Réduire les impôts !

« Enrichissez-vous », slogan de GUIZOT inaugurant la monarchie de juillet, pourrait être la devise de la société de Marché, anciennement qualifiée de « capitaliste ».
Dans ce contexte, une baisse d’impôts constitue une promesse électorale démagogique bien tentante.
Habituellement, la droite, reniant le patriotisme et le civisme qui devraient lui faire aimer l’impôt, flatte les ligues de contribuables en tenant le raisonnement suivant : « Moins d’impôt signifie plus de pouvoir d’achat, donc plus de consommation, donc plus de croissance ».
Or, cela ne fonctionne pas.
L’impôt SERT les services publics, permet des emplois d’enseignants, de policiers, de juges, d’infirmières et de médecins hospitaliers, d’inspecteurs des fraudes et du travail, d’assistantes sociales et de divers services de secours civils.
Ainsi, l’impôt crée des emplois, de vrais emplois offrant un statut digne à des salariés, certes peu rémunérés, mais bénéficiant d’une garantie, ce qui irrite fort les tenants du retour au servage salarial.
Le président HOLLANDE promet, en ce mois d’août 2015, une baisse de l’impôt sur le revenu pour l’an prochain.
Pas sûr qu’Il puisse tenir cet engagement que je n’aurais pas souscrit.
Cette annonce participe d’une politique centriste (ce qui n’est pas une injure) suivie par les gouvernants issus des élections de 2012.
Au fond, pour faire cette politique, il eut été habile d’appeler à MATIGNON François BAYROU, ce qui eut ajouté la gratitude à la cohérence.
Préférable à l’arrogance, aux provocations antisociales et antiécologiques de la droite de l’argent, cette politique « centriste » n’est pas celle que je préconise.
Constatons, en fait, ses échecs, ici et ailleurs.
Partout s’aggravent les inégalités sociales, avec l’épuisement des ressources, l’émergence d’une société productiviste forcenée incompatible avec la préservation de la biodiversité, de la qualité de la vie, d’un environnement supportable.
Les partis politiques non écologistes misent tout sur une croissance infinie dans un monde fini.
Cette croissance est elle-même fondée sur la compétition, la concurrence féroce entre les firmes et les pays.
Il faut sortir de cette spirale destructrice et changer de paradigme.
L’État n’est pas le problème mais une solution en ce qu’il lui incombe de redistribuer, de réguler, de contrôler et ce dans le dessein de préserver les plus faibles, de garantir l’intérêt général, de protéger la nature.
En économie, un équilibre doit être rétabli entre l’initiative privée et le bien public.
Les deux idéologies qui s’affrontèrent au siècle passé portaient exclusion soit du secteur privé, soit des droits sociaux et de l’intérêt général.
Ces deux systèmes échouent et menacent la vie par leur culte du productivisme.
Une autre voie s’offre à nous.
En économie, l’existence d’un secteur public fort, l’affirmation du rôle de l’État seraient qualifiés de « marxisme » par les esprits dogmatiques adorateurs du Marché.
Avec humour, je leur réponds que c’est du gaullisme, version 1945.
Je préfère une augmentation de la dépense publique, le remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite par deux, à une baisse d’impôt.
Pas très démagogique, mais abandonnons les facilités menteuses pour tenir un langage de vérité et de courage.
En outre, j’affirme que l’économie ne représente pas une infrastructure déterminant des superstructures, c’est-à-dire tout le reste.
Les déchirements sanglants qui opposent les communautés religieuses dans nombre de malheureux pays prouvent que les idéologies vivent leur vies propres et ne sont pas dépendantes des seuls moyens de production.
Les terroristes d’aujourd’hui n’émargent pas aux damnés de la terre mais plutôt aux damnés du ciel.
Être écologiste, c’est mettre la vie avant la quête de la possession.
Alors, enrichissez-vous en qualité de vie .
Gérard CHAROLLOIS