Quand les filières nous gavent

gavageLa CONVENTION VIE ET NATURE, privilégiant l’éthique, le respect du vivant, le refus de l’exploitation et de la souffrance sur les intérêts lucratifs, soutient l’initiative de Madame Laurence ABEILLE, députée, visant à abolir le gavage des oies et des canards.
Ce procédé de production de foie gras, foie malade, est cruel pour des animaux qui, n’en déplaise aux traditionalistes, sont des êtres dotés de sensibilité, méritant à ce seul titre notre respect.
Politiquement et sociologiquement, il est acquis que la France n’interdira pas immédiatement le gavage des palmipèdes en raison des intérêts financiers contraires qui, dans une société mercantile, font la loi.
Il est tout aussi acquis que le gavage reculera dans le monde et que cette abolition s’imposera un jour comme une évidence morale.
C’est une question de temps et d’information de l’opinion, de prise de conscience du fait que l’animal n’est pas une chose, une marchandise, une machine, mais un être appelant la compassion.
L’action des mouvements et des personnes œuvrant pour l’abolition du gavage, comme on œuvre pour l’abolition de tous les actes de cruauté à l’encontre du vivant, participe du grand combat des idées qui fait avancer une civilisation.
Pour l’heure, dans l’outrance, les défenseurs du gavage vilipendent les amis des animaux et invoquent le grand malheur de la filière du canard et de l’oie du Sud-Ouest confrontée à la grippe aviaire, amenant la fermeture momentanée des élevages.
Or, ce sont les élevages concentrationnaires de milliers d’oiseaux (poules, canards et oies) qui génèrent la propagation de ces virus qui trouvent dans ces usines à viande et à œufs des conditions idéales d’émergences.
La CONVENTION VIE ET NATURE remercie Laurence ABEILLE pour sa courageuse initiative, étape sur la voie d’un nouveau rapport de l’homme avec le vivant et invite chacun à écouter le point de vue de l’autre, sans ces excès vindicatifs, ces florilèges d’agressivité, apanages de toutes les filières, dès qu’une légitime remise en cause s’exprime.
C’est ici encore le combat de la vie contre l’argent.

Gérard CHAROLLOIS