Y a-t-il un autre écologiste ?

Je suis candidat à la primaire de l’écologie et je remercie les deux mille amis qui ont rejoint mon comité de soutien.
Pour permettre aux citoyens d’opter, il nous faut obtenir les parrainages de 36 conseillers fédéraux du parti EELV, ce qui s’avère plus problématique que de rencontrer les électeurs.
Qu’est-ce que l’écologie ?
Les philosophes, d’une part, le grand public, d’autre part, s’accordent sur une définition alliant une science du milieu de vie et une sensibilité nouvelle à la nature et à l’animal.
Pour le citoyen, ceux qui s’opposent au massacre des bébés phoques, à la chasse à la baleine, aux tirs des loups, à la déforestation, aux saccages des sites naturels sont les écologistes.
Pour ceux qui pensent le monde, les écrivains, les essayistes, l’écologie, en son accepttion éthique, rompt avec l’approche traditionnelle de l’animal machine et de la nature à exploiter.
Cette définition admise communément valut une grande sympathie aux écologistes politiques, dans un premier temps.
Le divorce entre le parti et le peuple, attesté par les résultats électoraux et les sondages, résulte d’un décalage entre une attente citoyenne et les discours des animateurs du parti.
Le rendez-vous a été manqué.
Présentement, dans les pseudo-démocraties qui ne sont que des ploutocraties aux mains des lobbies, l’écologie politique est dévoyée, à l’instar de la politique en général.
Ainsi au pouvoir, vous observez un parti dit socialiste qui n’instaure pas le socialisme.
Vous subissez un parti dit LES REPUBLICAINS alors que nul ne conteste le régime républicain.
Les politiques mentent et, le contenu n’étant plus conforme à l’annonce, perdent toute crédibilité.
Quant aux écologistes politiques, ils dissertent sur la « transition énergétique, sur les transports, sur le logement, sur les pollutions, sur le climat, sur la réforme nécessaire des institutions », tout sujet important, mais nullement spécifique à l’écologie.
Silence sur l’éthique, le rapport aux autres espèces, la protection de la nature, le respect de l’animal, être sensible.
Serais-je le seul écologiste en politique ?
J’approuve ce que proposent les autres prétendants au grand affrontement devant l’opinion publique, mais je déplore leur silence sur les fondamentaux.
Un socialiste (un vrai), planificateur volontariste, peut parfaitement lui aussi prôner une « transition énergétique », vouloir davantage de « transports en commun », réguler les émissions de gaz à effets de serre.
D’ailleurs, ce socialiste planificateur existe et ne manque pas de talent.
Inversement, à droite, un libéral dévot du profit des entreprises peut, tout autant, louer la « transition énergétique », créatrice de filières nouvelles, donc d’occasions d’enrichissements pour les oligarques qui investiront dans ces secteurs. Pour l’adorateur du Marché et de sa main invisible, le profit a tout à gagner d’une petite couche de peinture verte sur le mercantilisme consumériste.
Je ne soutiens pas que ces questions « anthropocentrées » ne méritent pas des développements. Le penser serait absurde.
Je soutiens, en revanche, que tout décideur peut les appréhender et en faire son miel.
Alors, amis écologistes politiques, si vous ne voulez pas disparaître, si vous voulez retrouver un lien avec les citoyens, il vous faut porter les valeurs et les aspirations qui correspondent à l’attente des gens.
Soyez ce que vous prétendez être : le parti de la vie, de la nature, d’un nouveau rapport aux êtres.
Quant à vous, mes amis lecteurs et militants, s’il advenait que les dirigeants de EELV m’excluent de la primaire, c’est-à-dire excluent l’écologie, nous poursuivrons notre action loin du TITANIC.
Devant nous, les icebergs sont redoutables.
Loin d’anticiper, de réfléchir sur ce qui va advenir, une classe politique indigente nous offre le spectacle pitoyable d’une danse des égos.

Gérard CHAROLLOIS

L’animal : une question de civilisation

Façonnée par les monothéismes, la société mondialisée confine l’animal à un rang inférieur, souvent à celui des choses, des marchandises et même des souffre-douleurs, des symboles expiatoires.
C’est que les mythes fondateurs du monde contemporain intimaient à l’homme de devenir « comme maître et possesseur de la nature », « effroi de toutes les bêtes dont il peut disposer ». Et les prescripteurs antiques d’enjoindre à l’homme de « croître et multiplier, jusqu’à emplir la terre » !
Bref, l’humain devait se comporter dans la biosphère, exactement à l’instar d’une cellule cancéreuse dans un organisme.
Ces prescriptions, divinement nocives, fondèrent une civilisation dévastatrice pour la planète, infernale pour les animaux et, par ricochet, pour les hommes eux-mêmes instruits à dominer, asservir, exploiter, éliminer ce qui dérange.
Nous assistons, présentement, à une rupture de civilisation générée par les progrès des connaissances en paléontologie, science de l’évolution des espèces, biologie moléculaire, éthologie, écologie qui convergent vers une vérité objective : l’unité du vivant dans la diversité des formes.
Longtemps ignorée, la question animale émerge, tant dans la philosophie que dans la vie quotidienne des humains.
La fréquentation des animaux dits de compagnie, la constatation de la raréfaction de la faune, l’industrialisation massive de l’élevage et de l’abattage, la cruauté effrayante de certaines traditions sanguinaires, appellent une remise en cause des dogmes anciens.
S’impose, aux esprits de tous, une interrogation critique face à la traditionnelle rupture radicale entre l’humain/animal et les autres espèces.
Les brutalités d’employés des abattoirs suscitent de vives réactions dans l’opinion publique, contraignant des ministres, par ailleurs hermétiques à la sensibilité envers les animaux, à réagir, au besoin en faisant fermer des établissements.
Bien qu’encore minoritaire, des contemporains réduisent considérablement leur consommation de viande ou y renoncent totalement et le grand public entend parler du phénomène dit « vegan », de moins en moins confidentiel.
Tout ceci participe d’un mouvement de fond, d’un changement de civilisation auquel s’opposent des forces passéistes dont la chasse, l’élevage, la tauromachie constituent les noyaux durs de réactions violentes parce que vaines.
Eu égard au stade d’évolution des connaissances et des mentalités, l’heure est venue d’abolir, par la loi, tous les usages cruels de l’animal à des fins de loisir et de spectacle.
Puisque l’animal est un être sensible, ce qui est reconnu quasi-universellement, le temps est venu d’interdire la chasse loisir, la tauromachie et l’utilisation des animaux dans les jeux et spectacles.
Lorsque je qualifie « d’arriération » la chasse et le goût des spectacles de mort, je n’injurie nullement des pratiques, mais les décrit sociologiquement.
Tuer pour se distraire, pour jouir de la mort d’un être sensible, relèvent d’une arriération puisque la connaissance et la conscience invitent au respect et à la bienveillance envers cet autrui différent, mais partageant, avec nous, le sort de vivre.
Il serait du devoir de l’État de légiférer, conformément aux souhaits d’une majorité de citoyens, en abolissant la mort loisir et la mort spectacle.
Bien sûr, l’État ne respectera pas ce devoir de civilisation.
Pourquoi ?
Parce que les démocraties actuelles ne sont que des leurres, des écrans factices, des illusions entretenues à dessein pour préserver des intérêts très privés.
Combien sont-ils les électeurs, sujets captifs de la propagande insidieuse, à savoir qu’en votant pour Monsieur X, ils optent pour la chasse, la corrida, la fin des services publics, le sacrifice des droits acquis des petites gens, la mort des loups et des droits sociaux, la perpétuation des privilèges de la fortune ?
La propagande vise à occulter ces faits, ces évidences qu’il faut taire.
Ainsi, la question « animale » se trouve indissociablement liée à l’échec actuelle de la démocratie.

Gérard CHAROLLOIS

Communiqué : par-delà la primaire de l’écologie

Dans un souci d’unité du mouvement écologiste, j’ai, en qualité de représentant de l’écologie biocentriste, posé ma candidature à la primaire organisée par le parti EUROPE ECOLOGIE LES VERTS.
Je l’ai fait pour proposer, hors de la classe politique déconsidérée, une alternative.
Or, la recevabilité des candidatures est subordonnée aux parrainages de 36 membres de l’organe directeur du parti, élus en fonction des résultats des motions internes.
Ce processus d’élimination des candidats, faute de soutien par une « écurie » interne au parti, risque de compromettre l’intérêt d’une primaire ne proposant que des membres de l’appareil partisan.
Dès lors, en l’absence d’ouverture, la désignation du candidat ou de la candidate ne suscitera aucune mobilisation citoyenne et ne présentera aucun intérêt.
Dans l’hypothèse où notre courant de pensée, ni plus, ni moins légitime que les autres, ne pourrait pas s’adresser aux citoyens, c’est-à-dire, si nous n’obtenions pas les parrainages, je ne me considérerais nullement concerné et, moins encore lié par une primaire dont nous aurions été exclus.
En 2011, lors de la précédente primaire de l’écologie, j’avais invité à soutenir Nicolas HULOT, en exposant qu’à défaut, la candidate des VERTS n’obtiendrait que 2% des suffrages à la présidentielle d’avril 2012.
En 2016, je ne peux que réitérer mon analyse pour 2017.
Partant d’une constatation d’évidence, à savoir que les citoyens rejettent massivement la classe politique, ses manœuvres subalternes, ses jeux de microcosmes partisans, ses ambitions manifestes, les écologistes se devaient d’échapper à cette caricature et offrir une démocratie participative, ouverte, loyale, exempte de jeux de forces internes à un appareil.
Si la primaire ne devait pas permettre un vrai débat, mon devoir sera d’informer ceux qui se reconnaissent dans notre pensée écologiste, de notre absence de ce naufrage éthique.
Il existe au sein de l’écologie, pensée neuve, des nuances, des différences qui doivent s’exprimer, s’exposer, se confronter, de manière apaisée et loyale.
Nous, défenseurs de l’arbre, l’animal et l’homme, portons les aspirations de millions de personnes désireuses d’entretenir un lien nouveau avec la nature.
Nos valeurs, nos aspirations, notre programme sont ceux de l’écologie entendue par les citoyens comme un nouveau rapport à la nature et au vivant.
D’autres candidats sont parfaitement fondés à représenter d’autres sensibilités que les nôtres.
La confrontation, le grand débat des idées, les choix par les citoyens devraient résulter d’une consultation de tous, via une primaire ouverte dont nous accepterons le résultat.
En revanche, nous considérerons invalide une élimination par une manœuvre d’appareil partisan.
A ce jour, les options demeurent ouvertes, bien que la lucidité, le devoir de vérité qui me lie à mes lecteurs m’obligent à douter du succès de ma tentative d’unité.
Les petites ambitions personnelles, les plans de carrière, poisons délétères de la politique discréditée, nous sont étrangers et nous en connaissons le terme inéluctable : 2% des suffrages, l’an prochain, à la présidentielle.
Certains le savent mais leur pulsion à occuper le haut de la fiche prime sur l’affaiblissement des combats de l’écologie que génèrent leurs ambitions égotistes.
En toute hypothèse, je donne rendez-vous à tous ceux qui veulent se battre pour une écologie au service du vivant, le samedi 15 octobre prochain, à l’AGECA, 177 rue de CHARONNE, PARIS XI.
Construisons une FORCE POUR LE VIVANT, pour faire de la politique autrement, pour servir une cause et non se servir d’elle, pour cesser la course aux apparences du pouvoir.

Gérard CHAROLLOIS

L’indigence des politiques

Le vendredi 19 août à MONT DE MARSAN, quelques centaines de braconniers défilèrent pour réclamer le droit de tuer des bruants ortolans et des pinsons, au nom de leurs traditions.
La classe politique locale, sénateur dit socialiste et élus conservateurs mêlés, s’inclinèrent servilement devant leurs amis les chasseurs, « gestionnaires de la nature ».
Oubliés les nobles engagements de sauvegarder la biodiversité, l’inscription au code civil du caractère sensible de l’animal, la bienveillance quasi-universelle portée par les humains civilisés aux oiseaux !
Les politiciens pratiquent le populisme, ce mépris du peuple consistant à flatter les bas instincts, à mentir aux citoyens pour plaire, un jour,aux uns, le lendemain à d’autres, en affirmant le contraire de ce qu’ils dirent la veille.
Le populisme confond le peuple et la lie, la démocratie et l’imposture qui séduit, le discours qui éclaire et la parole qui abaisse et égare.
Si la preuve de l’indigence intellectuelle et morale de la classe politique nous est offerte par la chasse, loisir de mort, la baisse du niveau se révèle dans tous les domaines.
Nos politiciens formatés récitent stupidement des textes dont vous connaissez, à l’avance, les radotages.
A droite, ils s’agenouilleront devant l’entreprise privée, la concurrence, la compétition, invitant chacun à se flexibiliser pour maximiser les profits.
Ils flétriront la dépense publique, la paresse du salariat, le parasitage par les assistés et les règlementations tatillonnes protégeant les droits acquis et l’environnement, qui « commence à bien faire ».
A gauche, à l’instar des erreurs de leurs devanciers face aux crimes des stalinisme, maoïsme et équivalents du siècle passé, ils pardonneront tout aux « damnés de la terre », allant jusqu’à condamner la critique légitime d’une religion, au nom d’un anti-raciste étranger au sujet.
Ils préféreront encore avoir tort avec SARTRE que raison avec ARON, c’est-à-dire célébrer l’esprit de système.
Où sont l’intelligence, la pensée alerte, le jugement serein et libre ?
Où sont les réflexions sur les défis nouveaux d’un monde de la technique ?
Au lieu de prospections fructueuses, rationnelles, construites, les politiciens récitent leurs catéchismes sans s’écarter du dogme, sans sortir du prêt-à-penser dont se gargarisent leurs chapelles rivales.
Aussi, la politique contemporaine est en rupture avec la philosophie, la science, la recherche, parce que l’intelligence a déserté ses débats.
Il en résulte d’une part une anesthésie d’une fraction importante du corps social, d’autre part un rejet méprisant des politiciens par les citoyens.
J’affirme qu’en présence de toute question sociale, économique, écologique, éthique, culturelle, il faut faire fonctionner sa raison, fuir les préjugés, pour comprendre et proposer des solutions adaptées.
Il faut parler honnêtement à des citoyens respectés, en tentant d’élever le niveau de conscience et de compréhension.
Le regretté François CAVANNA résumait cette déchéance en une formule vigoureuse : « La politique est l’art de plaire aux cons ».
Sans doute ne demandait-il pas mieux qu’elle devienne autre chose !
Le malheur des politiciens de profession tient à la raréfaction du « bon con », prompt à se laisser duper par les « plans de carrières », les manœuvres d’appareils, les intrigues de partis.
Les journalistes, complices du système, tentent bien de perpétuer le jeu truqué des ambitions subalternes. Les médias censurent ceux qui dérangent et rabâchent les noms, les discours creux de la classe politique de connivence.
L’opinion publique s’est lassée.
Observons que les élections se font davantage « contre » le sortant, que « pour » son antagoniste.
Le rejet prévaut sur l’adhésion.
C’est en échappant au prêt-à-penser qu’on évitera les périls d’un monde à la fois dangereux, mais également porteur de prodigieuses avancées, sur la voie de moins de souffrance.
En quarante ans, la société a davantage changé qu’en quatre siècles.
Les changements vont s’accélérer dans les décennies prochaines.
Que ferons-nous de ce changement ?
Les choix sont urgents dans tous les domaines et le personnel politique n’apparaît guère en mesure de répondre aux défis.
Suis-je trop sévère ?
Hélas, les faits, eux, ne mentent pas.
La démocratie est en crise et il serait grand temps de changer les mœurs politiques.
Je sais, toutefois, combien il est difficile d’avoir raison trop tôt.

Gérard CHAROLLOIS

La primaire de l’écologie

Face aux lobbies, aux forces réactionnaires, aux obscurantismes, au culte de l’argent, à l’anthropocentrisme béat, au grand massacre de la nature, aux sacrifices des êtres vivants, l’unité de ceux qui aiment la nature et respectent la vie s’impose.
Par-delà les différences, cette unité est la condition première pour des avancées car, contre nous, des puissances financières, partisanes, traditionalistes structurées, maîtres des médias, veulent perpétuer le grand saccage de la terre.
Depuis plus de trente ans, je travaille inlassablement dans le monde associatif à cette union des défenseurs du vivant, dont la dispersion interdit les progrès nécessaires sur la voie de la protection de la nature, du respect de l’animal, être sensible, de la prévalence de la vie et de la liberté individuelle sur les dogmes et les intérêts financiers.
Dans cet esprit, pour porter les valeurs du biocentrisme (le vivant d’abord), j’ai souhaité concourir à la primaire de l’écologie politique, préparant la présidentielle de 2017.
Nicolas HULOT ayant renoncé à mener ce combat, le parti EUROPE ECOLOGIE LES VERTS (EELV) résolut, début juillet, d’organiser une primaire ouverte à la société dite « civile », c’est-à-dire à tout citoyen se reconnaissant dans les valeurs de l’écologie, au-delà des appartenances partisanes.
Ce parti décida d’imposer un filtre aux candidatures, à savoir la nécessité de 36 parrainages, par les conseillers fédéraux du parti, pour pouvoir solliciter vos suffrages.
La mesure pouvait être opportune si, d’une part, le nombre des candidatures s’avérait excessif et si, d’autre part, le nombre de parrainages, au sein d’un groupe d’environ 240 élus, n’était pas trop élevé.
De fait, la liste des candidats a été arrêtée le 11 août et la validation, après parrainage, doit intervenir à la fin de ce mois.
Quels sont ces candidats, dans l’ordre alphabétique :
Gérard CHAROLLOIS, Yannick JADOt, Olivier LAFOND, Michèle RIVASI, Pierre SCHWARZ.
Quant à d’autres, sans doute attendent-ils l’échec de la primaire pour soigner leur narcissisme, au détriment de la cause écologique !
La démocratie exigeait une primaire ouverte.
Son adoption ouvrait un champ fructueux de débats d’idées, de confrontations des propositions et vous permettait de participer au choix du candidat appelé à vous représenter.
Un filtre partisan risque de priver l’initiative de tout intérêt intellectuel et éthique.
La démocratie meurt de la main-mise des appareils politiques sur la vie publique.
EELV pouvait remédier à ce malaise du politique, en organisant une primaire ouverte à tous les courants de pensées de l’écologie.
Le risque est immense de voir l’esprit de clans lilliputiens l’emporter sur l’air vivifiant d’une ouverture vers une autre approche du débat public.
Sur le fond, par-delà ces péripéties subalternes, nous mesurons les périls dont sont grosses les forces politiques qui gouvernent, aujourd’hui, et plus encore celles qui gouverneront dans un an.
Si d’aucuns ne perçoivent pas, aujourd’hui, le sens de mes avertissements, ils comprendront bientôt que j’avais raison d’appeler à l’union de tous les amis du vivant, lorsqu’ils constateront :
la relance du programme autoroutier, la prospection pour l’exploitation des gaz de schistes, les faveurs données à l’élevage concentrationnaire, à la chasse, à l’agrochimie, la complicité de l’Etat avec les promoteurs spéculateurs, la répression des zadistes, l’étouffement des associations de protection des sites, le dénigrement des opposants aux grands projets inutiles.
En posant ma candidature pour servir la cause biocentriste, j’ai pratiqué, en totale lucidité, un pessimisme de la raison, n’étant pas soutenu par une quelconque écurie interne au conseil fédéral des VERTS, et l’optimisme de la volonté, car je n’ai fait qu’un devoir envers ma patrie, ma foi, ma conviction qui ont pour nom : la nature.
S’il advient que notre pensée ne puisse pas concourir, il nous faudra poursuivre notre action autrement, mais nous aurons, avec le sentiment du devoir accompli, essayé de rassembler les militants de la vie.

Gérard CHAROLLOIS

L’affaire ortolans

A l’instar des gluaux en Provence, des lecques en Aveyron, des lacets dans les Ardennes, le département des LANDES souffre d’un braconnage de petits oiseaux, à l’aide de pièges-cages (matoles).
De mi-août à fin septembre, quelques trois cents braconniers disposent ces pièges dans les champs pour capturer bruants ortolans et pinsons pour, après engraissement, les noyer dans l’alcool et les manger, la tête couverte d’une serviette, sans doute pour dissimuler leur honte de consommer des passereaux légalement protégés et menacés.
Des politiciens, tels François MITTERRAND et Alain JUPPE, s’adonnèrent à cette consommation illégale, moralement aberrante, violemment contraire aux impératifs écologiques de préservation des espèces.
Pour couvrir le braconnage, l’Etat Français, édictant le 17 avril 1981 une liste d’espèces de faune protégées, oublia le bruant ortolan.
L’oiseau n’était pas autorisé à la chasse, ce qui eut été contraire à la directive européenne relative à la conservation des oiseaux, mais n’était pas une espèce protégée car les politiciens voulaient éviter que la capture et la mise à mort de ces oiseaux constituent un délit correctionnel.
Il fallut saisir le conseil d’Etat pour qu’il soit enjoint à l’Etat de réparer son omission.
Désormais, bruants ortolans et pinsons sont bien des espèces protégées et les chasseurs landais commettent un délit en les détruisant.
Mais la chasse Française a deux piliers qui en font la plus nocive d’Europe : la dérogation et la tolérance.
L’administration « tolère » que chaque braconnier pose une trentaine de pièges-cages pour perpétrer ces exactions contre nature.
Naguère l’administration, contre la loi en vigueur, admettait que les braconniers de tourterelles des bois du MEDOC, tirent du premier au 21 mai, mais uniquement entre 7 heures et 13 heures, en toute illégalité.
Les gendarmes, les gardes de l’ONCFS sont priés de regarder ailleurs.
Si des protecteurs de la nature viennent constater les actes de braconnages, des commandos de chasseurs, dignes représentants de ce qu’est la chasse française, molestent, menacent, dégradent le matériel des ornithologues, en quasi-impunité.
C’est l’état de droit vu par des pouvoirs publics partiaux, paralysés par une poignée de demeurés dont les menées violentes résultent de la pusillanimité de l’Etat.
Non, le département des LANDES n’est pas peuplé de brutes débiles se nourrissant de petits oiseaux chanteurs.
Les chasseurs ne représentent qu’une infime minorité, qu’un simple rappel à la loi ramènerait à la raison et aux respects du droit, des oiseaux et de la dignité humaine insultée par ces pratiques barbares.
L’Europe, en juin dernier, a mis en demeure la France de faire cesser ce braconnage.
Par ailleurs, en droit, les associations de piégeurs d’ortolans devraient être dissoutes par les tribunaux, pour violation de l’article 6 du code civil comme le furent, en 1997, les associations qui organisaient la chasse à la tourterelle en mai en GIRONDE.
Et surtout, la classe politique devrait apprendre que le peuple français vaut mieux que ces tueurs d’oiseaux, honte pour notre temps.

Gérard CHAROLLOIS

Une société contre nature

Les professionnels de la politique discourent d’or, invoquant les grands principes, l’intérêt général, le service du pays, la défense de l’emploi et même, parfois, l’impérieux devoir de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel.
Or, ces mots sont menteurs.
L’unique obsession de ces « professionnels » est la conquête et la conservation des apparences et avantages du pouvoir.
Pour satisfaire leurs carrières, il leur faut obtenir l’argent et servir les intérêts des lobbies et des oligarques qui financent leurs campagnes électorales et assurent leur promotion dans les médias qu’ils ont achetés pour acquérir de l’influence.
La presse relate à titre d’illustration de cette soumission, sans en tirer la leçon, les péripéties édifiantes des débats parlementaires sur l’interdiction, longtemps différée, des sacs plastiques des caisses des super-marchés.
Distribués par millions, ces sacs pratiques, légers, résistants pour un usage éphémère, se retrouvent après de longs voyages dans les océans, contribuant grandement à la formation d’une soupe plastique dont la masse sera prochainement supérieure à celle des êtres vivants marins.
Poissons, planctons, tortues et oiseaux de mer sont victimes d’ingestion de plastique.
Le sauvetage de la faune océanique a-t-il suscité un débat de fond au parlement français ?
Sous l’ancienne législature, un projet de loi d’interdiction amena d’étranges joutes, aux arrières-pensées révélatrices de la qualité du personnel politique.
Les élus de la ruralité, notamment le chasseur Charles Amédée de COURSON, prônaient l’adoption de sacs plastiques obtenus par amidon de maïs et de fécule de pommes de terre.
De quoi satisfaire la FNSEA !
D’autres députés, tel le pourfendeur de l’assistanat Laurent WAUQUIEZ, soutenaient les fabricants de plastiques traditionnels, un industriel étant présent dans son département, la HAUTE LOIRE.
Quant à la nature, qu’elle s’adapte, se flexibilise, se réforme à l’instar des salariés, des gens humbles et de tout le vivant, priére de ne pas nuire aux affaires!
Du profit d’abord, telle est l’obsession de ces élus.
Au fond, les parlementaires se déterminent en fonction de petits intérêts économiques spéculatifs et dans l’indifférence des vrais problèmes.
Bien sûr, ils vous expliqueront que leurs choix sont commandés par la préservation de l’emploi local.
Cela dit, ils soutiendront la liberté de licencier, de délocaliser, de précariser les salariés.
Ce qui les anime est le culte du profit.
Ils sont persuadés que le profit, le Marché, l’entreprise règlent tout et, qu’en bout de course, la technique remédiera aux agressions que l’humain inflige à la nature.
Que les tortues marines se débrouillent pour survivre et que les océans apprennent à digérer le plastique, les hydrocarbures, les métaux lourds, les molécules biocides de l’agriculture et que nos chères entreprises privées produisent, s’enrichissent, accaparent sans se soucier du coût social et écologique.
D’ailleurs, en totalitaires qu’ils sont, ils oseront énoncer : « il n’y a pas d’alternative ».
Pour nous, la nature doit être prise en considération lors de la mise en œuvre d’une quelconque innovation et sa préservation gouverne la prise de décisions.
La nature est par-delà le bien et le mal, mais elle vaut par elle-même, parce qu’elle est la vie dans sa diversité.
L’humain a le devoir de maîtriser, mais sa maîtrise doit être biophile et orientée vers la lutte contre la mort.
Pour les politiciens en place, la croissance quantitative, le commerce, les affaires, le grand déménagement de la nature constituent des objectifs et, au pire, des dégâts collatéraux à leur notion nocive de « progrès ».
Or, le progrès est autre chose.
Au lieu de mesurer le produit intérieur brut, considérons d’autres paramètres, dans la société nouvelle que nous préconisons :
taux de mortalité, notamment de suicide, variations des prescriptions de tranquillisants, pourcentage de chômage, écart des revenus, quantité d’hectares bétonnés, indice de satisfaction des populations, bref, préférons le vivant à l’argent !
Mais pour accéder à cette nouvelle société, à cette alternative qu’ils récusent, la première décision à adopter consiste à changer le personnel politique.
Aux clergés du mercantilisme, substituons des humains qui serviront la vie avant le profit.
Tâche d’autant plus difficile qu’une propagande insidieuse maintient les peuples sous dépendance et contrôle.
Le citoyen, dépossédé d’esprit critique, est sommé de faire alterner au pouvoir, des centristes dits de gauche qui ne révolutionnent rien et des conservateurs, agents des forces d’argent.
Ce n’est point par sado-masochisme que des gens modestes élisent, contre leurs propres intérêts, des adorateurs du Marché, mais parce qu’ils sont victimes d’un vice redoutable : la soumission.
Malheur à ceux qui refusent la connivence entre les lobbies et les élus !
Les médias les condamneront au silence et, à défaut, au dénigrement.
L’essentiel, pour les maîtres du système, est que les « affaires » prospèrent pour quelques-uns, pendant que nature meurt et que le malaise croît, dans une démocratie dévoyée.

Gérard CHAROLLOIS

Notre devoir envers le vivant

En France, les semaines à venir seront décisives pour l’écologie.
Depuis des années, les questions essentielles intéressant le devenir de la biosphère et de l’humanité sont occultées et les écologistes politiques n’ont pas été suffisamment présents au rendez-vous de l’Histoire.
Ils ont fait, souvent moins bien, ce que des forces progressistes, purement traditionnelles, accomplissaient.
La spécificité de la seule pensée neuve du temps n’a pas été assumée.
Face aux forces de spéculation, face aux régressions religieuses, face aux faux débats et intrigues subalternes de ceux qui font carrière en politique, saurons-nous relever les seuls défis qui vaillent : défendre la nature, changer le rapport à l’animal, privilégier l’humain sur l’argent, construire une société pour le vivant et non pour le profit, préférer l’emploi qui épanouit à l’austérité qui enrichit la caste affairiste.
Préférant me répéter que me contredire, j’exhorte les écologistes, les naturalistes, les animalistes, les femmes et hommes de mieux à s’unir pour proposer une autre voie que celle imposée par le système économique actuel fondé sur la concurrence, la compétition, la rapine, l’exploitation.
A défaut de cette unité des gens de mieux, les ennemis de la terre pourront parachever leur œuvre de mort, jusqu’à l’anéantissement final.
L’an prochain, en France, des élections permettront de mesurer le rapport des forces entre ceux qui veulent sauver l’arbre, l’animal et l’homme et ceux qui servent les intérêts des firmes et des oligarques.
Sans changement de fond et de forme, la vaste nébuleuse du parti de la vie demeurera inaudible.
Les candidats écologistes, version « canal historique », réaliseraient moins de 2% des suffrages à la présidentielle et des scores confidentiels aux législatives de juin.
Les destructeurs de biodiversité, ceux qui cassent les droits sociaux pour accroître sans cesse les privilèges d’une infime caste d’affairistes, pourront perpétrer leurs exactions.
Le défi qui se pose à l’écologie politique rejoint celui qui attend l’humanité, à savoir : changer ou disparaître.
Or, nombre de nos contemporains accéderaient à la compréhension de ces défis si un discours de vérité, de clarté, de courage était tenu, au lieu et place des discours langue de bois de la politique d’antan.
Ecoutez les politiciens « de profession » : ils récitent de manière dogmatique les versets des livres saints de la droite ou de la gauche, en se gardant bien d’innover, de transgresser leurs préjugés ressassés.
La société n’évoluera favorablement que si des humains iconoclastes sortent des sectes partisanes pour affirmer des valeurs, développer un programme concret échappant aux vieux clichés éculés, inadaptés aux problématiques nouvelles.
Agissons pour faire gagner le vivant et unissons-nous pour faire reculer les périls qui ont pour noms : guerre civile de demain, chocs de civilisations, retour de barbarie et d’obscurantisme, mort de la biodiversité, cancérisation de la terre par les pollutions et déchets, négation des droits humains et de ceux de tous les êtres vivants, régressions des protections sociales sous le paravent des réformes, dictature sournoise de l’argent.
En menant ce combat, je ne fais que m’acquitter d’un impérieux devoir.
Le défi est immense, en contemplation des faiblesses humaines tenant aux troubles narcissiques, à l’esprit de chapelle.
La vie, dans sa merveilleuse diversité, mérite cet engagement pour qu’elle devienne le centre de nos valeurs.

Gérard CHAROLLOIS

Primaire de l’écologie : Samedi 15 octobre 2016, à 14h, à Paris

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qui s’engage dans la primaire de l’écologie et crée un nouveau parti politique :  Une Force Pour Le Vivant

Pour débattre de cette candidature à la Primaire de l’écologie et de bien d’autres sujets qui concernent l’humanité, la planète et les animaux,
nous vous invitons à l’Assemblée générale fondatrice
de notre nouveau parti :
Samedi 15 octobre 2016, à 14h, à Paris
AGECA, 177 rue de Charonne 75011 Paris
(Métro : Ligne 2 Alexandre Dumas)

 

Un monde empoisonné

Je remercie les associations, notamment ici POLLINIS, pour son appel à inviter les « politiciens » à résister aux pressions du lobby de l’agrochimie, en mal de biocides.
Il faut comprendre ce qu’illustre ce débat, à savoir, que le système dit d’économie libérale impose une course sans limite, sans scrupule, sans frein au profit immédiat et insatiable.
C’est la logique même d’un système économico-politique qui n’a rien à faire de la santé humaine, de la biodiversité, de la qualité de la vie, excepté lorsque ces concepts servent à peindre en vert les exactions des firmes et entreprises privées qui n’ont aucun autre objectif que faire de l’argent.
Il leur faut spéculer au plus vite et les déclarations de vertus civiques, sanitaires, écologiques, humanitaires ne sont destinées qu’à assurer une « bonne image », donc de fortes parts de marché.
L’agriculture participe de cette dérive inhérente au système planétaire de dévastation.
L’exploitant agricole, qui n’est plus un homme qui nourrit les hommes, mais bien souvent un empoisonneur et un tortionnaire d’animaux, veut produire le plus possible, au meilleur coût et sans l’ombre d’une perte générée par des « nuisibles » : végétaux ou animaux.
L’industrie chimique doit vendre massivement des molécules destinées à aseptiser les champs.
Or, tout poison pour le papillon ne peut que tuer l’hyménoptère, donc l’abeille domestique ou sauvage. Le biocide ne pourra jamais distinguer la chenille déprédatrice et l’insecte pollinisateur.
Ce qu’il faut, c’est limiter le productivisme forcené, combattre l’aseptisation de la nature, défendre le « parasite ».
A défaut, la mort de la biodiversité s’accélérera, préparant l’avènement d’un monde inhospitalier, parce que des hommes « nuisibles » auront voulu s’enrichir indéfiniment au détriment de l’intérêt général.
Qui fera, un jour, le procès de NUREMBERG de ces criminels qui ont, par cupidité ou par tradition, assassiné le vivant ?

Gérard CHAROLLOIS