera le procès de ceux qui préférèrent un aéroport à une zone naturelle et qui exterminèrent notre faune, faisant un enfer pour nos compagnons de planète.

Promoteurs d’infrastructures, chasseurs, tortionnaires de taureaux dans les arènes, vous assassinez à l’abri de lois iniques.

Le grand tribunal du temps vous placera aux côtés de tous ces crimes inexpiables qui jalonnent l’Histoire des hommes.

Ce jour-là, le crime contre la nature s’affichera au mur de la honte au même titre que le crime contre l’humanité.

Un jour, l’humain s’élèvera au-dessus de sa barbarie.

Mais en attendant, le malheureux peuple français s’apprête à élire un président « tauromaniaque », un ancien premier ministre qui, le 19 JUILLET 1996, refusait l’application d’une directive européenne dite NATURA DEUX MILLE pour complaire au parti CPNT.

Gérard CHAROLLOIS

1 pensée sur “L’impossible débat”

  1. Merci M. Charollois pour ce texte plein de ferveur;

    Il vibre dans la conscience et l’âme de quelques esprits qui vous suivent et vous lisent.
    Le propre de l’homme, ce n’est pas la parole: c’est la compassion.
    L’évolution a conduit à ce règne de la vie sur Terre, dont nous émergeons. Ce règne se manifeste tantôt par l’agression ou la perfidie, tantôt par la coopération ou l’indifférence, c’est selon. Les myriades d’espèces se livrent à ce jeu quotidien de mille façons…
    Vient Homo et avec lui, sur le tas encore fumant d’actes de barbarie, mais aussi d’entre-aide, la dernière trouvaille de l’évolution surgit, comme une fleur tendre et immaculée: la compassion.
    Ce mot, comme n’importe quel mot, est à remplir de ce qu’on veut bien y mettre: compatir n’est pas contempler; ce n’est pas non plus « s’affliger de », pas plus que « comprendre ».
    La compassion pour le Vivant (c’est-à-dire la condition du vivant, sur cette planète), serait une bienveillance douce mêlée d’une farouche et impérieuse pulsion de protéger. Mais protéger non pas à la façon d’une mère envers ses petits: non, protéger pour des raisons plus grandes: parce que la concorde, l’apaisement sont beaux. Plus beaux que les harmonies subtiles des œuvres d’arts ou de nature. Beaux comme un accomplissement, comme une quiétude complète de la matière.
    Compassion: il y a de la vigueur dans ce mot. De la dignité, de la gratitude, une grande pudeur aussi; des forces et des colères: bref, de la passion.

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