Europe lève-toi !

A l’heure où le choc des civilisations revêt des formes sanglantes, où des masses humaines innombrables sombrent dans les brumes de la religion avec sa haine du corps, de la sexualité, de la femme, de la liberté, de la vie, de la raison, il apparaît nécessaire d’assumer des valeurs universelles, antidotes à l’obscurantisme.
Allant à contre-courant de l’esprit du temps, il faut penser Europe.
Victor HUGO, rêvant déjà des États-Unis d’Europe dans son exil Anglo-normand, planta dans son jardin un chêne en l’honneur de cette fédération.
L’horreur des guerres civiles européennes du XXème siècle conduisit des hommes politiques à bâtir l’ébauche de cet État supranational qui, bien évidemment, était pour eux, un État franco-Allemand.
L’idée germait dans le terreau du pacifisme, de l’amitié entre des peuples de langues différentes mais de cultures similaires, des peuples aspirant à la démocratie, aux droits de l’homme, au pluralisme des idéologies et à la liberté pour chacun de vivre selon les prescriptions de sa conscience.
Belle et grande idée qui se naufrage présentement sous les coups des mutations de notre société déboussolée.
Oui, les pères de l’Europe avaient raison d’unir des populations qui s’étaient trop cruellement battues et qui ensemble avaient à affronter les défis de leur avenir commun.
Toutefois, ils commirent une erreur qui pourrait bien être fatale à leur généreux et indispensable projet.
Ils lièrent l’esquisse d’État européen dans la veine du libéralisme économique, du Marché, de la concurrence, de la privatisation.
Bref, ils confondirent la construction d’une entité politique nouvelle et un contenu doctrinal, soumettant les peuples aux dogmes du « moins d’État », de la course à la défiscalisation, générant une régression sociale qui a deux visages : le chômage et, pire encore, le servage sous forme de salariat précarisé et paupérisé.
Cette orientation devait entraîner l’échec de l’adoption d’une constitution de l’État européen, par rejet du référendum de ratification par la France, le 29 juin 2005.
Soulignons une singulière incohérence de peuples qui, à très juste titre, font grief à la Commission Européenne de célébrer le culte de la déréglementation et de la privatisation et qui votent massivement pour les partis politiques pratiquant le même culte funeste.
D’ailleurs, si BRUXELLES impose une politique « libérale », donc antisociale et souvent antiécologique, pour mieux défendre les intérêts des firmes et de la finance, c’est que les gouvernements nationaux proposent au parlement européen, qui la valide, une Commission « conservatrice ».
Mais les élus trouvent dans l’Europe, dont ils désignent les dirigeants, un alibi commode lorsqu’ils veulent « voler les pauvres pour donner aux riches » ou plus exactement pour démanteler les services publics et détricoter les droits sociaux. Ils imputent à l’Europe les choix qu’ils n’ont pas le courage d’assumer.
Or, face aux tensions mondiales, à la puissance des grandes multinationales qui dominent le monde et dont certaines n’hésitent pas à empoisonner la terre pour fourguer leurs pesticides, face au Marché, face aux délires mystiques affectant d’autres peuples, l’Europe doit défendre sa culture, ses valeurs, l’émancipation de la femme, la liberté de la presse, la démocratie représentative, la garantie des droits fondamentaux, la sécurité sociale, la séparation des pouvoirs, ses acquis. Elle doit aller plus loin en proclamant la prévalence du vivant, le respect de l’animal, l’amour de la nature, conquérir ces nouvelles avancées, comme elle inventa naguère les droits humains.
Présentement, les peurs, les souffrances sociales, la guerre culturelle que nous a déclaré l’islamisme, incitent les peuples aux replis frileux derrière d’illusoires frontières.
La construction européenne va connaître une pause et peut-être un recul momentané.
Une phase régressive finit toujours par passer et d’autres gens de mieux devront, dans les décennies à venir, reprendre la marche vers la fusion des peuples européens qui souhaitent une plus étroite union.
Je préconise une Europe à géométrie variable permettant à ceux qui sont prêts à cette avancée à progresser sur la voie du fédéralisme.
N’attendons pas que les 28 États constituant l’Union aillent du même pas.
Recherchons des accords au sein de groupes plus restreints, mais aussi mieux déterminés au rapprochement.
Et si les peuples choisissent démocratiquement les forces politiques au service de l’argent, à l’instar des Français en 2017 selon toute vraisemblance, acceptons leur choix désastreux pour eux-mêmes.
Laissons-leur la liberté de choisir, d’un côté les sacrifices et les efforts, les réformes et la flexibilité ou, de l’autre côté le refus de la soumission du vivant aux intérêts de l’économie, une autre politique tournée vers le bien public, l’encadrement des activités afin de garantir les droits de la nature, des animaux et des humains.
N’inscrivons pas dans le marbre des traités que la monnaie doit servir les milieux financiers, que la compétition est l’horizon indépassable, que le profit est le progrès.
Et le nationalisme ?
Aimant trop l’Histoire pour être insensible à la France « telle la madone aux fresques des murs », je comprends l’attachement barrèssien à la terre et aux morts.
Néanmoins, avec l’ère des idéologies, d’autres clivages, d’autres appartenances, d’autres solidarités se substituent à celle de la nation.
Il y a bien des décennies déjà que les hommes sont plus proches de ceux qui pensent à leur unisson qu’ils ne le sont de leurs compatriotes.
Même les nationalistes déclarés préfèrent siéger avec leurs homologues des autres nations qu’avec leurs compatriotes opposés à leurs options.
Pour ma part, très clairement, je préfère un écologiste Italien ou Allemand à un chasseur ou promoteur Français, au même titre que très légitimement un réactionnaire du CPNT préfèrera un chasseur étranger à un militant de la cause animale concitoyen.
Le localisme, le souverainisme, le nationalisme cultivent les particularités,les coutumes, les traditions au nom de leur ancienneté ou leur enracinement dans le passé qui est un élément décisif de l’identité.
Corrida, gluaux, lacets contre les animaux, excision des petites filles, lapidation et coups de fouets au blasphémateur participent des « splendeurs des cultures particularistes » !
Je préfère l’universalisme.
Il invite à soumettre les coutumes et les traditions au crible de la raison. Pour moi, le droit doit être universel, et une émancipation ici doit bénéficier partout dans le monde.
Je dénie aux particularismes leur légitimité à contredire ce qu’ont mis au jour la raison, l’intelligence, le travail patient des gens de mieux. Les progrès de la liberté individuelle, les avancées sur la voie du respect du vivant, sitôt établis quelque part, doivent bénéficier à tous et partout.
Pour l’heure, un vent mauvais souffle sur le monde.
’aigreur des uns, la lâcheté des autres, préparent des lendemains qui déchantent, faute que les défis aient été relevés.
Notre lucidité interdit de se taire, quand bien même notre voix qui n’entre pas dans les cases usuelles se heurte à la censure .

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

La preuve de la mort de l’écologie politique :

Le texte ci-dessous, émanant de membres du parti EELV de la région Provence Côte d’Azur, illustre l’impérieuse nécessité de refonder l’écologie politique en France, sur des bases éthiques claires.
Digne des pires arriérés du parti chasse et traditions, ce texte prône la mort des loups et le sauvetage de l’élevage de moutons en zone de montagne, dans une acception bucolique, totalement onirique, de cet élevage.
Par ses divisions, ses trahisons, ses reniements, ses entrismes, l’écologie politique est évanescente en ce pays et doit être refondée .
Partons d’un fait : en 2014, la France comptait 300 loups. L’italie plus de mille. L’Espagne plus de deux mille.
Les éleveurs/chasseurs, culturellement hostiles à la biodiversité (loups, lynx, ours, marmottes, vautours…) rencontrent le soutien des politiciens locaux dans leurs délires contre nature.
Des tirs de loups officiels et clandestins ont fait diminuer la population de l’espèce l’an passé (282 loups).
La question est celle de l’acceptation ou du refus de la biodiversité.
L’homme doit-il asservir la nature à son seul profit ou partager l’espace avec les autres espèces ?
L’élevage de moutons en milieu ouvert, en montagne, représente une agression contre le milieu du fait d’un surpâturage compromettant la flore alpine et de la transmission de maladies à la faune.
Cet élevage n’existe qu’en raison de subventions représentant la moitié des revenus des propriétaires de troupeaux.
Tout écologiste, tout ami des animaux, tout amoureux de la nature doivent soutenir ardemment le retour du loup.
Or, il se trouve de prétendus écolos pour bêler avec les chasseurs à l’unisson de l’aseptisation de la nature conçu comme zone de production.
Evidemment, nous n’avons rien de commun avec ces individus.
Leur éthique n’est pas la nôtre.
Nous ne pouvons pas participer au même mouvement politique et une clarification s’impose.
EELV A ACCUEILLI DES FEMMES ET HOMMES PORTANT NOTRE AMOUR DE LA NATURE, TELS Laurence ABEILLE, Pascal DURAND, mais a aussi abrité des Barbara POMPILLI, pro-chasse et des personnages de la trempe des signataires de cet appel à tuer des loups.
Le 8 octobre prochain, j’appelle tous les défenseurs des animaux, tous les écologistes à s’unir pour refonder une écologie politique résolument tournée vers la défense du vivant, de la biodiversité, contre la chasse et la tauromachie, pour une terre généreuse pour toutes les formes de vies.
Ils ont perdu les élections.
Maintenant, ils perdent leur dignité et leur raison d’être.
Ne laissons pas l’écologie à ces individus qui insultent une grande et belle idée.

Gérard CHAROLLOIS

—— message transféré
Motion LOUP et PASTORALISME

EELV PACA :

– Réaffirme son engagement sans faille, en faveur du pastoralisme présent depuis des millénaires dans nos espaces montagnards alpins et méditerranéens.
– Reconnaît que cette activité pastorale joue un rôle essentiel de structuration des milieux naturels, que ce soit en terme économique, social, au titre de la gouvernance alimentaire locale, ou pour les bénéfices environnementaux qu’elle génère (ouverture des milieux, maintien de l’équilibre organique des
sols favorable à la biodiversité globale, prévention des risques). Sans compter la dimension culturelle, ancrée dans notre patrimoine historique et porteuse encore aujourd’hui de sens, à travers des territoires peuplés et vivants, ou la reconnaissance de la transhumance comme patrimoine culturel mondial de
l’humanité, par l’UNESCO.
– Rappelle que les grandes espèces emblématiques (loup, ours, lynx, etc) ne sont qu’un indicateur parmi d’autres de la biodiversité, et que l’action nécessaire en faveur du maintien en bon état de conservation de la biodiversité globale, ne peut se réduire à la seule défense de ces grandes espèces emblématiques.
À titre d’exemple, 80% de la biomasse globale est présente dans le sol, dans la couche d’humus, sous forme microbiologique.
– Constate l’échec de la politique actuelle de cohabitation forcée avec le loup imposée aux éleveurs, qui a été menée en France depuis 20 ans par les différents gouvernements. Pour mesurer l’échec de cette politique, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 80% des attaques ont eu lieu sur des troupeaux qui ont mis en oeuvre la totalité des mesures de protection préconisées dans le plan loup, à savoir le regroupement nocturne, les parcs électrifiés, et la présence
des chiens patous. Malgré ces mesures de protection présentées comme la seule alternative possible à la prédation, en 20 ans les pertes annuelles d’animaux sont passées de 200 à plus de 9000.
Pour les seules Alpes Maritimes 2539 bêtes tuées par le loup en 2013, 2835 en 2014, 3413 en 2015.
– Constate que cet échec est directement lié au choix initial fait par la France en 1992 de placer le loup sous statut d’espèce strictement protégée, alors que l’espèce, dont la population est très dynamique, n’est nullement menacée de disparition, et qu’elle recolonise même de nouveaux territoires. Le loup, animal très opportuniste et adaptable, a parfaitement su tirer profit de ce statut pour spécialiser son comportement de prédation sur les troupeaux. Si la menace principale pèse aujourd’hui sur le pastoralisme, demain il en ira sans doute de la sécurité des personnes, mais aussi de la perte du génome loup liée aux cas inévitables d’hybridation avec les chiens, déjà attestée dans une proportion de 10 à 40% des individus étudiés en Italie.
– Affirme qu’il est temps de changer radicalement de paradigme. Il ne peut y avoir de principe de symétrie entre la proie et le prédateur. Lorsque le prédateur est protégé, la proie ne s’adapte pas, elle disparaît. Ce n’est donc pas aux éleveurs de s’adapter à la prédation, mais au loup de s’adapter à la présence
du pastoralisme. La condition de conservation dans nos territoires d’une population de loups passe donc par le fait de rendre la prédation sur troupeaux, la plus meurtrière possible pour la meute par tous moyens létaux, et cela en situation d’approche. La politique suivie actuellement revient à sélectionner un loup délinquant, car l’obtention finale de la proie (la brebis) vient systématiquement récompenser l’effort de contournement des mesures de protection.
Il s’agit donc d’inverser la menace, et que la frayeur change de camp, en rendant toute approche de l’environnement humain par la meute, impossible, ou d’une extrême dangerosité.
– En conséquence de quoi, EELV PACA demande à ce que la France se mobilise pour que l’espèce canis lupus soit sortie du statut d’espèce strictement protégée, que ce soit dans la directive habitat ou dans la convention de Berne, de façon à ce que les individus ou les meutes les plus meurtriers, soient éliminées dès qu’ils sont en situation d’approche, et non plus seulement dans un cadre dérogatoire, comme c’est le cas aujourd’hui. Pour rappel, la convention de Berne comporte 4 annexes listant le degré de protection des espèces (faune ou flore). Il s’agit donc de se mobiliser pour que le loup soit inscrit à l’annexe III (espèces de faune protégées), et non plus à l’annexe II (espèces de faune strictement protégées)
– Cette mission de régulation de la population des loups ne peut être confiée qu’à un corps de louveterie (ONCFS) spécialement formé à cet effet, ayant acquis des compétences qui font aujourd’hui cruellement défaut en France en matière de comportement du loup. Ce corps devra être entrainé aux différentes
techniques de repérage et de piégeage qui existent aujourd’hui au niveau international, dans tous les grands pays qui ont choisi de conserver une population de loups, tout en se donnant les moyens de réguler leur population en fonction des dégâts commis.

Signataires :
Denis Carel (GL Brignoles), Lionel Martin (GL Comtat Venaissin 84), Pascal Noël (GL Brignoles), Denise Reverdito (GL La Seyne), Elisabeth Roux (GL La Ciotat), Michel Passebois (GL Brignoles), Philippe Bregliano (GL Brignoles), Jean Noël Montagné (NICE), Jacques Perez (GL NICE), Elise BELTRAME (GL LA SEYNE
SUR MER), Bernard Leterrier (Maire de GUILLESTRE), Pierre GAUGAIN (Coopérateur GL BRIGNOLES).

Liberté et libéralisme, que de crimes en vos noms !

Une société démocratique, un état de droit se fondent d’abord sur le respect de la liberté pour chaque individu de vivre selon sa conscience, d’agir selon ses mœurs, d’exprimer sa pensée, de manifester ses convictions et ce sans autre limite que celles tenant au respect de la liberté d’autrui et à la prévalence de la vie.
Ces évidences ne devraient plus être énoncées.
Leur rappel s’impose en ces temps d’incertitudes où nombre de discoureurs s’égarent.
Il faut se réjouir des conquêtes politiques de nos devanciers qui arrachèrent aux pouvoirs la garantie de cette chère liberté sans laquelle n’existent ni épanouissement, ni dignité.
Oui, réjouissons-nous du chemin parcouru, ici en Occident, où émergea la noble idée des Droits de l’homme. Et déplorons que trop de peuples croupissent encore sous le joug de dictateurs et dans les brumes ténébreuses des religions, dont certains voudraient interdire la critique en confondant la réfutation d’une doctrine, parfaitement légitime et un quelconque racisme, toujours blâmable.
Songeons que ces conquêtes sont fragiles et que l’œuvre n’est nullement parachevée.
L’Europe est démocratique, possède des constitutions, des tribunaux souverains, une presse partiellement pluraliste.
Bien que trop d’Européens l’oublient, elle est la région du monde privilégiée avec ses écoles, ses hôpitaux, ses conventions et chartes garantissant les droits de la personne.
Hélas, ici et maintenant demeurent des féodalités, des lobbies, des préjugés qui font que tous les citoyens ne sont pas traités de la même manière.
Ainsi, à titre de simple illustration de cette imperfection de l’état de droit, en France, mentionnons que la liberté de manifester n’est pas la même pour les militants écologistes, les opposants à la torture tauromachique, les « gauchistes », les militants nationalistes, volontiers déférés devant les tribunaux pour défaut de déclaration préalable de leurs démonstrations publiques, parfois lourdement condamnés par les chambres correctionnelles, et les agriculteurs, libres d’organiser des rassemblements nullement déclarés, jamais inquiétés en pareille occurrence.
Autre exemple la liberté d’expression, impliquant celle de diffusion de la pensée, est à géométrie très variable du fait que certains partis dits « de gouvernement » monopolisent les médias, cependant que les contestataires ne trouvent que sur internet l’occasion de dénoncer la paresse intellectuelle des penseurs patentés, ce qui vaut d’ailleurs aux « réseaux sociaux » la hargne de ces officiels de la parole publique, dérangés dans leurs monologues.
Certes, des propos farfelus, délirants, complotistes, irrationnels trouvent sur la « toile » un terreau fertile et un public bon enfant, crédule à souhait.
Mais mieux vaut l’inconvénient de devoir trier, réfléchir, confronter les opinions que subir la censure insidieuse des médias sous contrôle.
Nombre de citoyens et même de commentateurs déplorent l’absence de renouvellement de la classe politique Française.
Les officines de propagande ressortent les mêmes personnages, sur la scène publique depuis trente ou quarante ans, feignant d’en faire des hommes nouveaux, alors qu’ils étaient déjà là au temps de REAGAN et de l’Union Soviétique.
La presse construit des personnalités politiques qu’elle met à la mode, en relatant et en les valorisant leurs moindres faits et gestes.
Il en est ainsi, ces jours-ci, de l’actuel ministre de l’économie, « de gauche », mais adorateur des entreprises privées, candidat idéal pour le microcosme médiatique.
En revanche, ceux qui apportent des idées novatrices, vivifiantes, dérangeantes subissent l’ostracisme des faiseurs d’opinion.
Liberté chérie, tu as encore bien besoin de défenseurs vigilants !
Ce d’autant que les pervers qui maltraitent la nature, pillent les ressources, saccages les sites, polluent les sols, l’air et les eaux, flexibilisent les humains, rabaissent les animaux au rang de choses, volent aussi les mots pour mieux subjuguer les peuples.
Ils invoquent le « libéralisme ».
Or, de quelle liberté s’agit-il ?
Rien à voir avec la liberté de pensée, de mode de vie, de manifestation des convictions.
Leur liberté n’est que celle d’entreprendre, c’est-à-dire d’exploiter, de détruire la biosphère pour assouvir leur appétit de profits.
Pour eux l’Europe, les USA, le Japon pratiquent le libéralisme.
Pas suffisamment, bien sûr, puisque les réfractaires aux réformes maintiennent d’horribles droits sociaux et des normes environnementales, de funestes principes de précaution, autant d’entraves à la liberté d’entreprendre.
Dans leur acception, le Chili de PINOCHET, la Grèce des colonels des années 1970 et même les régimes fascistes du siècle passé étaient « libéraux », dès lors qu’ils préservaient, souvent plus et mieux que les démocraties, la liberté d’entreprendre, de s’enrichir, de constituer des trusts puissants.
La liberté d’entreprendre, en considération de ses incidences sur la nature, la santé publique, les droits des tiers, l’intérêt général doit être encadrée pour empêcher les prévaricateurs insatiables de nuire.
A défaut, les exploiteurs réduiraient leurs semblables en servage, empoisonneraient le cadre de vie, dévasteraient les espaces naturels, asserviraient tout à leur boulimie de gains.
Ne confondons pas le libéralisme politique, une vertu, avec le libéralisme économique, déchaînement des passions cupides.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Démocratie directe ou représentative

S’obstinant à édifier, au profit de la société VINCI, l’aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, le pouvoir exécutif, ami de la finance qui possède des noms, des visages et qui fait les élections, envisage d’interroger la population, par référendum local.
Les électeurs de LOIRE ATLANTIQUE décideront peut-être, dans les mois à venir, du sort d’un site naturel en optant « pour » ou « contre » l’aéroport de la discorde.
Qui pourrait réfuter le procédé ?
En démocratie, tout pouvoir émane du peuple et le peuple n’est ni la communauté des dominés, ni celle des dominants. Le peuple est tout le monde, du moins la collectivité des électeurs, à un moment donné et dans une circonscription donnée.
Or, une collectivité d’humains fluctue avec le temps, dans sa composition et dans ses opinions.
Faut-il détruire la nature et bétonner des milliers d’hectares à NOTRE DAME DES LANDES ?
Si le peuple avait été consulté en 1974, à la naissance du projet, ne doutons pas que plus de 90% des citoyens auraient préféré les avions aux amphibiens.
Il me paraît probable que dans trente ans, 90% des citoyens de demain, rejetteraient cette lourde infrastructure, fruit d’un mode de « développement » contraire à l’intérêt général de la préservation de la biodiversité, de la qualité de la vie, de la sauvegarde de l’atmosphère.
Nous sommes en 2016, époque non pas de transition, mais de mutation.
Façonnés par des médias sous contrôle de la finance, par des élus majoritairement issus de partis archaïques, les contemporains risquent fort de faire le « mauvais choix », au nom de la croissance, du développement, de l’emploi, de la mobilité, de tous ces éléments de langage dont se pare l’imposture des bétonneurs et empoisonneurs.
La démocratie directe permit toutes les dérives autoritaires du siècle passé : HITLER, STALINE, MAO en appelaient au « peuple », subjuguant les masses, soulevant les foules, recourant à la voie plébiscitaire pour avaliser leurs dictatures.
Les politologues parlent de « césarisme démocratique », lorsque le peuple et le guide fusionnent dans une adhésion ardente, dans un élan d’enthousiasme, abolissant l’esprit critique.
Toutefois, ce qui est problématique dans le « césarisme démocratique » n’est pas le « démocratique », mais le « césarisme ».
La démocratie directe comporte un versant autoritaire, démagogique, dangereux pour les droits des minorités.
La démocratie représentative, préférée par les corps intermédiaires, comporte le risque d’une fracture entre les « professionnels de la politique » et les citoyens, ces professionnels cessant d’être une véritable élite et devenant une oligarchie.
L’élection ne prémunit nullement contre les choix désastreux, nocifs pour les peuples et pour la biosphère.
Quelle affliction devant les succès électoraux de partis islamistes dans des pays Arabes, de Donald TRUMP aux primaires républicaines des USA, de partis nationalistes et religieux en Israel, d’un Laurent WAUQUIEZ en région Auvergne Rhône Alpes !
En choisissant le fanatisme, l’obscurantisme, la haine, la violence, la soumission aux injonctions des intérêts privés contre l’intérêt général, en optant pour la guerre, les traditions, le repli communautariste, la destruction de la nature, les peuples, très démocratiquement, préparent leurs malheurs.
Seraient-ils frappés de sadomasochisme ?
Ils semblent préférer ceux qui leur promettent, hier du sang et des larmes, aujourd’hui des sacrifices, des efforts, de la concurrence féroce .
Bien sûr, les citoyens apprécient les leaders qui se proposent de frapper l’autre, le voisin.
La conduite de la chose publique est complexe, exige connaissances et réflexions.
Elle s’accommode mal des emportements, de la cupidité et si les bons sentiments ne suffisent pas à faire une bonne politique, il est acquis que les mauvais conduiront toujours à d’insondables désastres.
Par la propagande flamboyante des totalitarismes d’antan, esthétisant la politique, et la propagande, aujourd’hui, d’acculturation des acheteurs de « temps de cerveaux disponibles », il est aisé d’égarer ou d’anesthésier les consciences et la raison d’un peuple.
Pour répondre à ses objectifs, la démocratie doit rencontrer des citoyens éclairés, informés, libres de leurs choix à l’issue d’une loyale connaissance des faits.
Tout journaliste devrait s’inspirer du « Choses vues » de Victor HUGO.
Or, ici et maintenant, une manifestation de cinquante personnes « Pour » ou « contre » l’islam ou les migrants, sujets obsessionnels dans certains milieux intellectuels, fera l’objet de titres et longs commentaires dans la presse formatée.
La manifestation de six cents personnes contre la chasse, de trois mille en faveur du loup seront censurées.
Les journalistes, en privilégiant l’information, déforment les faits et alimentent les débats malsains.
Faute d’une information équilibrée, loyale, ouverte, la démocratie directe ou représentative restera imparfaite, altérée, orientée.
Des faits sont exploités et d’autres occultés.
Des débats, des chocs de civilisations sont exacerbés, y compris par ceux qui ont la haine d’eux-mêmes. D’autres enjeux sont tus.
Néanmoins, nous n’avons rien trouvé de mieux que la démocratie et il convient d’en analyser les ressorts pour pallier aux inconvénients du système.
Sans entrer dans les détails, il m’apparaît pour le moins regrettable que des rois du béton et des travaux publics puissent s’offrir des organes de presse audio-visuelle ou écrite.
Ils ont trop d’intérêts, en promiscuité avec la puissance publique pour, sans grand risque pour la démocratie, acquérir les moyens de contrôler l’opinion et de faire les élections.
Il conviendrait, en outre, de prévenir les conflits d’intérêts en soumettant les engagements de fonds publics au profit de groupes privés à un strict contrôle juridictionnel assorti de sanction rigoureuse à l’encontre des élus utilisant leurs fonctions pour détourner des fonds à l’occasion de marchés publics.
Renforcer le pouvoir de la cour des comptes, établir un lien entre cet organe de contrôle et l’institution judiciaire pour assainir la politique, en écartant de manière définitive, les décideurs coupables de délits en relation avec les fonctions électives.
Il y aurait ainsi protection des deniers publics et abandon de beaucoup de ces projets dispendieux, calamiteux pour la nature.
Lutte contre la corruption et écologie y trouveraient leur compte.

Gérard CHAROLLOIS

Demain, une nouvelle force écologiste

Une loi relative à la biodiversité vient en discussion devant le parlement Français.
Certains députés écologistes, en particulier Laurence ABEILLE, introduisirent des avancées concrètes dans un texte à « onction épiscopale », à l’instar de toutes les lois vertueuses adoptées par des politiciens aux ordres des mafias affairistes et des lobbies de l’arriération.
Ainsi, le texte voté en première lecture par l’assemblée nationale prévoyait l’interdiction de chasser les mammifères durant leur période de reproduction, ce qui épargnait les blaireaux au printemps et prohibait l’emploi de gluaux pour capturer les passereaux, pratique usitée par quelques centaines de tueurs en PROVENCE.
Le sénat, chambre réactionnaire, supprima à l’instigation des chasseurs ces dispositions concrètes.
Le texte revenu, en seconde lecture devant l’assemblée nationale, a été examiné par la commission du « développement durable ».
Les deux dispositions favorables à la préservation de la faune n’ont pas été réintroduites par cette commission.
Le gouvernement a soutenu les archaïsmes antinatures des chasseurs.
Or, il était représenté par une ex-députée verte, démissionnaire du parti, qui s’était déjà illustrée par sa pusillanimité lors d’un débat radiodiffusé opposant notre administrateur Martial MOUQUERON au lobbiyste des chasseurs et des armuriers.
Deux conclusions s’imposent :
—- En premier lieu, la classe politique, jouet des groupes de pressions malfaisants, ne représente pas les citoyens dans leurs aspirations, puisque l’immense majorité de nos contemporains récusent le grand massacre de la faune.
Cela, nous ne le savons que trop et les illustrations de cette déchéance éthique des hommes d’appareils des partis politiques explique et justifie le mépris dans lequel nous les tenons.
Ils insultent ceux qu’ils prétendent représenter, en les abaissant au rang de mangeurs de petits oiseaux et de tortionnaires d’animaux.
Nous leur retournons leur insulte.
—- Le second enseignement tient à la dérive du parti écologiste, né dans les années 1980 des associations de protection de la nature, progressivement gangréné par des arrivistes totalement étrangers à l’éthique du respect du vivant et de l’amour de la nature.
La ruine actuelle de l’écologie politique nous appelle à reconstruire une force claire, loyale, cohérente, ouverte et accueillante mais porteuses de valeurs élevées.
Le 8 octobre prochain, à PARIS, nous appelons tous les animalistes, les écologistes, les naturalistes à refonder une écologie politique pour laquelle la mort d’un être vivant ne saurait être un loisir ou un spectacle.
L’heure est à l’union, à la refondation, au rassemblement, par-delà les nuances et la richesse des diversités de tous ceux qui veulent proclamer le vivant à l’ordre du jour.

Gérard CHAROLLOIS

Travailler moins, pour travailler tous

Les économistes et les petits personnages politiques ne diffèrent guère de ces victimes de la mode, servilement soumises aux caprices des vents qui passent.
Le marxisme eut ses adeptes, naguère, omniprésents dans l’université, récitant les dogmes de l’économie infrastructure dont dépendait tout le reste, avec ses plans, son étatisation, phase devant conduire au dépérissement de l’Etat et à l’âge d’or des hommes nouveaux.
Après une domination de la vie intellectuelle, jusqu’aux années 1980, le marxisme n’est plus de saison.
De nos jours, voici les élucubrations d’une autre secte, celle des adorateurs de l’entreprise privée. Ils veulent flexibiliser l’humain pour l’adapter aux exigences du profit, le formater pour le bon fonctionnement de l’entreprise, seule pourvoyeuse d’emplois et de progrès pour ces récitants.
Ils sont obsédés par la déréglementation, l’aspiration à une société marchande vouée au productivisme, à l’invitation à devenir riche, mythe soporifique pour les peuples.
Leur ennemi est le salarié, toujours paresseux, privilégié, risquophobe et, horreur suprême, le salarié du secteur public avec son revenu garanti de 1400 Euros par mois.
Il se trouve même une prétendue « gauche », pour célébrer cette religion abrutissante comme toutes les autres lorsqu’elles prétendent substituer, au doute salutaire, des certitudes révélées.
Rappelons un fait qui vaut un commentaire : la raison d’être d’une entreprise privée n’est ni la création de richesses, ni la distribution d’emplois, mais uniquement la quête de profits.
Si le profit passe par la réalisation de richesses et d’emplois, l’entreprise en fournira à la société, mais si son profit exige des suppressions d’emplois, des pollutions, des pillages de ressources naturelles, des saccages de sites, des nuisances sonores, des sacrifices du bien public, elle recourra à ces exactions pour survivre, car son fondement, la condition même de son existence, tiennent à l’obtention d’un profit.
Dès lors, les officines et les syndicats patronaux, les chambres de commerce et d’industrie oeuvrent systématiquement contre l’intérêt social et écologique, pour la réduction des droits des salariés, pour le grand déménagement de la nature, pour les lourdes infrastructures, occasions de captation d’argent public.
Faut-il supprimer l’entreprise privée ?
Nullement, car l’animal humain, par nature cupide, travaillera toujours davantage pour son petit profit que pour le bien commun, qu’il soit celui de sa patrie, de son parti, de sa communauté.
La liberté d’entreprendre stimule l’innovation, la découverte, l’engagement individuel dans une tâche lucrative pour la personne.
Cette considération, navrante pour l’animal humain, m’amenait dans les années 1970 à annoncer la victoire inéluctable de la société dite « libérale », sur son antagoniste, la société soviétique.
Pour ces humains, intoxiqués par la culture des affaires, la meilleure cause est la leur.
Le moteur de l’engagement demeure, pour beaucoup, l’intérêt égoïste.
Pas très reluisant, mais l’animal est ainsi fait.
La supériorité cognitive, l’esprit de lucre et le goût de la violence guerrière sont les propres de l’homme.
Reste qu’il convient de limiter cette aspiration à la domination, à l’exploitation, à l’écrasement d’autrui, à la négation des droits des plus faibles et de la nature.
L’économie doit être mixte, avec un secteur public fort, avec des lois qui protègent et encadrent.
Les promoteurs, dépourvus de conscience, détruisent volontiers la nature, si cela leur rapporte de l’argent.
Ils bétonnent, répandent des pesticides, artificialisent l’espace, chosifient les animaux, ploient les autres hommes pour servir leurs entreprises privées (de scrupule).
Aujourd’hui, le dogme du « libéralisme économique » conditionnent les cerveaux disponibles et annonce les catastrophes sociales et écologiques.
Nous vivons une mutation sans précédent consécutive à la robotique, l’informatique, la dématérialisation des tâches, la numérisation,.
Des pans entiers de l’ancienne économie disparaissent et la révolution technologique amorcée supprimera bien davantage d’emplois qu’elle n’en créera de nouveaux.
Le travail va se raréfier, surtout pour les missions les moins qualifiées et les plus répétitives.
Au nom de l’épanouissement des individus, de leur santé, naguère compromise par des tâches dangereuses et malsaines, il convient de se réjouir.
Les prêtres du libéralisme, bonimenteurs au service de leurs commettants, osent prôner « un travailler plus pour gagner plus », alors que cette injonction va à l’encontre des faits.
Inversement, il convient de répartir plus équitablement un travail devenu moins nécessaire pour produire massivement, sans beaucoup de personnels, des biens et des services qui exigeaient du temps et des peines avant l’ère robotique.
Ce n’est pas qu’en agriculture que la surproduction sévit.
Dans tous les secteurs, le défi est d’écouler des productions, d’abaisser les coûts pour vendre.
Avec quelques iconoclastes, fantômes des médias formatés, je préconise, à l’inverse des imprécations des agents des milieux d’affaires, la semaine de 32 heures, le développement des services publics, la revalorisation du point d’indice des salariés de ces secteurs, la sécurisation par la collectivité du parcours professionnel des salariés du secteur privé.
Je désapprouve globalement les orientations des politiques économiques menées par la « gauche libérale » et, bien évidemment, plus encore, les outrances antisociales de la droite de l’argent.
Partout sur Terre, les firmes, les multinationales, empires financiers plus puissants que les Etats, dévastent, empoisonnent, déforestent, édifient des usines à viande, promeuvent de grands travaux, captent de l’argent public, corrompent les élus grands et petits, et avec ces crimes contre nature, condamnent les hommes à devenir sans emploi ou travailleurs pauvres.
On ne peut pas demander au libéralisme économique de garantir l’intérêt général, de sauvegarder la nature, d’améliorer la condition de vie des gens qui n’appartiennent pas au cercle des grands entrepreneurs, puisque la finalité de ce système n’est pas le vivant, mais le profit.
Derrière l’aéroport de NANTES, les routes et autoroutes, les grands travaux, l’agrochimie, se trouve la main invisible et bien sale du Marché.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE