SIVENS : pour une réserve naturelle

Par arrêté du 24 décembre, l’administration préfectorale, sur avis ministériel, annule officiellement le projet d’édification d’un barrage sur le ruisseau LE TESTET à SIVENS, dans le TARN.
Ce barrage avait été décidé, par le conseil départemental du TARN, pour irriguer une vingtaine d’exploitations agricoles pratiquant la maïssiculture.
Des militants de la défense du vivant occupèrent les lieux pour en préserver la biodiversité et le caractère de zone humide.
Le 25 octobre 2014, un jeune botaniste opposant au barrage, Rémi FRAISSE, était tué par l’explosion d’une grenade, dans le dos.
L’assemblée nationale refusa d’observer une minute de silence en faveur de ce pacifique défenseur de la nature, malgré une demande des députés écologistes et le gouvernement tenta de minimiser le meurtre, les politiciens locaux, avec indécence, perdurant à soutenir le projet de barrage ou, à défaut, un autre projet dont le résultat serait l’anéantissement de la zone humide.
Une fois n’est pas coutume, il faut féliciter l’Etat pour la prise de l’arrêté du 24 décembre.
En revanche, il convient de souligner l’irresponsabilité de ces politiciens réactionnaires qui déplorent l’abandon du projet et préfèrent les poisons de la maïssiculture à la sauvegarde de la nature.
En fait, le climat évoluant, il est absurde de soutenir des productions agricoles totalement inadaptées à une région en voie d’assèchement, surtout en périodes estivales.
Il conviendrait d’encourager une reconversion des productions et, dans le même temps, préserver les sites naturels en voie de disparition.
Quand on sait ce que la culture du maïs coûte en consommation d’eau, en déversement d’herbicides et de biocides, en pollution des rivières, il faut être un sénateur bien sénescent pour fustiger l’abandon du projet de barrage de SIVENS.
Mais pour ces sénateurs et consorts fossilisés, hermétiques au défi de la mort des sites, que vaut la protection de la nature?
Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE