OGM, gaz de schiste et croissance

Vous lirez, sous des plumes niaises ou plus souvent malveillantes, cette critique de l’écologisme :
« nostalgiques d’un âge d’or révolu, ennemis de la société et de la raison, petits bras et grandes gueules, les écologistes refusent le progrès, cultivent la peur, prônent un néo-obscurantisme hostile aux Lumières ».
Notre contempteur, indigné que l’on puisse contester les pesticides, les OGM, les gaz de schiste, la croissance démographique et celle corrélative du béton et du bitume, des ronds-points et des super-marchés, des zones industrielles et des lotissements, des autoroutes et des aéroports, « hauts-lieux du bonheur et de l’épanouissement humain », caricaturera une éthique qui le dépasse.
Comment ne pas être confondu par une telle indigence intellectuelle de la part de ces commentateurs, zélés adorateurs des firmes agro-chimiques et de tous les lobbies de l’industrie et des affaires.
Certes, il existe sans doute des écologistes réactionnaires s’imaginant un passé idyllique et frileux devant les connaissances, la science, le déchiffrage du grand livre du monde, des écologistes crédules et superstitieux, à l’esprit antiscientifique et magique, mais l’écologie n’a nullement le monopole des survivances du Moyen-âge.
Ces billevesées ont cours dans bien des milieux et tous les humains ne marchent pas à la même vitesse.
Réduire la pensée écologiste à une crise de la raison relève d’une affligeante mauvaise foi.
Ainsi que je l’expose régulièrement, le problème n’est jamais celui d’une connaissance et d’une maîtrise, mais uniquement de l’usage qu’en font les hommes.
Si le travail de la génomique permet de faire reculer la souffrance et la mort, il porte un vrai progrès que l’on doit saluer.
En revanche, si une firme, non parce qu’elle est une firme, mais parce qu’elle est dépourvue de scrupule pour s’enrichir, modifie le génome d’une plante pour en accroître la tolérance à un herbicide ou pour lui permettre de sécréter un insecticide, l’innovation devient condamnable.
Pourquoi ?
Parce qu’il faut non seulement pour les poètes qui ont si souvent raison, mais au nom d’une éthique fondamentale, des bleuets et des coquelicots dans les champs de blé, des papillons sur les luzernes, des oiseaux dans les haies et des loups dans les forêts.
La science, le progrès, la croissance qualitative pour la vie n’ont rien d’incompatible avec une réconciliation hommes/nature.
Guérir une maladie par la connaissance de ses mécanismes et par la maîtrise d’une thérapeutique, fruit d’une recherche, représente un bien absolu.
Artificialiser l’espace au point d’en éliminer toutes les formes de vies non rentables est un crime contre le vivant.
Vive le savoir qui libère des peurs et des tourments !
Non à l’usage de la raison et de la science pour tuer, polluer, exploiter, appauvrir, enlaidir, accroître la souffrance des êtres vivants !
La biologie moléculaire, la paléontologie, l’astrophysique, loin d’agresser la vie en révèlent l’unité et la vulnérabilité, démontrant des faits justifiant l’amour du vivant et le combat contre l’aseptisation de la planète, la destruction des espèces.
L’écologie n’est pas un obscurantisme irrationnel, une peur farfelue, une fuite dans des approches dignes de sectes d’illuminés.
L’écologie appréhende, par la raison, des phénomènes sociaux, biologiques, éthologiques, sanitaires.
L’humain peut satisfaire, très légitimement, ses aspirations au confort, à l’aisance, à la jouissance de la vie, tout en nourrissant un amour respectueux de la biodiversité.
Bien évidemment, une croissance qualitative est incompatible avec une croissance démographique infinie, nécessairement consommatrice d’espaces et de ressources.
Un choix de société s’impose entre une course à l’abîme vers une croissance quantitative illimitée dans un monde fini et une pacification des relations de l’homme avec les autres formes de vies.
Nous ne refusons pas les OGM, les gaz de schistes et autres « délices » proposés par les «aménageurs », par refus du progrès, mais parce que nous sommes favorables à un vrai progrès, Celui passant par l’arrêt du grand massacre de la nature.
Car, ne nous laissons pas abuser.
Les tenants de la croissance quantitative ne connaissent pas de bornes à leur boulimie. Ils bétonneraient la terre entière au nom de « l’emploi », du « désenclavement », de l’urbanisation et de « l’immense avantage qui consiste pour tout Français à visiter la muraille de Chine et pour tout Chinois d’arpenter les rues de PARIS ».
Pour les agents du marché, refuser le grand aéroport de NANTES, c’est ignorer le bénéfice « des échanges mondiaux et priver la jeunesse de grands voyages qui la forment », en compromettant la viabilité de la terre.
Les agents du Marché nient les agressions qu’une humanité, sans doute déjà trop nombreuse, inflige à la biosphère.
Le passé : un âge d’or ?
En février 1916, chaque jour mouraient quinze mille jeunes Français et autant de jeunes Allemands dans une effroyable guerre civile Européenne.
Il y a un siècle et jusqu’aux conquêtes récentes de la médecine, des filles et garçons de vingt ans disparaissaient emportés par la phtysie, la typhoïde, la diphtérie.
Autrefois, les hommes tremblaient devant les forces obscures du ciel et de la terre, souffraient des guerres, des épidémies, des famines, de l’arbitraire des puissants.
Non, le passé n’a jamais été un âge d’or.
Mais ce fait indéniable interdirait-il de dénoncer les tares et agressions de notre temps ?
On le croirait à lire les élucubrations de nos détracteurs qui ne veulent pas entendre que les hommes d’aujourd’hui vivent dans des mégapoles dénaturées, sans connaître les étoiles parce qu’ils ont tué la nuit, sans goûter aux chants des oiseaux, à la pureté des ruisseaux, sans bénéficier de campagnes viables non encore empoisonnées par une agrochimie biocide.
Pour les agents du Marché, vous êtes sommés d’être, soient des nostalgiques,passéistes et ignorants de la cruauté des temps anciens, soient des résignés aux méfaits de notre époque.
Dénoncer les méfaits du présent n’implique nullement le regret de la disparition de ceux du passé.
Ni nostalgie, ni résignation, oeuvrons à l’avènement d’un rapport nouveau au vivant.
Le progrès permit de vaincre bien des maux sanitaires et politiques. Nous le devons à des hommes de mieux qui, en leur temps, contre les conformistes, luttèrent contre ceux qui trouvaient que tout devait continuer indéfiniment.
Les écologistes ne sont pas les ennemis des hommes des Lumières.
Ils en sont les continuateurs et dénoncent les tares du présent comme ces glorieux prédécesseurs affrontèrent les conservateurs de leur temps.
Le Mal ne réside ni dans l’être, ni dans l’avoir, mais dans le faire.
Or, l’homme moderne fait mal à la vie.
Il lui fait de plus en plus mal, puisqu’il accroît les moyens de sa nuisance, sans élever sa compassion dans la même proportion.

Gérard CHAROLLOIS

Rendez-vous à BORDEAUX, le dimanche 28 février à partir de 15 heures

Rendez-vous à BORDEAUX, le dimanche 28 février à partir de 15 heures, à l’UTOPIA, 5 place Camille JULLIAN.
A l’invitation de nos amis animalistes, je participerai à une conférence-débat portant sur politique et défense de l’animal, dans la perspective des échéances électorales prochaines et en présence d’une refonte nécessaire de l’écologie politique.
J’exposerai ma conception d’un vaste rassemblement n’excluant que ceux qui ne souhaitent pas œuvrer pour la sauvegarde de la nature, le changement du rapport à l’animal, la défense de la prévalence du vivant sur le règne funeste de l’économie.
A l’heure où l’écologie politique, victime de l’entrisme d’individus totalement hermétiques à nos valeurs, doit être reconstruite, il faut unir les forces qui veulent en finir avec la tyrannie des lobbies de la chasse, de la tauromachie, des aménageurs, bétonneurs, pollueurs.
Mettons le vivant à l’ordre du jour.
Amis écologistes, naturalistes, animalistes d’Aquitaine, merci de vous joindre à nous.

Gérard CHAROLLOIS

Convictions et responsabilités

En 1914, Charles PEGUY écrivait que la politique était une dégradation de la mystique. Un siècle plus tard, elle devient une dégradation de la conviction et de l’éthique.
En 2012, les Français crurent élire un président socialiste. Il n’instaura pas le socialisme, n’effectua aucune rupture salutaire et définitive avec une société de dévastation et, cédant à la religion de l’entreprise privée et de la concurrence, ne sauva rien de la pensée qu’il prétendait assumer.
En ce mois de février, la presse mentionne que trois « écologistes » entrent au gouvernement. Or, ces personnes n’ont jamais exprimé la moindre conviction écologiste et n’ont aucune volonté de sauver la nature, de changer le rapport de l’humain à l’animal, fondements éthiques de l’écologie.
A droite, des comédiens plus ou moins talentueux se drapent du titre de « républicains », alors que leur obsession est de célébrer le culte de l’entreprise privée et des forces d’argent.
Ainsi, sur l’échiquier politique, de petits personnages illusionnistes portent des masques trompeurs ne dissimulant que de médiocres ambitions et la soumission à des intérêts catégoriels confinant à des dérives mafieuses.
Chez ces petits personnages, les modes et le rapport des forces prévalent sur des convictions dont ils sont dépourvus.
Ils recherchent pitoyablement les apparences du pouvoir, les titres, les conforts de fonctions que leur pusillanimité leur interdit d’exercer pleinement.
Ils sont vains.
Aux alentours des années 1960, la droite au pouvoir, complexée par ses collusions idéologiques et de personnes avec les fascismes durant la guerre, n’assumait pas être de droite, faisait une politique de gauche, c’est-à-dire prônait des réformes qui étaient des avancées pour les droits sociaux, un progrès pour le niveau de vie des salariés, un mieux vivre pour les gens modestes.
En ce temps-là, le communisme, les masses laborieuses et dangereuses faisaient peur aux dirigeants, condamnés à une certaine vertu, pour mieux combattre le système économique ennemi. Le rapport des forces était favorable aux salariés.
Aujourd’hui, inversement, la gauche fait une politique de droite et le mot réforme est devenu synonyme de flexibilité, de soumission à la loi du profit. Le rapport des forces, du fait de la mondialisation de l’économie, s’est modifié en faveur de l’argent qui, ne redoutant plus un contre-modèle, s’adonne avec morgue à l’écrasement des plus faibles et à la dévastation de la nature.
Les milieux d’affaires, les investisseurs imposent leurs exigences à des populations morcelées, sans la cohésion des anciennes structures sociales, fortes de leur homogénéité, que représentaient les mineurs, sidérurgistes, cheminots de naguère.
L’heure n’est plus au progrès social et toute annonce de changement va dans le sens de l’intérêt des entrepreneurs, au détriment des salariés.
Ce qui est le plus choquant est l’absence d’honnêteté des politiques qui, libres de leurs choix, ne les assument pas clairement devant les citoyens.
Ils feignent de ne pas avoir opté pour une société féroce, déprédatrice, vouée à l’exploitation frénétique.
Ils n’avouent pas que la concurrence débridée emportera tout : les droits sociaux et les normes de protection de la nature.
En effet, la concurrence exige que le profit soit l’horizon indépassable, l’ogre qui dévorera les hommes, les animaux, l’espace naturel.
Honte à ces femmes et hommes politiques, semeurs de béton, de grands aéroports, qui dissimulent les conséquences de choix contraires à leurs vertueuses déclarations en faveur du climat, de la biodiversité, de la qualité de la vie, d’un humanisme généreux et éclairé.
En vérité, leurs décisions sont imposées par un système économique qu’ils servent faute d’oser le combattre.
Ils subissent et accompagnent bien davantage qu’ils ne les souhaitent les avilissements et dévastations générées par le libéralisme économique.
Il faut radicalement réformer le fait politique pour restituer à la fonction un regain de dignité.
Les citoyens sont en droit d’attendre que les socialistes soient socialistes, les écologistes écologistes, les agents du Marché syndics du patronat, et qu’ainsi l’étiquette corresponde au contenu.
Aussi longtemps que les politiques seront des bonimenteurs animés d’ambitions personnelles, ils recueilleront le mépris, bien mérité, de leurs concitoyens.
Dire qu’il y a encore des niais pour s’imaginer que devenir ministres les honore !
Ce qui honore, c’est de servir une cause dans la clarté, l’honnêteté, l’ardeur d’une conviction.
C’est assumer les responsabilités que l’on prétend être en mesure de soutenir contre le totalitarisme du monde de l’argent, en passe de cancériser la terre par ses infrastructures, sa croissance purement spéculative, sa négation du droit à survivre de la nature.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Violence d’État

A POITIERS, une militante de la LPO âgée de 72 ans a été interpelée brutalement, traînée au sol, molestée par des fonctionnaires de police, parce qu’elle manifestait contre l’abattage de 150 arbres, par décision municipale.
L’an passé, cette commune avait déjà massacré 140 arbres, dans le même secteur.
La « dangereuse » délinquante aurait provoqué la chute d’une barrière entourant le chantier d’abattage des arbres, ces témoins vénérables qui, dans les villes hostiles, rappellent à ceux qui en sont dignes que la nature existe encore.
Ces brutalités policières s’inscrivent dans une trop longue série de violation de l’article Premier de la déclaration des droits de l’homme, socle juridique et moral d’une société de droit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».
S’il en était ainsi, les pacifiques manifestants écologistes contre la torture des taureaux, la chasse à courre, les massacres d’arbres, les grands travaux inutiles devraient échapper aux violences de la puissance publique, dès lors qu’ils n’agressent personne, n’incendient aucun édifice public, ne souillent aucune préfecture, n’isolent pas des communes entières par des barrages de pneus enflammés.
Or, ces manifestants non-violents, poursuivant des buts d’intérêt général et nullement égoïstes, sont systématiquement matraqués, arrêtés, voire déférés devant les tribunaux, au besoin sous l’infraction désuète de participation à une manifestation non déclarée.
Dans le même temps, des agriculteurs et assimilés peuvent, en toute impunité, bloquer durant des journées entières les routes, dégrader des biens.
Il est légitime que des citoyens défendent leurs droits sociaux, contestent la société mercantile, fassent entendre leurs revendications.
Des agriculteurs, victimes du productivisme et de la massification spéculative, du moins-disant social et environnemental, du culte de la concurrence mondialisée, doivent pouvoir s’exprimer et alerter l’opinion sur leurs détresses.
Le scandale naît des différences criantes de traitement, par la puissance publique, des citoyens selon leurs appartenances sociales et orientations idéologiques.
Certains sont stigmatisés, verbalisés, stipendiés par les politiques et certains organes de presse sous contrôle, alors que d’autres, infiniment plus violents, bénéficient de la lâche complaisance des autorités.
Un leader de la droite de l’argent, avouant implicitement la collusion avec les intérêts très privés, proclamait que les RÉPUBLICAINS Français, à l’instar de leurs homologues États-Uniens, étaient le parti des gaz de schistes et des aménageurs.
Pas besoin de changements d’écuries électorales, les ennemis de la terre, les chasseurs, les pollueurs, les coupeurs d’arbres, les bétonneurs règnent sans partage.
Malheur à ceux qui osent contrarier l’immense œuvre de destruction du vivant !
Après deux inspecteurs du travail assassinés par un exploitant agricole dans la région de BERGERAC, une jeune femme, technicienne agricole, a été jetée dans un étang par un producteur laitier, elle y a trouvé la mort, ce jour, dans l’AVEYRON.
Fait divers, sans doute, qui n’engage que la responsabilité juridique et morale des assassins impliqués et non une profession.
Néanmoins, n’en déplaise aux professionnels du relativisme béat, de Cosimo LIPARTITI, assassiné par un chasseur parce qu’il refusait la chasse, à Rémi FRAISSE, mort pour défendre un site botanique, les victimes sont toujours du même côté et la violence brutale, débile, arrogante est toujours de l’autre.
Allons, il faut le taire, pour ne pas « stigmatiser », comme aiment à le dire les planqués derrière les paravents du conformisme.
Nous vivons une époque de lâcheté, de complicité avec ceux qui font peur.
Alors, l’État impartial, le respect de l’égalité devant la loi, c’est pour bientôt ?

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Antispécisme et biocentrisme

Les médiocres carriéristes polluant les partis politiques ont détérioré l’éthique écologiste en la dévoyant, en niant ses fondements.
Or, l’écologie n’est pas une peur de la science, un refus du vrai progrès, une contestation puérile de la société.
L’écologie est une déclaration d’amour à la nature, au vivant, aux êtres sensibles, à la biodiversité.
Avoir peur de la science et du progrès reviendrait à avoir peur du feu, de l’électricité, du marteau, de la brouette, de l’aspirine.
Une connaissance, un savoir, une technique peuvent être excellents, s’ils font reculer la souffrance et la mort ou détestables s’ils servent la destruction, le profit, la servitude.
Avec le feu, on chauffe la maison ou on érige un bûcher.
Avec un outil, on construit une œuvre opportune ou on tue.
Avec la génétique, on guérira des maladies ou on permettra à des firmes cupides de disséminer des poisons.
La science qui éclaire peut être la meilleure des choses, si l’homme use de sa maîtrise pour célébrer le vivant ou la pire s’il cède à ses pulsions thanatophiles.
Dès lors, les contempteurs de l’écologie la confinent intentionnellement, pour anéantir sa dimension novatrice, dans un irrationnel enfantin et irresponsable, alors qu’elle est autre chose.
Le socle éthique tient à ceci :
L’humanité doit cesser de détruire la nature, de maltraiter l’animal, de vénérer des valeurs au-dessus de la valeur première de la vie.
En cela, je distingue une mauvaise « croissance quantitative », chère aux spéculateurs, aux exploiteurs et une croissance qualitative désirable parce que luttant contre la maladie et la mort.
Penser notre rapport aux vivants représente le grand défi philosophique et politique de notre temps.
Pendant longtemps, nos ancêtres n’éprouvaient de solidarité qu’à l’égard des membres de leurs clans, de leurs tribus, de leurs cités, puis de leurs nations.
Ils doutaient que les étrangers, éloignés par la géographie, les coutumes et la couleur, soient des humains à part entière.
Le racisme était naturel, spontané, évident.
Il fallut bien des controverses pour surmonter ce réflexe de défiance et de rejet d’autrui.
D’ailleurs, j’observe que, même à notre époque, les contemporains ne sont guère à l’aise avec le racisme.
Nombre de prétendus anti-racistes qui ne se définissent que par cette injonction perdurent à obéir aux anciens réflexes.
Ils agissent selon une vulgate que je récuse et que je résumerai par cette synthèse : « Certes, vous êtes abrutis par vos religions, vos coutumes contraires aux droits humains, vos moeurs de négation de l’égalité de la femme et de l’émancipation individuelle, mais vous avez raison de l’être, car nous sommes tellement coupables que nous ne saurions promouvoir, auprès de vous, la liberté, la raison, l’égalité des droits. Abrutis vous êtes et devez demeurer, car assumer nos valeurs émancipatrices serait irrespectueux de votre aliénation par des dogmes ».
Voilà ce que couvrent le communautarisme, le multiculturalisme, chers à certains prétendus antiracistes qui, en fait, par souci de s’auto-flageller, sont racistes, puisqu’ils condamnent à l’obscurantisme ceux qu’ils prétendent adorer.
Pour ma part, je pense, à l’opposé de ce raisonnement d’une certaine bien-pensance, que des valeurs, des droits, sont universels et que tout humain peut accéder à la raison, à la libération de ses appartenances tribales, de ses superstitions.
Il n’y a pas les Droits de l’Homme, pour les Occidentaux et l’enfermement des femmes, la persécutions des homosexuels, l’excision des fillettes, les lapidations, amputations, décapitations, fouets pour les blasphémateurs, pour les autres.
Je ne confonds pas, dans la même réprobation, les fautes et erreurs de démocraties que je fustige par ailleurs pour leur caractère ploutocratique et les crimes insondables d’une horde de barbares qui enlèvent deux cents jeunes filles pour les violer et les réduire en esclavage.
Ëtre antiraciste, c’est affirmer que ce qui est bon, pour les uns, l’est pour tous.
C’est élargir le cercle de l’empathie à l’humanité entière.
Et si l’on élargissait encore ce cercle de bienveillance, de compassion aux autres êtres vivants ?
Voilà ce qui fonde l’écologie dans l’acception que je donne à cette pensée, bien loin d’un repli frileux sur un âge d’or qui n’a jamais existé.
L’antispécisme est une extension au vivant de ce qu’est l’antiracisme pour une espèce.
Je lui préfère, toutefois, en bonne rigueur d’analyse, le terme de biocentrisme.
En effet, au sein d’une espèce, telle l’espèce humaine, on peut penser que les intérêts fondamentaux ne divergent pas avec des différences morphologiques.
En revanche, les besoins biologiques, physiologiques, éthologiques diffèrent selon les espèces.
Il ne peut donc pas y avoir identité de traitements entre toutes les espèces peuplant la terre.
Chaque espèce doit bénéficier de ce qu’exige la nature.
Le biocentrisme ne nie pas les acquis de l’humanisme et des droits de l’homme, mais représente une avancée dans la conscience de la valeur de la diversité du vivant.
Il pose en interdit d’anéantir une espèce et de maltraiter un être sensible qui, doté d’un système nerveux, éprouvant le principe du plaisir/déplaisir, possède, de ce seul fait, un droit à jouir de la vie qui lui a été conférée.
Or, par la folie économiste, l’humanité provoque la disparition des espèces.
Dans le même temps, elle réifie les animaux massacrés en foules innombrables pour satisfaire le profit et les filières.
D’un point de vue éthique, ces massacres d’espèces et d’individus heurtent la conscience et signent l’échec d’une société fondée sur la cupidité et la pulsion de mort.
En politique, concrètement, le biocentrisme aboutit à abolir la chasse, mort loisir, à renoncer aux « grands projets inutiles », dévoreurs d’espaces.
Si nos écologistes politiques avaient pensé ces questions, relevé ces défis, condamné les agressions contre l’animal et la biodiversité, ils ne seraient pas, aujourd’hui, dans la honte et l’ornière.
Allons, SISYPHE, reprends ton rocher et, cette fois, suis le bon chemin celui qui mène vers les sommets !

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

La honte : c’est maintenant

Dans le même temps, le chef de l’Etat recrute trois ministres, anciennement écologistes, et annonce que les travaux de l’aéroport NOTRE DAME DES LANDES commenceront en octobre, après organisation d’un « référendum local » dont le résultat est connu d’avance.
Les « forces vives », l’argent, les élus locaux, les médias sous contrôle exposeront à des populations dont le contour géographique sera arrêté par les décideurs, que « les emplois et le développement valent mieux que des grenouilles », qu’il ne s’agit jamais que « d’un aménagement nécessaire combattu par quelques gauchistes irresponsables » et par des « intégristes de la nature ».
Un arrêté ministériel autorise le tir de six loups en sus des 36 déjà massacrés officiellement et de tous ceux tués clandestinement par les ennemis de la terre.
Mais un secrétariat d’état à la protection de la biodiversité est créé et confié à une députée de la SOMME, en rupture du parti VERT EUROPE ECOLOGIE, élue qui se signala à notre attention par ses propos pour le moins pusillanimes lors d’un débat sur la chasse.
Avec de tels ministres, les « chascistes », les agrochimistes, les firmes VINCI et consorts n’ont guère de souci à se faire.
Aujourd’hui, la classe politique se discrédite encore davantage, car devenir ministre est une honte lorsque cette déchéance ne s’accompagne d’aucune avancée pour la cause que l’on prétendait servir.
Le problème est que le parti écologiste était, depuis un certain temps, gangréné par des personnages carriéristes dépourvus de la moindre conviction écologiste, c’est-à-dire attachée au respect du vivant, à la sauvegarde de la nature, à la défense de la condition animale.
La chute actuelle, l’implosion de l’écologie politique, la révélation à tous de cette abaissement offrent l’occasion d’une reconquête, d’un nouveau rassemblement sur des bases claires et fortes.
Ne doutons pas que, dans les mois à venir, dans la perspective de la présidentielle, le gouvernement présidé par un amateur de torture de taureaux flattera tous les lobbies malfaisants qui empêchent les progrès des mœurs et des manières à l’égard du vivant.
Honneur à Nicolas HULOT qui refusa un ministère.
Dommage pour ceux qui viennent de monter à bord du TITANIC et que nous ne devrons pas sauver après le naufrage.
Unissons-nous pour construire une force pour le vivant.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE.

Une force pour le vivant : rendez-vous à PARIS le 8 octobre 2016

Le sacrifice systématique des intérêts écologiques à ceux de l’argent, la complaisance à l’égard des chasseurs, l’encouragement de l’actuelle ministre de l’écologie aux braconniers d’oies cendrées jusqu’au 9 février au mépris de l’état de droit, les autorisations réitérées de tirs de loups, bien que les effectifs de l’espèce soient en régression en France cette année, le culte des firmes, de la spéculation, du profit, la différence de traitements par la puissance publique des manifestants selon qu’ils soient ou non exploitants agricoles, tous ces faits contre nature et contre l’humanité de l’homme appellent une riposte éthique et politique.
Les enquêtes d’opinion peuvent bien révéler qu’une immense majorité de Français condamne la chasse, la torture tauromachique, des milliers de manifestants poursuivant d’autres buts que leurs petits intérêts égoïstes peuvent bien se rassembler à LYON pour défendre les loups, les scientifiques peuvent bien remettre d’inquiétants rapports sur la mort de la biodiversité, les gouvernants demeurent les pantins grotesques et irresponsables de groupes de pressions malfaisants.
Il faut en finir avec cette casse de la nature, cette indifférence à la souffrance des animaux, sortir de cet avilissement de l’humain par la culture de la compétition, de la concurrence, c’est-à-dire de l’écrasement d’autrui et de l’exploitation insatiable des êtres et des choses.
L’action purement associative, tellement précieuse, généreuse, intelligente, touche ici à ses limites résultant d’un fait incontournable.
La classe politique ne connaît que le rapport de forces et nous devons cesser de tendre la sébile pour obtenir des rendez-vous à la sauvette avec des membres de cabinets, cependant que les lobbies nuisibles sont reçus, avec déférence, par le chef de l’Etat et ses ministres qui font la danse du ventre devant les ennemis de la terre.
Ce n’est point par je ne sais quelle ambition personnelle de carrière (dont je n’ai aucun besoin) que j’ai résolu de porter, en politique, les idées, les aspirations, l’éthique du respect du vivant et de l’amour de la nature que je défends depuis près de quarante ans, dans un cadre associatif.
Je le fais en considération de la soumission des élus aux franges les plus archaïques de la société.
J’irai jusqu’au bout dans cette action, conscient de devoir servir une cause.
Dès lors, si dans les mois à venir, s’organisent des « primaires de l’écologie », j’en serai.
En l’absence de primaire, ce qui paraît probable, nous tenterons d’obtenir les cinq cents signatures d’élus permettant une candidature à la présidentielle de mai 2017 pour que l’écologie biocentriste parle, mobilise, pèse sur les faits.
L’objectif est de prouver que ceux qui aiment la vie sont plus nombreux, plus puissants, plus déterminés que ceux qui propagent la mort et la destruction.
Avec vous, nous pouvons administrer cette preuve et inverser le rapport des forces, en ce pays, actuellement courbé sous le joug des ennemis de la terre.
Aller jusqu’au bout ?

Oui, toutefois s’il advenait que Nicolas HULOT, qui a explicitement indiqué ne pas concourir à une éventuelle « primaire », optait pour candidater individuellement, considérant qu’il est « l’écologiste le plus populaire de France », je participerais à son combat, sans rien renier de notre spécificité, pour que conviction et efficacité s’allient.
Toujours, l’unité s’impose.
Avec tous ?
Non, pas avec ces faux écologistes qui refusent de signer les propositions de lois d’abolition de la chasse à courre et qui soutiennent les piégeurs de passereaux aux gluaux, en PROVENCE.
Il y a ici incompatibilité éthique fondamentale.
En juin 2011, lors de la précédente primaire de l’écologie, j’annonçais dans ces éditoriaux, un an à l’avance, que Nicolas HULOT obtiendrait 7% des voix à la présidentielle de mai suivant, s’il était retenu, alors qu’Eva JOLY, sa concurrente, nonobstant ses éminentes qualités personnelles et sa compétence remarquable dans la lutte contre l’argent sale, ne recueillerait que 2% des voix à l’élection présidentielle.
Et cela change tout.
Si l’écologie est forte, nous pouvons stopper les grands projets dévastateurs, faire reculer la barbarie de la chasse, sauver effectivement la biodiversité.
Lorsque l’écologie est faible, les mouvements citoyens, les associations ne pèsent pas lourd.
Présentement, l’écologie politique est évanescente.
Nicolas HULOT, en refusant ces jours-ci le ministère de l’essentiel, prouve qu’il partage avec nous le souci de servir une cause et non d’orner une carte de visite.
D’autres, écologistes un jour, opportunistes toujours, rêvent de devenir ministre, non pas pour améliorer le rapport des hommes à la nature et au vivant, mais parce qu’ils imaginent que le titre les honorera, superbe et touchante naïveté.
En conséquence, avec tous ceux qui souhaitent faire gagner nos idées, je serai au rendez-vous du pays, soit en qualité de candidat, soit en soutien de Nicolas HULOT, s’il s’engage.
Nous devons, ensemble, quelle que soit l’option, reconstruire, dans le champ politique, une force qui va.
Aussi, j’appelle tous les écologistes politiques, par-delà les partis et les parcours, tous les défenseurs des animaux, tous les protecteurs de la nature à s’unir, par-delà les étiquettes d’hier, les querelles d’égos pour le triomphe de l’intérêt supérieur du vivant, incluant bien évidemment l’humain, aux côtés de la diversité des espèces et des individus animaux, êtres sensibles.
Le samedi 8 octobre prochain, nous réunirons à PARIS, avec tous ceux qui veulent en être et en n’excluant personne, les assises de cette force au service du vivant.
Immédiatement, nous devons mettre en place les bonnes volontés pour contacter les élus et solliciter leurs parrainages.
Je ne vous dissimule pas que ce recueil des signatures sera l’obstacle à surmonter mais, grâce à votre mobilisation, nous pouvons y parvenir.
Le vivant a besoin de nous.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Quand le ministère couvre le braconnage

La CONVENTION VIE ET NATURE constate que, selon une information émanant des dirigeants de la chasse, le député de GIRONDE Philippe PLISSON, président du groupe chasse de l’assemblée nationale, assure que la ministre de l’écologie donnera, à l’instar de ce qu’elle fit l’an passé, des consignes aux préfets pour que ne soient pas verbalisés les braconniers tirant, entre le 31 janvier et le 10 février, les oies cendrées.
Depuis près de trente ans, des contentieux opposent les protecteurs de la nature aux chasseurs, sur les dates d’ouverture et de clôture de la chasse aux oiseaux.
Une directive de l’Union Européenne du 2 avril 1979, reprise par une directive du 30 novembre 2009, prohibe la chasse des oiseaux migrateurs « lors de leur trajet de retour vers leurs lieux de nidification ».
Or, les oies effectuent ledit trajet de retour dès la fin janvier.
Le conseil d’état annula de nombreux arrêtés ministériels qui, pris sur injonctions du lobby chasse et en violation du droit européen, prorogeaient les tirs d’oies au-delà du 31 janvier.
L’an passé, pour échapper à une nouvelle censure du juge administratif, le ministère clôtura la chasse aux oiseaux d’eau au 31 janvier mais donna des consignes de tolérance jusqu’au 10 février.
Il est inqualifiable, dans un état de droit, qu’un ministre se fasse complice de la violation flagrante du droit et de contraventions.
Après les tirs de loups, ce gouvernement contre nature manifeste sa nocivité.
La chasse est condamnable par trois aspects :
1° D’un point de vue éthique, il s’avère fautif de traquer, de mutiler et de tuer des êtres sensibles pour se distraire. Ce seul aspect suffit à faire de la chasse, loisir de mort, une aberration morale.
2° D’un point de vue écologique, la chasse détruit la faune et l’artificialise, s’ajoutant à toutes les autres causes de raréfaction des espèces sauvages.
3° En France, la chasse, organisée sur des bases corporatistes héritées d’une ordonnance du gouvernement de VICHY, du 28 juin 1941, exerce sur le personnel politique une quasi-dictature, amenant les assemblées légiférantes à délirer sur des thèmes démagogiques dès que la chasse est en cause et avilissant le ministère de l’écologie, comme nous en avons un exemple dans cette affaire.
Or, le loisir de mort ne recueille désormais que l’approbation d’une minorité de nos concitoyens et si la ministre possédait le sens de ses responsabilités, elle limiterait strictement la chasse, à la grande satisfaction de l’immense majorité.
Une attitude de fermeté, de clarté, de rigueur, en ces affaires, prouverait que le lobby chasse ne représente jamais que moins de 2% des Français.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE