Un monde empoisonné

Je remercie les associations, notamment ici POLLINIS, pour son appel à inviter les « politiciens » à résister aux pressions du lobby de l’agrochimie, en mal de biocides.
Il faut comprendre ce qu’illustre ce débat, à savoir, que le système dit d’économie libérale impose une course sans limite, sans scrupule, sans frein au profit immédiat et insatiable.
C’est la logique même d’un système économico-politique qui n’a rien à faire de la santé humaine, de la biodiversité, de la qualité de la vie, excepté lorsque ces concepts servent à peindre en vert les exactions des firmes et entreprises privées qui n’ont aucun autre objectif que faire de l’argent.
Il leur faut spéculer au plus vite et les déclarations de vertus civiques, sanitaires, écologiques, humanitaires ne sont destinées qu’à assurer une « bonne image », donc de fortes parts de marché.
L’agriculture participe de cette dérive inhérente au système planétaire de dévastation.
L’exploitant agricole, qui n’est plus un homme qui nourrit les hommes, mais bien souvent un empoisonneur et un tortionnaire d’animaux, veut produire le plus possible, au meilleur coût et sans l’ombre d’une perte générée par des « nuisibles » : végétaux ou animaux.
L’industrie chimique doit vendre massivement des molécules destinées à aseptiser les champs.
Or, tout poison pour le papillon ne peut que tuer l’hyménoptère, donc l’abeille domestique ou sauvage. Le biocide ne pourra jamais distinguer la chenille déprédatrice et l’insecte pollinisateur.
Ce qu’il faut, c’est limiter le productivisme forcené, combattre l’aseptisation de la nature, défendre le « parasite ».
A défaut, la mort de la biodiversité s’accélérera, préparant l’avènement d’un monde inhospitalier, parce que des hommes « nuisibles » auront voulu s’enrichir indéfiniment au détriment de l’intérêt général.
Qui fera, un jour, le procès de NUREMBERG de ces criminels qui ont, par cupidité ou par tradition, assassiné le vivant ?

Gérard CHAROLLOIS