En 150 ans, la population humaine a été multiplié par sept.

Dans le même temps, la science et les techniques ont vaincu la mortalité infantile et ont permis à chaque humain de consommer sans cesse davantage d’énergie et d’espace, non seulement pour se nourrir, mais plus encore pour se distraire.

Après une prise de conscience éphémère du défi démographique, à la fin de la décennie 1960, les formateurs d’opinion passent sous silence les conséquences désastreuses d’une explosion démographique, sur l’altération du climat, la disparition de la biodiversité, l’occupation de l’espace planétaire, les pollutions multiples, l’épuisement des ressources.

Le dogme mensonger radote :

« Il faut des enfants, toujours plus nombreux, pour assumer la charge des anciens, toujours plus nombreux et dynamiser l’économie dans une perspective de croissance infinie ».

Les « faiseurs d’opinions » se réjouissent des taux de naissance élevés et s’apitoient sur les pays connaissant une baisse de natalité.

Or, objectivement, inéluctablement, un choix devra s’opérer entre la prospérité, l’aisance, l’hédonisme et la multitude en expansion constante et illimitée.

Exemple concret : les sept milliards d’humains ne peuvent pas prendre l’avion sous peine de compromettre la viabilité de la planète par dégradation de la composition gazeuse de l’atmosphère.

Limiter les naissances est un impératif premier.

Il ne s’agit pas de prendre le parti de la nature contre celui de l’homme, mais de cesser de prendre le parti de l’homme contre celui de la nature.

Il faut concilier, dans une démar(che biocentriste, l’espèce humaine avec l’ensemble de la biodiversité.

Il convient de se soucier d’électrifier un continent, tout autant que de la sauvegarde de sa faune et de sa flore.

Ceux qui nient le défi démographique et qui monopolisent, pourl’heure, la parole publique, ignorent qu’ils préparent, non seulement la sixième grande extinction d’espèces sur terre, mais des catastrophes humaines inéluctables sur une planète surpeuplée, surexploitée, couverte de mégapoles infernales.

Tout humain a droit à une vie digne, agréable, libre, épanouissante et, si possible, prolongée.

Mais cette option passe par une réduction du nombre des naissances pour que chaque individu, chaque espèce conservent sa place légitime sur une planète finie.

Le péril ne naît pas de la maîtrise sur le monde, mais de la perte de maîtrise de cette maîtrise.

Ainsi, l’anthropocène sera une fin pour l’aventure de la vie, si l’homme anéantit la nature, ou le commencement d’une ère heureuse si nous réussissons à vaincre la cupidité et la cruauté.

Le retour du loup : une chance

La CONVENTION VIE ET NATURE se réjouit du retour prévu et désiré du loup dans les forêts Françaises.
Le vendredi 30 octobre, un agriculteur de la commune de ST-LEON SUR L’ISLE (DORDOGNE) a tué, dans son poulailler, un animal présumé être un jeune loup mâle blessé à une patte, probablement par un piège.
Une analyse génétique est en cours mais les agents publics de la faune estiment être bien en présence d’un loup.
Cela n’a rien d’étonnant.
Le loup, de retour en France depuis 1992 en provenance d’Italie, reconquiert progressivement sa place.
Il a déjà été observé dans le CANTAL et le LOT.
Sa présence en DORDOGNE est dès lors prévisible, bien que la vallée de l’ISLE ne soit pas le biotope dans lequel on pensait le rencontrer, dans un premier temps.
Biologiquement, le loup remplit dans la nature un rôle précieux de régulateur de la faune de taille moyenne. Il participe ainsi grandement aux équilibres écologiques.
Il est présent en Italie qui compte près de sept cents individus et en Espagne qui possèderait plus de mille loups vivant en harmonie avec les hommes.
Contrairement aux légendes médiévales, le loup n’attaque pas l’homme et aucun Italien, Espagnol, Polonais ou Canadien n’a été dévoré par les loups qui ont constamment été présents dans ces pays.
Juridiquement, l’espèce est protégée par la loi et sa destruction constitue un délit correctionnel.
Aussi, tout obscurantiste qui viendrait à tuer un loup ferait l’objet non seulement d’une plainte, mais d’une citation directe devant le tribunal correctionnel par les associations de protection de la nature.
En un temps où l’on déplore la mort de la biodiversité, la disparition de la plupart des espèces de faune et de flore, il faut se réjouir d’un retour spontané d’une magnifique espèce animale, ancêtre de notre chien de compagnie.
Les générations futures seront heureuses d’avoir encore de la vie sauvage dans nos forêts et pourront remercier ceux qui, contre les préjugés et les ignorances, auront contribué à ce sauvetage.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE

La viande : un cancérogène pour la conscience ?

Les goûts alimentaires, les cultures culinaires, les habitudes familiales et sociales ne peuvent que susciter tolérance et compréhension.
Animal omnivore, l’humain consomma fréquemment dans son histoire d’autres animaux, sans que cela soit une constante, ni une obligation biologique.
Présentement sur la planète, la consommation de viande va croissant, du fait des pays sous-développés dont l’accession aux aliments carnés symbolise une sortie de la pauvreté, alors qu’inversement, dans les pays développés apparaît un végétarisme militant, au nom de la santé et du respect des animaux.
La section cancérologique de l’Organisation Mondiale de la Santé publie une étude (synthèse de huit cents études) révélant que charcuteries et viandes rouges favorisent l’apparition de cancers du côlon et de l’estomac.
Nous le savions déjà, mais cette publication par un organisme dont nul ne conteste le sérieux suscite une annonce dans la presse et lance un débat très révélateur de l’état de notre société.
Vous entendrez les grincheux énoncer : « Après le tabac, l’alcool, les hygiénistes veulent nous empêcher de manger de la viande. Laissez-nous fumer, boire et nous intoxiquer, puisque de toute façon nous devrons mourir ».
Ce raisonnement de « beauf » et fier de l’être, oublie tout simplement que les scientifiques n’interdisent rien, n’édictent pas de normes.
Dès lors qu’ils ne mettent pas la vie des autres en danger, les « beaufs » peuvent consommer de la poudre à cancer, de l’alcool et autres toxiques, autant qu’ils le veulent.
Les scientifiques étudient, observent, dénombrent puis informent.
Libre ensuite à chacun de faire ce qu’il veut de cette information objective et toujours perfectible, puisque la science est doute, à l’opposé de la croyance qui est certitude révélée.
Chacun de nous construit sa vie selon ses connaissances et sa nature.
Liberté à chacun de tenir la main de la maladie, de la souffrance et de la mort ou, inversement, de tenter de lutter contre ces ennemies implacables.
Mais avec la viande, les lobbies et les « beaufs » se surpassent en ricanant, dans certains médias, où ils proclament qu’ils mangeront toujours davantage de foie gras et autres charcuteries et quartiers de vaches.
Si je conçois et respecte tous les modes d’alimentations, je m’étonnerai toujours de la capacité de l’humain à nier la souffrance d’autrui.
Lorsque, dans les peuplades primitives, l’homme tuait un animal, il lui rendait hommage, le remerciait de donner sa chair et ne confondait pas sa victime avec une chose.
L’homme moderne consomme des animaux élevés et tués dans des conditions cruelles parce que l’élevage et l’abattoir doivent être, à l’image de toute chose, rentables.
Engraisser et abattre vite, à la chaîne, industriellement, en célébration de la société du profit et de l’exploitation, représentent les modes d’obtention de la viande, ici et maintenant.
Aussi, si je respecte les choix de chacun en matière alimentaire, je condamne cette indifférence coupable envers les moyens employés pour obtenir cette viande qui cancérise les viscères et qui, bien avant, devrait cancériser les consciences.
Les fermes des mille vaches, mille veaux, mille porcs, dix mille poulets, les abattages superstitieux qui veulent que l’animal souffre pour apaiser les dieux et leur offrir des sacrifices, relèvent d’une barbarie déshonorante pour l’espèce qui s’imagine supérieure.
Pour ma part, à l’instar de Marguerite YOURCENAR « J’ai du mal à digérer une agonie ».
Allons, les rires gras, les éructations satisfaites des contempteurs de la « cause animale » prouvent que l’homme possède davantage d’intestins et d’estomacs que de conscience.
Mais nous le savions, puisque les guerres de religions en expansion, la chasse, la tauromachie, le libéralisme économique illustrent, chaque jour, la carence de trop de nos contemporains, pauvres en raison et en compassion.

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE