Les « notables » de l’écologie et nous

Les notables de l’écologie, médiatiques, invités des plateaux de télévision et des studios de radios, dissertent volontiers sur les grands maux de la planète, l’impérieuse nécessité de combattre l’effet de serre, l’urgence d’une mutation énergétique, les avancées ou les insuffisances des accords internationaux.
Mais écoutez-les attentivement.
Vous n’entendrez aucun propos concret susceptible de déranger les lobbies, aucune suggestion de nature à gêner les gouvernants qui, en retour, gratifient les « notables de l’écologie » de délégations de missions, de reconnaissances officielles, ouvrant les bouches d’or des médias.
Chasse à courre, tirs de loups, gluaux de Provence, lecques de l’AVEYRON, persécutions des renards, élevages concentrationnaires et même aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, surpopulation et méfaits du natalisme, grands travaux autoroutiers sont des sujets tabous, parce que sources de controverses.
C’est que tout « notable de l’écologie » doit demeurer généreusement flou, parler des pôles et de la mer, du climat et de l’opportunité de fermer le robinet en se brossant les dents, en veillant à ne fâcher personne.
« quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » et ce loup n’est point celui que traquent les arriérés.
Les « notables de l’écologie » communiquent avec efficacité, dépeignent brillamment les menaces planétaires, mais demeurent anthropocentristes.
Observez-les attentivement.
Vous ne les verrez pas à LYON, le 16 janvier, pour défendre le loup, devant les arènes sanglantes pour dénoncer la torture tauromachique, dans le MEDOC, aux côtés de mon ami Allain BOUGRAIN DUBOURG, contre les braconniers de la tourterelle de mai et dans les LANDES, contre les piégeurs de petits oiseaux.
Les « notables de l’écologie » ne prennent aucun risque de déplaire, cette prise de risque qui discrimine l’opportuniste et le résistant.
Si je déplore ce défaut de pugnacité, cet oubli de la nature, des animaux, je n’en salue pas moins le travail pédagogique de ces notables de l’écologie, choyés par les pouvoirs, auxquels ils servent de caution, et par les médias.
Mon propos ne se veut pas critique, mais tend à distinguer sans opposer.
Il m’est indifférent d’encourir les invectives des destructeurs de la nature et j’entends affirmer une libre parole face aux gouvernants d’hier et d’aujourd’hui.
Pour ne pas obéir à cette prudente pusillanimité, nous voici interdits de diffusion dans les médias, étiquetés « extrémistes », censurés, empêchés d’exposer nos valeurs et nos propositions qui, allant à la racine de l’écologie, n’ont rien d’extrémiste.
Pour nous, celui qui ne récuse pas la chasse et la tauromachie n’est pas écologiste, dans l’acception que nous donnons à cette pensée, d’autres étant, évidemment, fondés à demeurer anthropocentristes.
Il n’est pas des nôtres celui qui ne respecte pas le vivant, et si nous reconnaissons à chacun la liberté de défendre des valeurs et des propositions contraires, nous ne voulons aucun amalgame avec ceux qui célèbrent la pulsion de mort.
L’actuel pouvoir politique se révèle totalement hermétique à l’écologie.
La droite, en embuscade, qui rêve de retrouver un pouvoir qu’elle considère comme lui appartenant par nature, représente les intérêts des chasseurs, des exploitants agricoles, des firmes polluantes et déprédatrices.
Dès lors, nous sommes étrangers à la fois au « centrisme » au pouvoir aujourd’hui, et à la droite, en mal de sévir l’an prochain, comme elle le fit pendant trop d’années.
D’aucuns préconisent une « primaire de la gauche ».
Encore faudrait-il définir ce qu’est la gauche, après 1983 et le tournant de la rigueur, c’est-à-dire le ralliement du parti dit socialiste à la société de Marché.
Si les deux droites sont bien typées, l’une nationaliste, populaire, autoritaire, l’autre mercantile, affairiste, mondialiste, libérale en économie, la gauche gagnerait à faire son agiornamento.
Le parti de messieurs HOLLANDE ET VALLS est centriste et non de gauche.
Ce parti est anti-écologiste.
Je ne conçois donc pas une « primaire » avec les pseudo-socialistes, tueurs de loups et serviteurs de la firme VINCI, reine des parkings, des autoroutes et candidate au grand aéroport Nantais.
Participer à la « primaire de la gauche », par ailleurs refusée par le leader du parti de gauche, reviendrait à cautionner, par fusion, les dirigeants actuels.
Leur politique contre la nature ne leur mérite guère ce soutien.
L’écologie doit s’émanciper et redevenir une force au service du vivant.
Or, l’écologie politique est à terre.
Divisée en groupuscules de plus en plus faibles, représentée dans les médias par des élus qui ne parlent plus du vivant, silencieuse sur les exactions des lobbies, elle agonise.Le temps de la reconquête est venu.
Tous ceux qui, nombreux chez les VERTS, dans les autres partis écologistes, dans les innombrables associations veulent autre chose que ce naufrage, doivent se rassembler, s’unir sur des bases éthiques claires, bases humanistes mais non anthropocentristes, car réconciliant l’arbre, l’animal et l’homme.
Refuser les nicotinoïdes, arrêter les massacres de la faune, condamner les grands projets inutiles et dévastateurs pour la biodiversité, cesser de financer les « filières » mais affecter l’argent public à l’aide aux ménages pour rénover les logements, exiger de tout partenaire politique désireux d’établir avec nous un contrat de législature, des avancées concrètes sur ces points, telle est l’assise d’une écologie renaissante.
J’appelle à ce sursaut pour faire entendre la voix de la nature, pour sortir des nuées, des déclamations fades.
Je veux une écologie concrète, s’assignant des objectifs précis et réitère, par exemple, que l’abolition de la chasse à courre, de la corrida sont des préalables non négociables.
J’attends encore que nos amis, « notables de L’écologie », l’assument et nous rejoignent dans nos combats.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

État d’urgence, sécurité et liberté.

Il n’y a pas de liberté sans sécurité puisque la menace, la peur, le risque de perdre la vie abolissent tout.
Depuis plus de vingt ans, par les attentats des G. I. A. Algériens, en France, en 1995, par ceux d’al kaïda aux USA, puis à LONDRES et à MADRID, la civilisation est attaquée par le djihadisme.
Les assassinats du 7 janvier et du 13 novembre 2015, s’inscrivent dans cette déjà longue série d’agressions d’un fanatisme religieux en guerre contre la liberté, la raison, l’émancipation des personnes.
Face à ces assassins forcenés, l’État doit assurer la sécurité des citoyens et empêcher les tueurs de nuire.
Le défi est de garantir cette sécurité, tout en améliorant sans cesse les libertés publiques que combattent les fous de dieu.
Renoncer à la liberté d’expression, de manifestation, d’aller et de venir offrirait la victoire aux obscurantistes pour lesquels ces libertés sont les apanages du diable, des mécréants.
En conséquence, il fallait, d’une part déclarer un état d’urgence immédiatement après les attentats terroristes, d’autre part circonscrire les mesures attentatoires aux libertés à l’objectif défini : lutter contre le djihadisme.
S’il advenait qu’un préfet, qu’un ministre, qu’une quelconque autorité publique instrumentalisent la « guerre » contre le djihadisme pour entraver les actions politiques ou syndicales, il y aurait forfaiture.
Aujourd’hui, il devient absurde de prolonger du 26 février au 26 mai prochain l’état d’urgence qui doit demeurer un état d’exception, une situation juridique éminemment provisoire.
Prolonger l’état d’urgence au seul motif que le risque terroriste n’a pas disparu revient à le rendre indéfini dans le temps.
Certes, ce risque terroriste demeure élevé. Mais il l’est depuis des années et le restera encore longtemps, bien au-delà du 26 mai prochain.
L’élimination souhaitable de l’État Islamique, en Irak et Syrie, ne fera pas disparaître un djihadisme qui l’a précédé et qui lui survivra.
Si la France devait vivre sous l’empire de l’état d’urgence aussi longtemps que perdurera un danger djihadiste, il faut en changer la dénomination et en faire un état, sinon permanent, du moins pérenne pour plusieurs années.
Par ailleurs, le droit pénal à l’intérieur du pays, l’action militaire à l’extérieur, constituent les vrais remparts contre les assassins et non l’état d’urgence.
Reste que les membres de la classe politique doivent jouer, ici comme ailleurs, leur rôle de comédiens.
Il ne suffit pas de faire, mais d’abord de faire semblant d’agir.
Si, ce qui demeure hélas possible, un nouvel attentat intervenait dans les mois à venir, les gouvernants pourront dire qu’ils se battent contre les tueurs et ont eu bien raison de proclamer durablement l’état d’urgence.
Même sur les plus cruels sujets, le spectacle prévaut sur l’efficacité.
En novembre, j’aurais voté l’état d’urgence.
Aujourd’hui, je refuserais ce détournement d’un instrument institutionnel à des fins de gesticulations politiciennes.
A toutes les époques de l’Histoire humaine, des « causes » suscitèrent des « radicalisations » qui ne sont que les manifestations de psychopathies de certains individus.
De nos jours, les psychopathes trouvent dans l’islamisme une occasion d’assumer leurs pulsions thanatophiles.
La lutte contre cette dérive meurtrière passe bien sûr par les armes puisque les assassins ne laissent pas le choix.
Mais, à plus long terme, le défi est culturel.
Un peuple ne peut accéder à une démocratie sereine, s’élever à de vrais débats d’idées, à des options débattues contradictoirement, qu’en congédiant le religieux de la sphère politique.
Aussi longtemps que dieu fera la loi au Moyen-Orient, ces peuples soumis souffriront des guerres inexpiables et de la servitude qui est davantage celle de l’inculture que celle de tel ou tel dictateur.
Avons-nous encore l’énergie pour défendre la liberté avec la sécurité et pour assumer la bataille culturelle ?
Entre ceux qui sont tout disposés à abdiquer la liberté pour la sécurité, (à droite), et ceux qui n’osent pas affronter un obscurantisme sous prétexte qu’il émane des damnés de la terre, (à gauche), l’évolution en cours paraît bien préoccupante.
La liberté, la raison, l’émancipation, l’universalité des droits, le respect du vivant valent bien notre engagement par-delà les peurs et les conformismes.

Gérard CHAROLLOIS

Loi relative à la préservation de la biodiversité

Sans grande volonté politique, l’actuel gouvernement proposa un projet de loi relative à la préservation de la biodiversité.
A l’assemblée nationale, quelques députés écologistes, au nombre desquels nous devons rendre hommage à Laurence ABEILLE, introduisirent des dispositions positives dans la loi en gestation, notamment l’interdiction du piégeage à la glu des petits oiseaux, pratique usitée par quelques centaines d’arriérés en Provence.
La directive européenne relative à la conservation des oiseaux prohibe, en son article 8 les modes de chasses massifs et non sélectifs, dont les gluaux, puisque tout oiseau englué est irrémédiablement perdu pour la nature.
D’ailleurs, l’Espagne qui autorisait ce mode de chasse dans certaines contrées fut condamnée, pour ce fait, par la cour de justice de l’union européenne le 9 décembre 2004.
Mais vérité au-delà des PYRENEES, erreur en-deça, la France autorise l’emploi des gluaux dans six départements du Sud-Est.
Il s’est même trouvé un député dit écologiste pour soutenir les braconniers, preuve de la dégradation avancée d’une fraction importante de la classe politique, sous toutes les étiquettes partisanes.
Le sénat « conservateur », chambre de la ruralité pesante et des archaïsmes sociaux, défend les chasseurs comme d’habitude et élimine du projet de loi tout ce qui pourrait peiner les tueurs en tous genres, donc les poseurs de gluaux.
Depuis bien longtemps, je préconise la suppression du sénat sous sa forme actuel, car rien ne justifie que les franges les moins évoluées de la population soient sur-représentées par une chambre spécialement dédiée.
Par son mode d’élection, le sénat ne reflète qu’une France passéiste, peuplées de lobbies malfaisants et ultra-minoritaires.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Rassemblons pour le vivant

L’évolution en profondeur des mentalités sous l’influence du progrès des connaissances biologiques, paléontologiques, éthologiques, amena les lobbies de la mort à réagir pour freiner la remise en cause de leurs destructions et exactions contre le vivant.
La classe politique française perçoit la société comme étant ruraliste.
Chasseurs et exploitants agricoles représentent des féodalités vénérées par les élus, au-dessus de tous les autres citoyens.
Ces catégories sociales bénéficient d’une quasi-impunité, lors de manifestations corporatistes où voie publique et parfois immeubles de la république sont dégradés.
En avril 1989, des fédérations départementales des chasseurs, dotées d’immenses ressources financières et de structures corporatistes héritées du gouvernement de VICHY, omnipotentes sur la classe politique mais inquiètes devant le rejet du loisir chasse par une fraction croissante de l’opinion, fondèrent un parti politique, le CPNT qui présenta des candidats aux élections européennes, législatives et régionales, la moitié des candidats étant des présidents de fédérations de chasseurs.
Il pouvait paraître ridicule de promouvoir un parti politique pour la défense de la chasse.
Pour masquer le grotesque du projet, les leaders de ce parti ajoutèrent la ruralité, la tauromachie, le gavage des oies et diverses traditions cruelles et archaïques à leur programme poujadiste pour cours de fermes.
En 1999, le CPNT obtint six élus au parlement européen, sans que cela ait le moindre effet sur la politique de ce parlement.
Les élus Européens opinèrent, le plus souvent à l’inverse du parlement Français, en faveur des oiseaux migrateurs, de la nature et des animaux.
Mais la victoire du CPNT, entreprise improbable et dénuée de sérieux, réside dans sa capacité de nuisance, par pression électorale sur les autres partis politiques.
L’UMP absorba partiellement le CPNT qui en devint un appendice ruraliste et ultra-réactionnaire.
Or, le nombre des défenseurs du vivant est bien supérieur à celui des tueurs et tortionnaires d’animaux.
Il ne s’agit point d’une affirmation subjective, mais de la simple contemplation des sondages et enquêtes d’opinion.
Infiniment plus nombreux, ceux qui aiment la vie et la nature ne comptent pas, dans un pays totalement soumis aux injonctions de l’axe CPNT/FNSEA.
Les vieux partis usés, surtout à droite mais également dans la pseudo-gauche, obéissent aux ordres des lobbies agro-cynégétiques et tremblent devant l’agitation de quelques arriérés tueurs de loups, d’ortolans, poseurs de gluaux.
Ce constat fait, il convient de remédier à une situation parfaitement contraire à l’intérêt général, à la démocratie, aux avancées de la conscience.
Comment ?
Tout simplement en constituant un antidote politique à l’axe CPNT/FNSEA.
Certes, s’il est débile de voter pour son fusil de chasse, il serait tout aussi réducteur de voter contre les fusillots et ce d’autant que le nombre des chasseurs se réduit inexorablement avec le temps.
Nous ne saurions nous abaisser à ce degré zéro de l’intelligence et de la responsabilité.
Le loisir chasse, qui suscita le parti des présidents de fédérations de chasseurs en 1989, est trop méprisable pour justifier, à lui seul, la création d’un parti politique contre-point du CPNT.
Il convient de prendre de l’altitude, d’élever le débat, de réconcilier éthique et politique, d’offrir une perspective globale, dans un monde anxiogène parce qu’en mutation.
Travaillons à l’émergence d’une société fondée sur autre chose que la violence, l’agression, la concurrence, l’exploitation des êtres, l’obscurantisme religieux, les identités meurtrières.
Le système actuel dont les limites sont dépassées s’avère toxique.
Nous appelons « système » les forces qui animent et contrôlent la société, avec en couronnement, l’argent.
Le progrès des techniques appelle un nouveau rapport au travail, aux ressources, aux éléments organiques et anorganiques de la planète.
L’ère de la croissance va s’arrêter.
Le travail va inéluctablement se raréfier sous l’effet de la dématérialisation de vastes pans de l’économie.
Sans un changement radical, les crises écologiques, sociales et morales vont emporter l’humanité.
Aucun parti politique ne pense à ces défis et la classe politique ne s’agite que dans la perspectives des prochaines élections.
Nombre d’écologistes n’échappent pas, malheureusement, à cette déchéance morale. Il y en a quelques-uns qui tendent la sébile pour avoir la honte de devenir ministres dans un futur gouvernement VALLS !
Ces petits personnages, occupés de leurs carrières et oublieux de toute conviction, ne servent pas une cause mais instrumentalisent une étiquette partisane usurpée.
Mettons la protection du vivant à l’ordre du jour.
Je me propose de le faire, avec tous ceux qui aspirent à une société plus douce pour l’arbre, l’animal et l’homme.
A cette fin et dans un souci d’unité, je propose une primaire de l’écologie, ouverte à tous les militants politiques et associatifs, à tous les sympathisants de la grande cause du vivant.
L’organisation institutionnelle oblige d’en passer, pour défendre une éthique, par l’émergence d’un candidat porteur de valeurs déterminées.
On doit déplorer l’excès de personnalisation du régime démocratique actuel de la France, mais il faut, pour changer les choses, satisfaire aux règles de droit constitutionnel.
L’élection présidentielle permet aux citoyens d’exprimer leurs choix.
Ne laissons pas sans représentant l’immense majorité et le monopole aux candidats qui font la danse du ventre devant les destructeurs de la nature.
A défaut d’une primaire de l’écologie appelant à un sursaut, à un rassemblement de tous les amoureux de la vie et de la nature, construisons un renouveau de l’écologie politique sur des bases claires, loyalement exposées, pour en finir avec les ambiguïtés éthiques et combattre résolument les forces thanatophiles.

Gérard CHAROLLOIS

Quand les filières nous gavent

gavageLa CONVENTION VIE ET NATURE, privilégiant l’éthique, le respect du vivant, le refus de l’exploitation et de la souffrance sur les intérêts lucratifs, soutient l’initiative de Madame Laurence ABEILLE, députée, visant à abolir le gavage des oies et des canards.
Ce procédé de production de foie gras, foie malade, est cruel pour des animaux qui, n’en déplaise aux traditionalistes, sont des êtres dotés de sensibilité, méritant à ce seul titre notre respect.
Politiquement et sociologiquement, il est acquis que la France n’interdira pas immédiatement le gavage des palmipèdes en raison des intérêts financiers contraires qui, dans une société mercantile, font la loi.
Il est tout aussi acquis que le gavage reculera dans le monde et que cette abolition s’imposera un jour comme une évidence morale.
C’est une question de temps et d’information de l’opinion, de prise de conscience du fait que l’animal n’est pas une chose, une marchandise, une machine, mais un être appelant la compassion.
L’action des mouvements et des personnes œuvrant pour l’abolition du gavage, comme on œuvre pour l’abolition de tous les actes de cruauté à l’encontre du vivant, participe du grand combat des idées qui fait avancer une civilisation.
Pour l’heure, dans l’outrance, les défenseurs du gavage vilipendent les amis des animaux et invoquent le grand malheur de la filière du canard et de l’oie du Sud-Ouest confrontée à la grippe aviaire, amenant la fermeture momentanée des élevages.
Or, ce sont les élevages concentrationnaires de milliers d’oiseaux (poules, canards et oies) qui génèrent la propagation de ces virus qui trouvent dans ces usines à viande et à œufs des conditions idéales d’émergences.
La CONVENTION VIE ET NATURE remercie Laurence ABEILLE pour sa courageuse initiative, étape sur la voie d’un nouveau rapport de l’homme avec le vivant et invite chacun à écouter le point de vue de l’autre, sans ces excès vindicatifs, ces florilèges d’agressivité, apanages de toutes les filières, dès qu’une légitime remise en cause s’exprime.
C’est ici encore le combat de la vie contre l’argent.

Gérard CHAROLLOIS

Où est l’écologie ? Par Gérard CHAROLLOIS

Le samedi 16 janvier, elle était à LYON.
A l’appel des associations de protection de la nature, de défense des animaux, trois mille militants affirmèrent que le loup doit vivre et retrouver sa place dans la nature.
Immense succès pour ce rassemblement qui, à la différence de tant d’autres, ne visait pas à promouvoir de sordides intérêts catégoriels, égoïstes, cupides.
Les manifestants pour le loup ne revendiquant aucune subvention, aucune exonération, aucun avantage lucratif pour eux-mêmes, agirent pour une cause qui nous dépasse tous : celle du vivant.
Qu’en dira une presse trop souvent formatée par les lobbies, propriété des forces d’argent et instrumentalisée pour maintenir l’opinion en état de soumission ?
Le Marché exige des consommateurs assujettis et, pour les priver de pensée, dénature les mots.
Les dénominations partisanes ont perdu leurs sens et la politique son crédit.
Il n’y a que les grincheux antifiscalistes pour croire encore que la France s’est donnée au socialisme en 2012.
Quand les mots ne veulent plus rien dire, la réflexion, le débat, l’opinion s’égarent.
L’écologie n’échappe pas à ce délitement du sens et l’on gagne toujours à bien définir ce dont on parle.
Créée dans la seconde moitié du 19ème siècle par des biologistes, botanistes et zoologistes, l’écologie fut initialement la science du milieu naturel, l’étude du rapport entre les espèces et leur environnement.
Ce n’est qu’un siècle plus tard que la notion accéda au champ de l’éthique et de la politique avec la création des parcs nationaux, des réserves naturelles, des mouvements de défense de la faune et des sites et l’apparition du ministère de l’environnement, en 1971.
Le premier titulaire de ce ministère, Robert POUJADE, qualifia son service de « ministère de l’impossible », sans doute en constatation que l’objectif de sauver le vivant était inatteignable dans une société aux mains des lobbies, au service du profit et de la spéculation.
Le ministère de l’impossible est, entre temps, devenu celui de l’imposture.
Il protège la chasse et tue les loups.
Il offre une caution morale aux grands travaux inutiles, à l’agrochimie, au massacre des oiseaux migrateurs.
Je regrette que le parti écologiste, sauf remarquables et courageuses exceptions au nombre desquelles je citerai la députée Laurence ABEILLE et le député européen Pascal DURAND, ne parle pas suffisamment haut, fort et clair pour la défense du vivant.
Ce rapport à la nature est le plus grand défi de notre temps, bien plus essentiel que l’écume de l’actualité qui étouffe le vrai débat, la question fondamentale : l’humain va-t-il anéantir toutes les autres formes de vies ?
Car par-delà les impostures, les petites lâchetés, c’est l’enjeu final.
La croissance démographique, le « développement économique », l’augmentation de la consommation planétaire posent cette question occultée par les lobbies, par les politiques et donc par les médias.
Il n’y a pas un canton, en ce pays et partout ailleurs, sans son élu local, son promoteur, son aménageur récitant que son petit projet, son extension, son infrastructure, sa coulée de béton et d’asphalte ne représentent pas une si redoutable agression contre la nature et qu’il faut bien du « développement durable ».
Immanquablement, à terme, ce processus infini aboutira à la mort des milieux naturels, de la faune et de la flore.
Il nous appartient de poser cette question éthique et d’affirmer que cette destruction du vivant est inacceptable.
Peut-on tolérer plus longtemps un système fondé sur l’exploitation, la concurrence, la compétition, l’écrasement d’autrui, le saccage, le pillage, le lucre, la violence ?
Non, la voix de l’écologie ne doit pas s’éteindre, faute de porter un message novateur.
Non, cette grande cause ne doit pas être ignorée des citoyens, au point de ne recueillir que 2% des suffrages lors d’une élection à l’échelon national.
Or, c’est ce qu’il adviendra si l’on perdure à taire la raison d’être d’une pensée de réconciliation avec le vivant.
L’écologie politique peut exprimer un libertarisme des mœurs et un solidarisme social auxquels j’adhère sans réserve mais, sans sa dimension éthique du respect de la nature, de l’animal et de toute vulnérabilité, elle n’est rien et ne peut attendre aucun écho dans une société dont elle ne relèverait pas le vrai défi.
Il est souhaitable qu’une primaire de l’écologie, ouverte, loyale, accessible à tous les citoyens se reconnaissant dans le grand combat pour le vivant, désigne un porte-parole susceptible de créer un rapport de forces contre les lobbies de la mort.
A défaut d’une telle primaire, face à la nocivité des politiques suivies par les vieux partis usés, il conviendra d’envisager les moyens d’offrir au pays une issue autre que celle qui se présente, faute de mieux, pour en finir avec la fausse alternance.
Par-delà les partis, les mouvements et associations, j’en appelle à l’unité, au rassemblement des défenseurs du vivant, pour un rejet des ambiguïtés éthiques.
À LYON le 16 janvier, pour le loup, nous vîmes la démonstration de ce que peuvent les biophiles, lorsqu’ils savent s’unir.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Pour que vive le loup

loup-16-01La CONVENTION VIE ET NATURE participe, avec l’ensemble des associations de protection de la nature, à une manifestation le samedi 16 janvier à LYON, pour faire cesser la chasse aux loups.
La directive du 21 mai 1992 de l’Union Européenne, la convention dite de BERNE relative à la protection de la nature le protègent juridiquement et une majorité de Français souhaite sa sauvegarde.
Néanmoins, le loup, revenu spontanément d’Italie depuis 1992, est fusillé par des chasseurs, autorisés à tuer officiellement 36 loups, en 2015.
Or, la France comptait 301 loups en 2014 et, à ce jour, peut-être 282.
A titre de comparaison, l’Italie bénéficie de la présence de 1500 loups et l’Espagne de 2500.
Pâtissant de lobbies agro-cynégétiques particulièrement rétrogrades, trop influents sur le personnel politique, la France fait mauvaise accueil à ce remarquable prédateur, précieux acteur d’une saine régulation de la faune.
La CONVENTION VIE ET NATURE accuse le ministère de l’écologie d’irresponsabilité en cédant aux pressions des ennemis de la nature qui veulent exterminer le loup, comme ils exterminèrent l’ours pyrénéen et comme ils refusent la présence des lynx, des vautours, des marmottes dans les montagnes dont ils rêvent de faire des parcs à moutons.
La CONVENTION VIE ET NATURE demande l’arrêt des tirs de loups et l’instauration d’une politique de préservation des grands prédateurs.
La révision des aides publiques, soit 50% du revenu des éleveurs, s’impose afin de subordonner les subventions à la présence des espèces loups, ours et lynx.
La CONVENTION VIE ET NATURE rappelle que toute espèce vivante possède un droit absolu à ne pas disparaître, ce qui implique que la société humaine adopte un nouveau comportement envers la nature, en se réconciliant avec elle.
Les peurs médiévales du loup sont infondées comme le prouve avec éclat l’absence de toute attaque d’hommes par des loups dans les pays qui ont la chance de conserver de fortes populations de loups.
Une véritable protection des troupeaux de moutons, avec gardiennage, assistance de chiens, regroupements nocturnes, met le troupeau à l’abri des prédations.
En revanche, le retour du loup dans nos milieux naturels, enrichissement de la biodiversité, assure un bon équilibre des espèces, une limitation des populations d’herbivores.
Qu’aurons-nous besoin de ces dangereux chasseurs qui insécurisent nos campagnes si nous avions des loups ?

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

Mon ami CHARLIE

Un an déjà que nos amis CABU, WOLINSKI, TIGNOUS, CHARB, Bernard MARIS n’agitent plus les intelligences.
Ils pourfendaient l’économie libérale, les injustices sociales, la chasse, la tauromachie et conchiaient la « connerie ».
Victimes de l’islamo-fascisme, victimes de leur courage, de leur lucidité quand tant de pleutres et de médiocres s’abritent derrière la « modération », la « tolérance », c’est-à-dire des fumigènes cachant la lâcheté et le conformisme.
La couleur qu’il faut défendre est celle que l’on veut effacer.
En 2006, la presse unanime aurait dû publier les caricatures Danoises, non pas pour le talent qu’elles traduisent, mais parce qu’un homme libre ne doit jamais fléchir devant la menace.
L’esprit de Résistance, le simple courage ne sont pas les vertus les mieux partagées.
La peur, mère de tous les renoncements, constitue une excuse que je ne reconnais pas à ceux qui ajoutent à la veulerie, un habillage pseudo-rationnel.
Oui, un essayiste peut parfaitement avouer qu’il ne souhaite pas être inquiété par ceux qui répondent à l’idée par le meurtre.
Oui, un pusillanime bénéficie du droit à sa capitulation morale.
Mais qu’il ne dresse pas le paravent d’une imposture pour masquer sa couardise.
Ainsi, de petits commentateurs condamnent, dans un premier temps, le terrorisme, puis brandissent prudemment une argutie laborieuse sur la « nécessité de ne pas blesser les croyances » de ceux qui, ne sachant pas débattre et réfuter, assassinent.
Ces commentateurs confondent à dessein deux notions totalement distinctes : d’une part, le respect dû à tout être, quel qu’il soit et quelle que soit sa pensée et, d’autre part, la liberté de critiquer, de railler, de moquer les idéologies, les pensées, les croyances quelles qu’elles soient.
Ceux qui atténuent l’horreur du crime des voyous fascistes qui assassinèrent nos amis, ceux qui murmurent qu’il ne faut pas attaquer les religions, admettraient-ils l’interdiction de critiquer le communisme, le socialisme, le libéralisme, l’écologisme, le nazisme ?
Or une religion, idéologie construite par des hommes, est un système philosophique comme tous les autres.
Le sacré ne vaut que pour l’adepte, et autrui conserve la liberté de s’amuser des sornettes, billevesées, absurdités grossières véhiculées par les religions.
De même, la liberté de dénoncer une idéologie, une pensée, une philosophie s’impose.
Dès lors, rire de dieu ou rire de tel ou tel leader idéologique ne diffère que par le fait que le second existe, alors que le premier n’est qu’une fiction.
Les « intellectuels fatigués » qui feignent de ne pas distinguer entre le nécessaire respect des personnes et le devoir de blasphème sont si petits qu’ils ne risquent guère de tomber sous les balles d’un fanatique halluciné.
Pour marquer le devoir de respecter la personne et celui de ne pas s’auto-censurer dans le grand débat des idées et des faits sociaux, je ferai du CHARLIE en affichant « Mort à la connerie et compassion pour les cons ».
Plus académiquement, je rappellerai cette sage loi de SOLON : « à l’issue d’une guerre, tout vainqueur devrait s’abstenir de juger le vaincu ».
Combattons, sans complaisance, les superstitions, les erreurs, les faits sociaux contraires au respect de la vie, mais abandonnons les victimes de ces idéologies et de ces pratiques à leur conditionnement.
Savent-ils d’ailleurs ce qu’ils font ?
Dans tous les milieux, partout et toujours, l’humanité se divise entre Résistants et Soumis.
Voyez en matière d’écologie, de protection de la nature, de défense animale, vous rencontrerez des « radicaux » extrémistes, frappés d’ostracisme, parce qu’ils condamnent le fascisme cynégétique Français et des « modérés » qui s’accommodent de tous les abus et de la confiscation de la nature par un lobby aux manières féodales.
Alors, amis lecteurs : Résistants ou Soumis ?

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

« Du bonheur désespérément »

Chers amis militants pour le vivant, chers lecteurs, je vous adresse, avec l’expression de ma gratitude pour votre engagement, mes vœux les meilleurs pour cette nouvelle année avec, en premier, celui de nous retrouver à la fin de la course des jours de 2016.
Que la sérénité, la santé, l’affection de ceux que vous aimez demeurent vos compagnes car il y a tant d’occasions de les perdre.
A défaut d’obtenir tout ce que l’on souhaite, réjouissons-nous d’éviter ce que l’on redoute.
Le processus d’hominisation n’étant pas parachevé, vous entendrez encore parler de fanatisme religieux, de guerres, d’attentats, de misères, de chasse, de tauromachie, faits imputables à la sottise et à la cruauté des humains.
L’homme fait le mal comme si cancers, accidents vasculaires, dégénérescences ne suffisaient pas à fournir à la souffrance et à la mort leur tribut.
Bien sûr, les mœurs ne changeant que trop lentement, tout continuera, cette année, dans l’ordre de la nuisance d’une société adoratrice du négoce, de la croissance infinie, du profit maximum.
La nature est méprisée, l’animal sacrifié, l’humain rabaissé au rôle de producteur/consommateur.
Il fallut plusieurs millénaires pour que le bipède découvre que le soleil ne tourne pas autour de la terre, que celle-ci n’est le centre de rien, que la lecture du grand livre du monde dément ce que les dogmes enseignaient.
Il fallut bien des siècles pour que le génocide du peuple voisin ne soit plus considéré comme une activité glorieuse et héroïque, que l’esclavage soit aboli.
Alors devant le chemin parcouru, comment douter qu’un jour changeront les approches de l’animal, de la nature, qu’évolueront les relations entre les humains, que s’émanciperont davantage les mœurs et les manières, dans le sens de l’empathie envers toute vulnérabilité et de la liberté des êtres.
Les erreurs du passé, corrigées par le temps, consolent de celles auxquelles nous assistons dans notre présent.
Notre lourde tâche, maïeutique difficile, consiste à faire naître une société amie de la vie, dans laquelle on ne tuera ni les caricaturistes, ni les loups, dans laquelle une juste redistribution éliminera la quête frénétique de la spéculation au détriment de la nature.
Faut-il espérer ?
Non, car espérer vise à attendre un résultat qui ne dépend pas de nous.
Il faut AGIR pour construire une société biocentriste c’est-à-dire non seulement une société sans guerre, sans chasse, sans torture, mais également sans crispations hargneuses, sans superstitions obscurantistes, sans préjugés fruits du conditionnement, une société fondée sur d’autres valeurs et où le seul interdit est celui d’occasionner la souffrance d’autrui.
N’attendez pas que ce monde change : Il est condamné. Changez-le.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE